La tragédie des grandes écoles
La France est le seul pays où l'on cite encore ses diplômes lorsqu'on est proche de la retraite. Le parchemin d'une grande école, c'est comme l'anoblissement sous l'ancien régime.
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Les grandes écoles? Et voilà reparti le débat sur la formation des élites françaises. Plus précisément: l'objet des passions et polémiques, ce sont les «très grandes écoles», celles qui sélectionnent environ 5% des élèves d'une génération. Certes, ces établissements d'élite ne garantissent pas à coup sûr un avenir de super chef, on peut avoir réussi Polytechnique ou l'ENA et terminer sa carrière comme chef de bureau d'un obscur ministère. Par contre, parmi les patrons opérationnels du CAC 40 en 2007, 29 avaient accompli ce parcours d'excellence, et, parmi les 11 autres, trois étaient des héritiers pur sucre pour lesquels la formation initiale n'est pas déterminante (Martin Bouygues, Frank Riboud, Patrick Ricard): preuve, s'il en est, du plafond de verre que subissent, dans les entreprises, les cadres souvent fort diplômés mais démunis de ces fameux sésames.
Toute sa vie, l'ancien élève jouira du prestige d'avoir fréquenté l'ENA, Polytechnique, HEC ou l'Essec. La France est sans doute le seul pays où l'on cite encore ses diplômes même lorsqu'on est blanchi sous le harnais. Bref, ici, un parchemin d'une très grande école, c'est comme l'anoblissement du temps de l'ancien régime: une place dans les allées du pouvoir, et un pedigree flatteur.
Bien entendu cette appartenance à la caste dirigeante n'est pas héréditaire, mais les couches sociales privilégiées ont su s'organiser pour que leurs enfants en soient les premiers bénéficiaires. Selon une note de 2005 de la Conférence des Grandes écoles (CGE), les enfants de cadres supérieurs et professions intellectuelles représentent 60% des élèves des grandes écoles d'ingénieur et 68% des élèves des grandes écoles de commerce, la progéniture des ouvriers/employés (qui couvrent pourtant la moitié de la population active française) y occupant une place résiduelle de 12% (écoles d'ingénieurs) et de 8% (écoles de commerce).
Le parcours du combattant débute à la maternelle
Ce recrutement est nettement plus élitiste que celui des 3e cycles universitaires (45% d'enfants de milieux favorisés). Le président de la Halde, Louis Schweitzer, parle ainsi d'une «discrimination de fait» et non de droit puisque le recrutement se fonde sur l'excellence scolaire. En réalité, dans ce système de sélection, le capital culturel de la famille d'origine compte davantage que ses ressources économiques, en témoigne la forte surreprésentation des enfants d'enseignants dans le microcosme des grandes écoles.
Ce parcours du (jeune) combattant débute tôt: «le rôle de la maternelle est tout à fait essentiel. A la fin de la maternelle, les différences repérables sont importantes et ne sont pas par la suite compensées par l'école primaire. Elles seraient même plutôt accentuées. Cela se poursuivant au collège» affirme Alain Bouvier membre du Haut Conseil de l'éducation. Autrement dit, l'enfance d'un chef se cultive dès ses premières années. La martingale des enfants des milieux favorisés, c'est cette prime accordée à la sélection précoce, ce qui revient à potentialiser les atouts culturels du milieu familial.
Les études de comparaison internationale le montrent sans ambages: «La France se distingue des autres pays par une incidence très forte du milieu social d'origine sur les scores obtenus au PISA (Programme for International Student Assessment) , et ceci aussi bien en compréhension de l'écrit, en mathématiques qu'en culture scientifique. La France est donc l'un des pays où l'enseignement dispensé à l'école implique, pour être valorisé ou assimilé, la plus grande part de ressources extrascolaire privées, dispensées dans les familles à haut niveau d'instruction. Autrement dit, une partie importante du travail scolaire se passe à la maison» signalent Christian Baudelot et Roger Establet (L'élitisme républicain, L'école française à l'épreuve des comparaisons internationales, La République des Idées, 2009).
1. Sautez une classe; 2. Prenez allemand 1re langue; 3. Optez pour un Summer Camp américain
Le chemin à suivre est balisé. Fréquentez un bon établissement, situé en général dans les grands centres urbains. Sautez une classe: vous susciterez tout au long de votre scolarité un regard bienveillant qui rend grâce à votre précocité. Distinguez-vous du vulgum pecus. Faites allemand ou russe, première langue. Prenez une option facultative, genre grec, latin ou chinois. Passer vos vacances dans un Summer Camp américain (le recrutement cosmopolite vous obligera à une certaine maîtrise de l'anglais), et non dans une famille britannique à Londres (où l'été vous risquez de ne parler que français avec vos congénères).
Surtout, profitez à fond de l'environnement culturel offert: apprentissage du débat argumentaire lors des repas familiaux, loisirs culturels, voyages, maîtrise des ressorts des nouvelles technologies. Profitez aussi du soutien scolaire à domicile rémunéré (cette dépense est élevée dans les milieux privilégiés et elle augmente pour les élèves des filières d'excellence). Autrement dit, dans la compétition scolaire, ne négligez aucune arme et soyez stratège.
On arrive au cœur du sujet. Grimpez sûrement et subtilement vers la filière S, cartonnez en maths ou en physique sans toutefois négliger les matières non scientifiques. Faites du sport ou des activités artistiques, outils de la petite différence qui permet de grappiller quelques points au bac. Le principal obstacle à franchir, ce n'est pas d'avoir le bac (64% des rejetons d'une génération l'obtiennent), mais d'avoir le bac S avec mention bien ou très bien qui ouvre aux écoles d'ingénieur et de commerce post-bac ou aux classes préparatoires antichambres des super grandes écoles.
Saint des Saints, purgatoire et 3e voie
Enfin, pour être sélectionné par les meilleures classes préparatoires, peaufinez votre dossier. Outre vos notes, valorisez tout ce qui vous distingue (prix et récompenses, performances sportives, talents artistiques, activités humanitaires). La suite: bachotage fou pendant deux ans ou trois ans, aide familiale et/ou professeurs privés en coulisse, galops d'essai permanents, ascétisme obligatoire. Dans cette dernière ligne droite, une partie des étudiants (souvent parmi les plus imaginatifs) épuisés ou démotivés par cette compétition forcenée auront quitté le navire pour rejoindre les rives de l'université. Les autres atterriront dans le Saint des Saints — la super grande école — ou dans un purgatoire — une école de moindre réputation, mais qui garantit toujours un avenir professionnel.
Nombre d'écoles de bon niveau (Compiègne, INSA de Lyon, etc...) ont assoupli leurs méthodes de recrutement, accordant plus d'importance, via des entretiens, à la spécificité des parcours individuels ou aux qualités personnelles des candidats; ce faisant, leur recrutement social est relativement diversifié. Les très grandes écoles d'ingénieur ou commerciales tiennent dur comme fer au sacro-saint concours anonyme. Pris à partie sur son refus de déroger à ce principe et d'introduire un certain pragmatisme dans les méthodes pour accueillir 30% de boursiers dans ces établissements, la CGE aurait lancé une enquête pour «établir un état des lieux des épreuves supposées socialement sélectives».
Mais quand bien même un esprit pointu arriverait-il à démonter que résoudre une équation différentielle ou disserter savamment sur des sujets de philosophie politique ressortent de dispositions sociales, on sourit à tant de bonne volonté. Les aptitudes intellectuelles sont certes réparties dans tous les milieux, mais aucun talent n'est à ce point inné qu'il puisse s'approfondir et s'épanouir sans l'aide d'un environnement éducatif favorable.
Or une sélection très en amont du parcours de l'enfant, de plus opérée sur des matières abstraites et des connaissances livresques, favorise les enfants de classes moyennes et supérieures. On peut certes intensifier le soutien et l'accompagnement dans le cadre scolaire, ces efforts méritent évidemment d'être conduits, mais les modalités de la sélection française, in fine, accordent beaucoup de poids au milieu social d'origine.
La fermeture sociale des sphères dirigeantes
Si l'on veut changer la donne, en tout cas dans un délai court, il faut donc opérer de manière pragmatique, et donner leur chance à d'autres critères que la pure sélection par les notes (sur lesquelles, d'ailleurs, il y aurait beaucoup à dire).
Est-ce si grave? Qu'est-ce que le mérite? Savoir analyser des questions scientifiques ou philosophiques de haute voltige est-ce le critère absolu de l'intelligence et de la compétence -les paramètres incontournables pour prétendre à suivre un cursus de grande école .... qui, elle, mène souvent vers les postes de haute responsabilité? Les exemples de recrutements différenciés (à Sciences Po, les étudiants étrangers accueillis sans concours dans les grandes écoles, etc...) montrent que ces étudiants suivent le cursus aussi bien que les autres et ne déméritent en rien de la confiance qui leur est accordée.
A bomber le torse, à répéter inexorablement qu'elles sont «les meilleures» puisque bénies par la méritocratie scolaire, les élites française ne sont-elles pas quelque peu ridicules? Sont-elles si recherchées de par le monde? Les patrons français sont-ils réellement plus performants que les patrons allemands — recrutés surtout par la méritocratie professionnelle? La quasi fermeture sociale des sphères dirigeantes n'est-elle pas une des raisons du pessimisme social que l'on repère chez les jeunes (voir l'étude de comparaison internationale de la Fondation pour l'innovation politique sur le moral des jeunes, janvier 2008)?
Le débat sur le recrutement des grandes écoles est accablant par ce qu'il révèle du mode de pensée de nos élites: on se demande même comment de si percutantes intelligences peuvent tenir des raisonnements aussi étroits. Toute caste est spontanément corporatiste, d'accord. Mais rien n'interdit à des personnalités aussi brillantes d'avoir une intelligibilité du monde social d'aujourd'hui.
Monique Dagnaud
LIRE EGALEMENT SUR LE MEME SUJET: Les racines du désarroi de la jeunesse, Sans plan Marshall pour les banlieues, point de mixité sociale dans les grandes écoles et Quotas: il y a boursier et boursier.
Image de Une: Des élèves de l'école Polytechnique défilent le 14 juillet sur les Champs Elysées Reuters
Mis à jour le 13/01/2010 à 12h03










































Très bon article.
Je rajouterai que le mal est plus profond encore puisqu'il conditionne également l'évolution du parcours professionnel quel que soit son engagement ou ses compétences.
Les dés étant pipés, il ne faut pas être surpris du mal être français au travail et du fait que l'on ne trouve son bonheur que dans ses enfants.
Je me demande à quel niveau les dés sont pipés. Je m'explique, pour entrer en école d'ingénieur, il faut passer un concours gratuit pour les boursiers. La formation en prépa est également gratuite. Pour entrer en prépa, les notes du bac ne comptent pas puisque l'admission se fait avant les résultats du bac. On peut donc très bien entrer en prépa avec un bac sans mention. L'admission en prépa se fait sur dossier. J'ai été admis en prépa à Charlemagne (Paris, 4è) avec une moyenne en maths de 10/20. Où est le système élitiste ? Où est la tragédie ?
Question:
"Savoir analyser des questions scientifiques ou philosophiques de haute voltige est-ce le critère absolu de l'intelligence et de la compétence -les paramètres incontournables pour prétendre à suivre un cursus de grande école?"
Réponse:
oui.
Le problème est en fait simple, et l'article en expose tous les aspects: c'est bien par l'excellence du niveau scolaire et culturel que recrutent (de façon égalitaire parmi les candidats) les "super-grandes" écoles.
L'acquisition de ce niveau scolaire est le fruit de nombreuses années de travail...Et de vie (merci, ça parait logique). On peut en dire de même pour les pianistes, les navigateurs, ou les journalistes. L'accès à certains métiers -ô grande découverte- est la résultante d'un parcours! Deuxième étonnement: plus on a des moyens financiers et plus on vit dans un milieu favorable, mieux c'est envisageable!
Et là, en bon Français, de dénoncer une "inégalité" qu'il faudrait "compenser". Très juste, mais un choix s'impose:
(1) Stigmatiser les "riches", c'est à dire les enseignants, les professions libérales et les cadres qui "introduisent" une inégalité en éduquant leurs enfants plus ou mieux que d'autres. "Eux ils peuvent", et, qui plus est "s'organisent de façon à conserver leurs privilèges".
C'est toute l'ignonimie de ce qu'on entend ça et là, et je trouve ça d'un incroyable populisme, d'une évidente mauvaise-foi. Pourquoi? Car cela justifie qu'on en vienne à dire que "Savoir analyser des questions scientifiques ou philosophiques de haute voltige" n'est pas un critère crucial, car inégalitaire.
(2) Avoir la descence de reconnaitre (même si ça SUPER mal à ses convictions politiques) que constater qu' "à la fin de la maternelle, les différences repérables sont importantes et ne sont pas par la suite compensées par l'école primaire." c'est tout dire. L'aveu est là, mais aucune personnalité publique du débat ne le relève!
C'est risible, innacceptable, ridicule mais pourtant VRAI que l'école de la République n'amenuise en rien les différences culturelles et scolaires entre les différents milieux sociaux. Plus tard, au collège ou au lycée elle se contentera de les cacher (brevet de collèges et bac en sont les figures de proue). Mais si le niveau d'exigence et le regard que portait l'école sur les meilleurs de ses classes était un peu plus égalitaire et juste (j'entends par là qu'on "nourisse" la curiosité et la soif de savoir des meilleurs élèves), peut être que l'école remplirait son rôle et que tout le monde en profiterait, plutôt que de laisser les parents "aisés" combler les lacunes du systèmes à coups de cours particuliers.
Après, on va entendre que les maths sont trop inégalitaires. Je suis dégouté de ce débat.
Ce qui freine l'accès de certains aux grandes écoles c'est aussi l'absence de mode d'emploi, et je soupçonne les conseillers d'orientation (ou le nouveau nom qu'on donne à ce métier) de servir (à leur insu, par manque de formation, par les objectifs qui leur sont imposés,...) à réduire l'horizon des habitants des barres d'immeubles de banlieue.
Pour commencer, on oublie régulièrement que les écoles les plus prestigieuses (Ena, X, Hec) ne sont pas les seules écoles supérieures valables. Et là, il n'y a plus de conseil, plus de clichés, on ne dit pas aux gens ce qu'il faut faire.
Souvent, les gens qui n'ont pas le sou vont s'endetter pour envoyer leur enfant dans une école de commerce privée de très bas niveau, dans une école d'ingénieurs de médiocre qualité, dans une école de com genre Créa pole, etc., en ignorant complètement que les gens qui auront les bons métiers sont soit ceux qui sont nés patrons et qui attendent que papa leur remette les clefs de la boite, soit ceux qui ont fait des vraies formations, aux noms parfois peu engageants : les mines, télécoms, les arts décoratifs, l'école supérieure de création industrielle, les arts et métiers, etc., qui sont des écoles publiques où les frais d'inscription sont symboliques.
Une autre chose inconnue du public est que les établissements sont classés (A, B, C tout bêtement, je crois), c'est à dire que l'inspection académique sait qu'une moyenne de 12 dans un établissement C vaut une moyenne de 6 dans un établissement A (ou quelque chose comme ça). Tout en découle, et avoir été l'élève le plus méritant d'un lycée des mauvais quartiers d'une commune du 93 peut donc avoir moins de valeur que d'être un élève médiocre du lycée d'à côté. Et là, les parents n'ont pas le mode d'emploi mais les écoles, si.
Cette vieille ritournelle circule dans les facultés de Droit à propos des élèves d'IEP, particulièrement Sciences Po Paris :
"A force qu'on leur répète qu'ils sont l'élite de la nation, ils ont fini par le croire...".
Et si le grand mal français n'était pas tout simplement le corporatisme? "On" se plaint régulièrement du manque de solidarité dans notre pays. L'argent est roi, plus personne ne fait attention à l'autre.....
Une grille de lecture intéressante est celle du corporatisme. Chaque corporation essaye de défendre ses intérêts, sa fortune ou ses avantages acquis aux dépends des autres. Et ceux qui ne font partie d'aucune corporation sont bien évidemment les plus lésés:
- Les riches transmettent leur patrimoine à leurs enfants réduisant les possibilités de renouvellement du capital
- Les élites verrouillent le système scolaire empêchant son renouvellement
- Les fonctionnaires campent sur leurs avantages acquis quel qu'en soit le prix payé par l'économie
- Les élus locaux défendent leur poste quelle qu'en soit l'utilité
- Les profs défendent leurs avantages quels qu'en soient les conséquences sur les enfants
Libre à chacun d'ajouter des catégories selon ses convictions politiques et son expérience personnelle.
Ce blocage corporatiste pourrait expliquer les 2 grands paradoxes de la société Française:
- Nous nous plaignons en permanence du manque d'efficacité des services publics alors que nous sommes le pays qui dépense le plus pour ces services publics.
- Nous nous sentons collectivement malheureux alors que la France est régulièrement plébiscité par le reste du monde à la place de pays ayant la meilleur qualité de vie.
Où est-ce que le système scolaire est verrouillé pour devenir polytechnicien svp ?
Prépa gratuite, école d'ingénieur gratuite, concours anonyme et critères de sélection objectifs (une démonstration matématiques est soit totalement vraie, soit totalement fausse, c'est pas de la politique !).
Vous connaissez mieux à l'étranger pour accéder à l'élite, que notre modèle "tout gratuit à part le logement" ?
Pour une école de commerce c'est différent, le coût à l'année est vraiment élevé.
Mais à tout mettre dans le même sac, HEC Sciences Po et polytechnique, 3 fonctionnements différents, vous montrez que vous n'avez qu'une vision très, mais alors très superficielle du fonctionnement de tout ça...
Dire qu'on a peut-être pas besoin d'être un génie en math pour gérer une grande entreprise, c'est une chose. Je suis d'accord, mais pour moi c'est un problème des entreprises françaises, pa sde l'éducation française.
Dire qu'on devrait pouvoir rentrer à Polytechnique sans être un génie en math, c'est idiot. Et on peut devenir journaliste sans être bon en français, aussi ? Médecin en étant nul en biologie ? Vous êtes amusants, tous...
"Où est-ce que le système scolaire est verrouillé pour devenir polytechnicien svp ?"
Il y a au dessus de ce commentaire un article complet de Monique Dagnaud qui tente de le montrer…..
"Vous connaissez mieux à l'étranger pour accéder à l'élite, que notre modèle "tout gratuit à part le logement" ?"
Il n’y a pas obligatoirement mieux dans d'autres pays. Constatons que le système des quotas aux USA a permis à un grand nombre de noirs (et plus généralement de minorités) d’atteindre un niveau d’études auparavant inaccessible. Et ce bien que le système éducatif US soit encore plus inégalitaire que le notre.
On peut réformer tout le système éducatif, c’est un projet sur 20 ans.
On peut aussi prendre des actions rapides afin de renouveler les élites et donner, grâce à des quotas, plus de chance à tous et en particulier aux minorités visibles. Nous serons je pense tous d’accord que s’il existe probablement une différence de niveau à l’entrée de l’école, cette différence devient plus faible à la sortie et nulle au bout de 10 ans de carrière.
Les quotas sont une mesure injuste individuellement mais juste socialement.
Enfin, qui peut affirmer qu’un américain refuse de se faire soigner par un médecin noir issu des quotas ou transporté par un pilote de ligne noir issu lui aussi des quotas ?
La vérité est que ces quotas existent déjà un peu, puisque les écoles acceptent des IUTs pour beaucoup, des universitaires pour la plupart (avec un concours à part), des étrangers (avec un concours à part) pour toutes... Et que ça n'a pas changé la situation des entreprises du CAC40.
Mais ça, c'est passé un peu sous silence dans l'article de Monique Dagnaud (article le plus complet que j'ai pu lire sur le sujet, par ailleurs), ça fausse un peu la donne tout de même.
Je ne connais pas les résultats chiffrés de la positive action américaine, je me renseignerais.
Notons bien que je défend la gratuité des concours pour les boursiers, et une vraie amélioration de l'enseignement au lycée (voire à terme un autre mode de fonctionnement) pas le statu quo...
"Enfin, qui peut affirmer qu’un américain refuse de se faire soigner par un médecin noir issu des quotas ou transporté par un pilote de ligne noir issu lui aussi des quotas ?"
On nous parle des patrons du CAC40 ? C'est à l'intérieur même de ces entreprises que l'ascenseur social fonctionne le plus mal.
Mme Dagnaud le souligne, on peut être polytechnicien et avoir un job moyen, aussi... Alors pour ce qui est de la "rapidité", je n'y crois pas une seconde, sinon ça serait déjà le cas pour les femmes depuis des années...
C'est bien de défendre la gratuité des concours pour les boursiers. D'ailleurs, les concours d'accès aux écoles d'ingénieur sont DÉJÀ gratuits pour les boursiers.
Je fait partie des ingénieurs qui ne sont pas dans les 5%, pour situer.
Le vrai problème c'est cet "anoblissement" dont vous parlez à juste titre. C'est tout simplement incroyable qu'on accorde une telle importance aux diplômes dans ce pays.
Savoir que le niveau de diplôme va décider du salaire d'un ingénieur pendant toute sa carrière (s'il va chez un constructeur automobile français par exemple) est aberrant, tout comme le fait qu'avec un diplôme "simple" d'ingénieur (pas polytechnique) il aura peu de chance de monter dans la hiérarchie.
Nos industries françaises sont frileuses sur les embauches, conservatrices dans leur mode de fonctionnement, corporatrices au possible. Et je ne vois pas ce que l'état pourra y faire, malheureusement.
J'ai choisi mon entreprise sur ce critère : ils avaient un niveau de diplôme minimum, et ensuite on oublie le diplôme et c'est une Vraie méritocratie. C'est rare, en France.
Alors la solution, mettre un quota ? Je suis vraiment, mais vraiment contre.
Je met tout sur le dos des entreprises. Insultez-moi si vous voulez, mais prenez le temps de lire mes arguments :
1) Vous parlez tous d'intelligence. Vous oubliez le travail ! Si on a pas amassé les bases nécessaires, on ne peut pas rentrer à polytechnique et suivre un cours en comprenant quelque chose, milieu social privilégié ou non.
Si on a pas le concours, c'est pour certains un manque d'intelligence, pour d'autres un manque de travail ! Et ne pas laisser un élève croire qu'il pourra "se mettre à niveau", c'est lui rendre service : on ne rattrape jamais 2 ans de maths en 2 mois ; l'élève ne suivra pas la moitié des cours.
Les gens pensent qu'on plaisante quand on dit que c'est dur la prépa, qu'on se mousse. Perso, ça m'a vidé, formaté le cerveau, et j'ai fini sous médicaments. Combien de petits gens pleurent sur les salaires d'HEC mais n'auront jamais la moitié de l'abnégation nécessaire ?
2) Il y a déjà une ouverture des écoles d'ingénieur, peut-être pas les 5% plus grandes je ne sais pas, mais la plupart. On les critiqué aisément dans leur ensemble... La mienne prend quelques personnes issues d'IUT. Et dans mon école les professeurs faisaient des cours en plus pour les mettre à niveau en maths. Ca ne marchait pas, ils n'étaient pas au niveau en math.
Ca ne les a pas gêné cela dit (à part les rattrapages), car la spécialité de mon école peut se faire sans maths avancés. Mais à Polytechnique beaucoup plus de matières demandent des maths avancés. Ces IUT n'auraient probablement pas suivi, désolé mais c'est vrai.
3) Attention à ne pas obtenir l'effet contraire à celui qu'on désire. Les écoles d'ingénieur sont aussi déjà ouvertes sur un concours spécifique aux facs. Sauf que certains employeurs, les frileux susnommés, leur colle une étiquette "concours au rabais", car ils avaient moins de concurrence sur ce concours que sur le concours "normal". Si maintenant le même employeur voit arriver un ex-"jeune à casquette" reconverti dans la physique, comme dirait nos certain politique, il lui collera l'étiquette "concours populaire". ?
4) Les scientifiques n'aiment pas les compromis, ils aiment la cohérence. Donc pour moi :
Soit on est élitiste et on a un concours identique pour tous (la préparation du concours pouvant être arrangée pour qu'on prépare mieux les classes populaires).
Soit on arrête avec l'élitisme, mais qui forcera nos corporations à ça ? Personne, malheureusement (je suis contre l'existence même des prépas).
Je ne prétend pas avoir la solution. Mais il y a des pistes qui demandent un Vrai courage politique :
- je pense que la gratuité de la prépa pour certains serait un très bon point.
- pouvoir se loger, aussi, surtout dans les grandes villes. 3h d'aller-retour pour aller-venir de lointaine banlieue, en prépa c'est un vrai boulet, en prépa on ne peut pas perdre plus de deux heures par jour sans risquer de rater un peu les concours. Mais depuis quand un gouvernement fait de gros efforts pour le logement étudiant ?
- avoir des lycées de niveaux homogènes. Oui, ça commence dès le collège et le lycée toutes ces inégalités. Difficile d'avoir un bon dossier pour rentrer en prépa quand on vient d'un lycée où le prof fait garderie d'ados chahuteurs (je reste poli), plutôt que de faire cours. Difficile de faire autre chose que la garderie quand on est 35 et plus par classe et qu'on supprime encore des postes !
- ou alors remettre ça à plat pour de vrai. Un bon ingénieur, selon la prépa, c'est avant tout quelqu'un capable d'abnégation, un bourreau de travail. Belle définition... Nos ingénieurs sont incapable de qualités humaines, incapables de manager une équipe, de parler correctement (français ou anglais), etc... C'est triste.
Bonjour,
Votre article est très vrai jusqu'à l'arrivée en première. A partir de la, vous vous situez à la limite de la désinformation.
Vous participez à la formation de ce mythe, qui veut qu'il n'y ait que la bac S et une classe prépa qui permette d'accéder à une grande école.
Vous oubliez par la la voie d'accès alternative aux grandes écoles qui prend une place de plus en plus importante : les admissions parallèles aux grandes écoles. Aujourd'hui avec un bac +2 (donc bts, iut) on peut postuler à tous les ESC de province. Avec un Bac + 3, on peut aller dans toutes les écoles de commerce (y compris HEC et ESCP). Avec un bac+4 on peut atterir à l'ESSEC.
Ces admis sur titre universitaire, représentent une part de plus en plus importante des promotions des grandes écoles de commerce. Et les étudiants viennent de toutes les formations.
Alors forcément ca dérange quand on veut expliquer que le recrutement des grandes écoles est homogène, donc on en parle pas. C'est sur que si on dit la vérité, qu'on explique qu'on peut rentrer dans une grande école avec un bac pro, ca perturbe un peu le discours "les gens qui sont dans les grandes écoles sont tous des fils de cadres, qui ont fait un bac S, puis une classe prépa".
J'aimais venir sur Slate.fr parceque les articles étaient plus réfléchis, on avait l'impression d'avoir affaire à des journalistes qui ne hurlaient pas avec les loups. Or, cet article, en plus de celui de google (qui était incroyablement corporatiste) me portent à croire que je me suis trompé.
Comme d'habitude, en France, on va stigmatiser ce qui marche au lieu de s'occuper de ce qui ne marche pas.
Les grandes écoles ont fait la preuve de leur efficacité. Pratiquement tous leurs étudiants ont des propositions d'emploi avant même d'obtenir le diplôme. En outre, tous les élèves ont réussi le concours d'entrée. Il n'y a aucune combine. Il s'agit donc d'une sélection au mérite. C'est républicain et très bien ainsi. Ca marche bien. Je suis absolument contre les quotas et les concours aménagés.
Par contre, on peut constater que l'université ne marche absolument pas. les titulaires de bacs + 5, qui ne constituent qu'une infime partie des bataillons qui se pressent à l'entrée de 1ère année, ne trouvent un emploi qu'après un temps de galère bien trop important. L'absence de sélection à l'entrée fait qu'un pourcentage extrêmement élevé d'étudiants ne franchissent même pas le cap de la première année et sortent sans diplôme.
C'est de l'université qu'il faut s'occuper et non baisser le niveau des grandes écoles. Il faut considérer, de manière pragmatique que tout le monde n'est pas fait pour faire des études longues et qu'accepter tout le monde en 1ère année de fac est une ineptie.
Si les étudiants des GE sont plutôt des gens qui viennent des classes moyennes ou supérieures, c'est parce que l'information des élèves de ces catégories est meilleure et que depuis l'enfance, on les conditionne pour qu'ils travaillent à l'école. C'est sur ces point qu'il faut agir et non faire des quotas. C'est stupide, démagogique et suicidaire pour le pays.
Je ne comprends pas bien la finalité de l'article.
La critique vient du fait que 3 très grandes écoles (l'ENA, l'ESSEC et l'X) refuse de changer leur méthode de recrutement, et d'être "plus" égalitaire en origine sociale?
Ok.
Donc on nous prend la tête pour quoi, 30 étudiants pas an?
Sérieusement, est ce que l'on peut faire une généralité sur 30 personnes?
Surtout qu'en parallèle, et en plus c'est bien indiqué, des tas d'école font évoluer leur méthode de recrutement.
Le problème de l'éducation national, ce n'est pas 0.05% des étudiants. C'est les autres 99.95%:
Ceux qui font psycho à l'université alors qu'il n'y a pas de débouché professionnel; Ceux qui font une thèse alors qu'en France, les entreprises préfèrent un bac +5 à un docteur;
Ou alors:
Le problème est l'existence même des grandes écoles françaises?
Rien à voir avec Harvard, Stanford,...
Ou alors:
Il faut bosser pour renter dans une école?
Rien à voir avec le fait de payer pour rentrer dans une école.
Ou alors, tout simplement, notre système éducatif jusqu'au bac n'est pas bon?
Problème 1 : "en France, les entreprises préfèrent un bac +5 à un docteur" : faites en sorte que les DRH soient moins coincées sur leur certitudes bizarres, en France ! Les DRHs allemands semblent moins... bref je vais être malpoli.
"Le problème est l'existence même des grandes écoles françaises" : la prépa ne m'a rien apporté. A faire des maths, Rien d'autre. Au niveau humain c'est même néfaste pour l'élève moyen de prépa.
"Il faut bosser pour rentrer dans une école" : chez les ingénieurs oui, les autres aussi j'imagine... Personne ne glande et réussit à intégrer polytechnique, absolument personne.
"notre système éducatif jusqu'au bac n'est pas bon" : il est bien plus inégalitaire que ne le sera jamais le monde de la prépa.
Sur tous les autres sites que Slate les commentaires volaient très bas, sur ce sujet. Je suis fan de la censure opérée ici (même si j'en fait régulièrement les frais) !
Les GE dites "prestigieuses" forment moins de 0,5% d'une classe d'âge, mais si elles sont si marquées par "une méritocratie scolaire" inadaptée qui forme des dirigeants tout aussi inadaptés, pourquoi tant d'animosité sous le prétexte que les élèves de milieux défavorisés ne peuvent y entrer facilement, et pourquoi instaurer des quotas pour les faire entrer, alors que la logique voudrait plutôt qu'on boycotte ces écoles pour leur inadaptation?
Et bien sûr, le "sacro-saint concours anonyme " est sûrement pour vous un outil de discrimination !!
Pourquoi ne pas créer, tant que nous sommes sur le sujet, des concours bis et des écoles bis sans "méritocratie scolaire", puisque la fréquentation de ces futures "élites" doit être insupportable pour tous ces élèves défavorisés si méritants?
Proposez plutôt des mesures constructives comme la création de nombreuses INSA ou IUT sur le modèle de Compiègne!
Mais critiquer un modèle pour demander ensuite un élargissement de son accès me semble aussi inadapté!
Et de toute façon, le handicap des élèves venant de milieux modestes commence en primaire et ce n'est pas quand ils ont 18 ou 20 ans qu'il faut le corriger.
(Je suis fils de petits agriculteurs dans un petit village et j'ai intégré une de ces écoles "prestigieuses", grâce à un instituteur exceptionnel , des professeurs de petit lycée de province concernés et beaucoup, beaucoup de travail personnel)
Je me souviens d'une interview de directeur de l'Ecole polytechnique qui détaillait tous les nombreux avantages de son école : niveau des élèves, niveau de l'enseignement, luxe du campus, etc, et à la fin le journaliste lui demande : "Tout est donc parfait dans votre école ? Vous ne voyez vraiment rien de négatif à en dire ?"
Et le directeur de répondre : " Si ! les élèves ne travaillent pas assez. Ils estiment que cela a été tellement dur pour en arriver jusque là, qu'après le concours, ils se donnent le droit de se reposer, et c'est très dommage !"
Et c'est d'ailleurs pourquoi Jacques Attali, qui, lui, a décidé de sortir major (son rang d'entrée n'était pas exceptionnel) au lieu de se reposer, a continué sur le rythme quasi-infernal des prépas (sa puissance de travail était prodigieuse) et effectivement est sorti major.
par la suite aussi...lorsqu'ils intégrent les grandes entreprises. Heureusement aujourd hui les grandes entreprises françaises commencent a plier sous le feu de la concurrence qui en fait pas appel aux grandes écoles françaises.
De toutes façons la France c'est un discours, une réalité à l'opposé. C'est une république, mais les aristos possédent toujours et commandent encore. Pauvre France.
Un jour j'avais à former en anglais un groupe d'élèves de polytechnique.
Leur niveau était à peu près celui d'un enfant anglophone de 3 ans.
Peu étonnant qu'on n'arrive pas à vendre des centrales nucléaires, des Rafales et des TGV à l'étranger.
Par contre le niveau des HEC et Sciencepo est excellent.
Pourquoi s'arrêter aux grandes écoles ? Nous voulons aussi qu'il y ait davantage de chirurgiens boursiers, ou encore de pilotes de ligne.
Comment ? Vous préfèreriez être sûr que celui qui va vous tripoter le cerveau ou vous transporter au-dessus de l'Atlantique ait eu son poste d'abord pour ses compétences ?
Dites donc, vous ne feriez pas partie d'une caste corporatiste par hasard ?
Les quotas ont tout pour rendre notre monde plus juste, aussi demandons:
-des quotas de nains dans les équipes internationales de basket
- des quotas de "thons" dans les agences de mannequins et aux concours des "Miss"
- des quotas de prédateurs chez les politiques (ah, j'oubliais , on a déjà les Balkany et leur bande!)
-des quotas d'unijambistes au PSG
- des quotas de grigalets chez les sumotori
Décidément, grâce aux quotas, nous allons devenir une grande nation!
Et qui a dit que quand on met des quotas, le niveau baisse!
A Peter Wright:
pas de souci pour les polytechniciens, ils sont tous PDG et ils envoient leurs équioes d'HEC pour négocier les contrats!
J'ai entendu le même type d'argument dans la bouche d'un directeur de la Société Générale.
Il n'avait jamais ouvert un ordinateur de sa vie : "Nous avons des polytechniciens pour ça..."
Quelques semaines plus tard on a appris qu'ils avaient perdu sans le savoir €5Md sur les bourses internationales...!
désolé, je partage tout à fait votre jugement, mais mon propos n'était qu"une boutade à ne pas prendre à la lettre!
et, à la décharge des polytechniciens, le coefficient des langues à l'examen ne les favorise pas face aux matières scientifiques! de plus, quand on vient d'un milieu modeste, vos parents ne vous ont jamais envoyé en Summer Camp aux USA!
Mais comme je défends aussi les formations classiques (latin+grec) que j'ai suivies, ça laisse malheureusement peu de place pour les langues et, je suis d'accord avec vous, c'est déplorable.
D'autant plus que l'enseignement des langues est loin d'être parfait!
La question du recrutement des grandes écoles est très simple.
Si on ne recrute pas par concours anonyme, comment recrute-t-on?
par relation, sur les apparences. "il a l'air motivé". Ces critères sont-ils réellement démocratiques?
On sait bien que les chercheurs du cnrs, dans les disciplines "littéraires", sont choisis précisément de cette manière, par leur réseau, et non sur concours. Alors, voilà que maintenant, le piston est devenu le nec plus ultra de la démocratie pour les chercheurs du cnrs, comme Monique Dagnaud, et ils voudraient le généraliser à toutes les institutions. Jolie leçon de démocratie.
Diplômée d'une très grande école issue de ZEP, je souhaiterais réagir à votre article.
L'emploi et le prestige garantis à vie étaient des choses tout à fait réelles dans la génération précédente mais ne sont plus le cas aujourd'hui. En réalité, le "réseau" compte désormais beaucoup plus, ce qui signifie par ricochet que le diplôme n'est plus qu'un laissez-passer, non plus un sésame qui ouvre des portes.
Accabler les grandes écoles qui voient ainsi leur raison d'être fortement diminuée, et qui plus est chercher à y faire entrer au forcing des élèves qui n'en tireront pas le bénéfice attendu, cela ne va pas dans le sens de l'intérêt des élèves ni de l'amélioration de l'enseignement supérieur.
Nous devrions en revanche chercher à fournir une éducation adaptée et de qualité à tous, ainsi qu'une formation professionnelle qui permette à chacun de trouver du travail.
Comme le souligne votre article, le sort d'un élève se joue tout au long de la scolarité, et pour être issue de ZEP je sais qu'il faut faire bien plus d'efforts pour les écoles primaires, les collèges et les lycées de ZEP. Les habitants de ces "zones" d'éducation prioritaire le méritent largement.
A mon sens il faut aussi aider ces personnes à mieux connaître les métiers et le monde du travail pour qu'elles puissent choisir leur avenir dans les meilleures conditions.
J'ajoute mon total soutien à la personne qui a osé dire que ces écoles sont en outre inadaptées au monde du travail, ainsi qu'à ceux qui trouvent que le parcours pour entrer dans ces écoles exige un trop grand sacrifice personnel.
Caribou95
"L'emploi et le prestige garantis à vie étaient des choses tout à fait réelles dans la génération précédente mais ne sont plus le cas aujourd'hui."... Dans les plus grandes entreprises françaises (automobile, défense, etc), je t'assure que c'est encore vrai !
Tu es dans quoi ?
"La France est sans doute le seul pays où l'on cite encore ses diplômes même lorsqu'on est blanchi sous le harnais."
Je ne sais pas d'où l'auteur tient cette opinion, mais je peux dire que le même phénomène se retrouve souvent ailleurs, en Amérique du moins. Et est-ce véritablement un mal ?
"La France est le seul pays où l'on cite encore ses diplômes lorsqu'on est proche de la retraite. "
C'est archi-faux: En Allemagne, ils s'appellent tous "Herr Doktor" et mentionnent sur leur carte de visite leur pedigree académique. Aux Etats-Unis vous savez immédiatement quand quelqu'un a fait Harvard, Stanford, Yale ou autre; En Angleterre même chose avec Oxford ou Cambridge.
"La France est le seul pays où l'on cite encore ses diplômes lorsqu'on est proche de la retraite"
Allez dire ca aux sexagenaires/septuagenaire anciens d'Harvard qui vont assister au match de leur universite contre Yale ... Les clubs d'alumni des grandes unviversites (anciens) disperses dans tout le pays qui sont des clubs evidemment tres prives ...
Aux Etats-Unis, les bons diplomes comptent au moins autant pour l'embauche.
C'est un peu ignorant de professer qu'il n'y a qu'en France qu'on rencontre ce phenomene.