Science & santé

Pourquoi vous êtes détendu après un verre de vin et nerveux quand vous buvez de la vodka

Repéré par Léa Marie, mis à jour le 24.11.2017 à 15 h 10

Repéré sur Popular Science

Confiance en soi, agressivité ou tristesse: les réactions émotionnelles diffèrent selon notre choix de boisson. 

À chaque bouteille son émotion | Geralt via Pixabay CC0

À chaque bouteille son émotion | Geralt via Pixabay CC0

Pourquoi boit-on un verre de vin rouge au coin du feu après une dure journée? Et pourquoi sommes-nous plus susceptibles de s'envoyer cinq shots de tequila en boîte? Certes, ces choix relèvent en partie de codes sociaux. Mais ils ont également un solide fondement scientifique. Une récente étude britannique parue dans le British Medical Journal’s BMJ Open et relayée par Popular Science le confirme: à chaque alcool son lot spécifique d'émotions.

Plus détendus en buvant du vin rouge

Ainsi, près de la moitié d'un vaste échantillon de 30.000 interrogés, entre 18 et 34 ans, ont déclaré se sentir «plus sexy» en buvant une liqueur forte, et plus détendus en buvant du vin rouge. Les spiritueux seraient bien plus enclins à provoquer chez leurs consommateurs des sentiments d'agressivité, d'excitation ou de tristesse que la bière ou le vin. 

Les effets positifs supposés de l'alcool –énergie, désinhibition, sociabilité, humeur festive– sont bien ancrés dans l'imaginaire collectif. Au point que de nombreux jeunes, aujourd'hui, s'avouent incapables de faire la fête en restant sobre. «Mais nous pensons qu'il est également important de souligner les aspects négatifs de l'alcool. [...] Les gens doivent avoir en tête toutes les manières dont l'alcool affecte leurs humeurs et leurs émotions», explique Alisha Davies, co-auteure de l'étude.

Les 53% de sondés qui affirment boire du vin lorsqu'ils souhaitent se détendre ne rêvent pas: le vin a bel et bien un effet apaisant. En cause: sa forte concentration en mélatonine, une hormone favorisant un cycle de sommeil régulier.

Certains médecins préconisent d'ailleurs à leurs patients de consommer un verre de vin chaque soir afin de mieux dormir

Les alcools forts, un choix à double-tranchant 

Whisky, vodka, tequila, rhum et autres liqueurs sont en revanche très prisées–à tort ou à raison– pour booster la confiance en soi: 58% des interrogés affirment se sentir plus dynamiques après un verre de spiritueux, 59% se disent plus sûrs d'eux et 42% plus séduisants.

Mais les points forts de tels alcools se retrouvent vite rattrapés par leurs inconvénients. Une part non-négligeable des participants à l'étude rapportent des émotions négatives telles que la fatigue, la nervosité et même une propension aux sanglots. Près de 22% des interrogés confessent se sentir susceptibles –au point de pleurer– après avoir bu de l'alcool fort. Autant d'effets indésirables constatés par seulement 17% des buveurs de vin. 

Peu d'émotions négatives liées à la bière

Encore principalement assimilé à une boisson de mecs, la bière écope d'une réputation peu glamour. Si elle favorise les ballonnements et donne envie d'uriner bien plus que n'importe quelle autre boisson alcoolisée, elle peut malgré tout se targuer d'entraîner peu de conséquences émotionnelles néfastes: seuls 19% des sondés s'en sont plaints. 45% déclarent au contraire se sentir plus énergiques et 50% plus détendus. Seuls 3% avouent se sentir plus agressifs, tandis que 48% assurent que ce breuvage les rend bien moins nauséeux que les liqueurs. Des résultats plutôt plaisants, donc. 

Comment s'expliquent ces différences?

Les experts sont divisés. La plupart d'entre eux pensent, d'après Popular Science, que les différences observées tiennent aux substances contenues dans ces alcools, comme l'illustre le cas du vin et de la mélatonine. Pour d'autres, les boissons avec lesquelles nous mixons les alcools forts ont eux aussi leur part de responsabilité. L'exemple du vodka-redbull consommé lors d'une soirée clubbing est à cet égard le plus parlant. Les boissons énergisantes comprennent, entre autres, un fort taux de caféine, d'où leur popularité auprès des fêtards. Et le mélange entre alcools et stimulants ne fait pas bon ménage.

L'étude révèle par ailleurs des disparités de réactions émotionnelles entre femmes et hommes. Dans l'ensemble, les hommes s'avèrent bien plus nombreux à se sentir agressifs, tandis que les femmes témoignent d'une palette d'émotions beaucoup plus large.

Ces constats variés ont pour but, explique Alisha Davies, de comprendre ce qui induit une dépendance à l'alcool et quelles sont les sensations recherchées par ceux qui y sont dépendants:

«Nos résultats suggèrent que les gros buveurs sont ceux qui comptent le plus sur l'alcool pour booster leur énergie et leur assurance. Mais ces mêmes gros buveurs sont également plus nombreux à se plaindre aussi d'émotions négatives. Il y a donc un risque de cercle vicieux où boire apparaît comme une solution à des problèmes émotionnels, ce qui ne fait que les aggraver.» 

 

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