Double X

Polyamour: est-ce vraiment possible de ne pas ressentir de jalousie?

Repéré par Léa Marie, mis à jour le 01.12.2017 à 12 h 10

Repéré sur The Independent

Liberté, sexualité variée, absence de solitude: les ressorts des relations polyamoureuses en intriguent plus d'un.

 | Ashleyamos via Pixabay CC0 License by

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Entre émotion naturelle et névrose, la jalousie sévit, à des degrés différents, chez la plupart d'entre nous. Insécurité, possessivité ou colère, elle concerne le plus souvent nos histoires sentimentales.

Qui ne s'est jamais inquiété de voir son être cher passer un peu trop avec l'un ou l'une de ses collègues? Qui n'a jamais été tenté de fouiller le téléphone de son partenaire? Qui ne grince pas des dents quand il ou elle regarde un peu trop longtemps un passant ou une passante canon? Nous avons tous été, ou serons, à un moment de notre vie, susceptibles d'être jaloux.

La jalousie perçue comme un sentiment malsain

Enfin presque. Car des personnes perçoivent la jalousie comme un sentiment malsain, un fléau qui mine les rapports humains et ôte à ses victimes leur liberté. Certains et certaines ont alors fait le choix d'une relation «ouverte», ou «polyamoureuse». Autrement dit, de permettre à leur partenaire d'avoir des rapports sexuels avec d'autres personne et/ou de vivre d'autres histoires romantiques, comme le faisaient Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, qui différenciaient amour «nécessaire» et amour «contingent» (ou «secondaire»). Ils s'autorisaient ainsi à avoir, chacun de leur côté, de multiples amants et se prêtaient parfois à des ménages à trois.

Les couples polyamoureux fascinent. Surtout, ils éveillent un certain nombre d'interrogations. Parmi elles: quid de la jalousie? N'en ressentent-ils vraiment pas? Comment supportent-il de voir –ou de savoir– la personne qu'ils aiment dans les bras d'un ou d'une autre? 

Pour tenter d'y voir plus clair, The Independent a interrogé Elisabeth Sheff, conseillère matrimoniale et experte en polyamour, qui étudie ce phénomène depuis près de 20 ans. Oui, affirme-t-elle, il y a bel et bien des gens qui ne ressentent jamais de jalousie:

«Presque rien ne peut éveiller en eux de la jalousie [...]. D'ailleurs, ils ne la comprennent même pas. Quand leurs partenaires leur expliquent ce processus, ils ont des réponses du style: “Pourquoi devrais-je me soucier de ce que fait quelqu'un d'autre?” ou “Pourquoi est-ce que cela me dérangerait de ne pas savoir ce que fait l'autre lorsque je ne suis pas là?”» 

Il y a toutefois des polyamoureux qui changent d'opinion, assure Elisabeth Sheff. D'anciens patients sont revenus la voir, des années plus tard, pour l'informer qu'ils avaient fait l'expérience de la jalousie. «Toutes sortes de choses sont susceptibles de déclencher de la jalousie chez quelqu'un. Cela se produit en particulier en période de changement –un nouveau partenaire, une nouvelle situation. Et des gens qui n'en ont vraiment jamais ressenti auparavant peuvent dire: “Ah, c'est donc ça! Ça craint.”»

Pas qu'une histoire de sexe

Le sexe: c'est souvent la première chose qui passe par la tête concernant les avantages du polyamour. «La femme ou l'homme de votre vie n'aime pas forcément les mêmes choses que vous au lit, souligne la journaliste Lindsay Dodgson. «Si vous n'aimez pas le sexe trop “rude” –alors que votre partenaire rêverait de vous attacher à un radiateur pour vous coller des fessées– et que vous vous forcez, ça ne va donner du plaisir à aucun d'entre vous», détaille Elisabeth Sheff. Il vaudrait donc mieux, à l'entendre, laisser les fantasmes de votre partenaire être comblés par quelqu'un d'autre.  

Les plaisirs sexuels sont cependant loin d'être les seuls arguments avancés par les polyamoureux qu'Elisabeth Sheff a rencontrés au cours de sa carrière: «En réalité, ce sont surtout les connections amicales développées hors de la chambre à coucher qui contribuent au succès des relations polyamoureuses.» Les personnes concernées bénéficient par exemple de plusieurs sources de soutien dans les moments difficiles et ont une vie sociale plus remplie.

Un autre sujet revient souvent dans leur bouche: celui de la solitude. Les polyamoureux s'offrent le droit de passer du temps avec d'autres lorsque leur ou l'un de leurs partenaires n'est pas là. Elisabeth Sheff elle-même confie mener une relation polyamoureuse avec son épouse et, comme le rapporte The Independent, dit trouver cela bien commode lorsqu'elle est en déplacement pendant plusieurs semaines à l'étranger. «Je voyage tout le temps et ma femme se sent seule. C'est vraiment dur pour elle. Je me sens beaucoup moins coupable quand je me dis qu'elle a de la compagnie.»

Tout n'est pas toujours rose, finit tout de même par admettre Elisabeth Sheff. Mais s'il y a une chose sur laquelle les experts semblent se mettre d'accord, c'est que les membres de relations polyamoureuses communiquent davantage. Un ingrédient essentiel à des rapports sentimentaux épanouis. 

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