FRANCE
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- A(H1N1)
- risques
- société française
- Par Eric Le Boucher
- Eric Le Boucher est un des fondateurs de Slate.fr. Journaliste, chef de service, chroniqueur économique au journal Le Monde, il est depuis 2008 directeur de la rédaction d'Enjeux-Les Echos. Il est l'auteur d'«Economiquement incorrect».
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Eric Le Boucher
Eric Le Boucher est un des fondateurs de Slate.fr. Journaliste, chef de service, chroniqueur économique au journal Le Monde, il est depuis 2008 directeur de la rédaction d'Enjeux-Les Echos. Il est l'auteur d'«Economiquement incorrect».
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La société française refuse le risque
Le malentendu est grandissant entre une société qui veut être protégée contre tous les aléas de la vie et les limites de la science et de la condition humaine.
Le débat autour des déboires du gouvernement dans sa campagne de vaccination contre le virus H1N1 est absolument central parce qu'il révèle un syndrome majeur de la France d'aujourd'hui: son extrême difficulté à aborder l'un des aspects de la modernité, la complexité et ses risques. L'époque est technologique, c'est banal de le dire, aussi bien pour la communication que pour la santé, l'environnement mais bientôt tous les aspects de notre vie sans exception, avec les biotechnologies, les nanotechnologies et l'intelligence artificielle. Or, le débat français, politique, médiatique et même au sein des communautés scientifiques, a beaucoup de mal à intégrer que cette hyper-technologie rend les choses, donc les réponses, hyper-complexes.
Le monde n'est pas déterminé, il est ouvert au hasard et ce hasard nous place dans des incertitudes, des possibles, des cas rares-mais-pas-impossibles, bref il nous force à un examen «dans le détail». Ce n'est pas nouveau dira-t-on. C'est vrai, le hasard est là depuis l'origine, il a fait que la Terre est Terre, il est au départ de chaque naissance.
Mais ce qui a changé est double: 1) l'ouverture énorme des champs du hasard, avec le développement d'une science de plus en plus diverse et de plus en plus capable de résultats positifs; 2) la croyance publique que la science et donc la politique peuvent supprimer le hasard, le «coup du sort» et qu'elles doivent donc nous «protéger» TOUS contre TOUS les aléas. C'est là , entre les Français et la science, un malentendu fondamental.
Pour simplifier, hier on guérissait peu et on mourrait souvent et on s'accommodait de çà . Aujourd'hui on guérit beaucoup plus souvent mais avec des degrés de guérison, des nuances, mais ces nuances sont encore mal maîtrisées, elles restent aléatoires, elles sont donc difficiles à expliquer et in fine elles sont mal acceptées. On meurt moins mais, en somme, on s'en plaint. Avant c'était plus courant et plus facile! Que ce soit aujourd'hui encore «le sort» qui met votre conjoint ou votre enfant dans la tombe est devenu inacceptable: ce ne peut-être qu'une faute médicale ou politique, le «sort» n'existe plus, il y a forcément un «coupable», mieux, «un complot».
Le malentendu fondamental a fait mal tourner le débat sur la santé publique et la précaution. Comme le notent fort bien Patrick Peretti-Watel et Jean-Paul Moatti, la société sur-dimensionne ses attentes de la médecine et crée «une utopie de la santé parfaite» qui serait issue de la prévention (Le principe de prévention , La République des idées, Seuil). Cet Homo medicus allait forcément être déçu, il l'a été systématiquement et dramatiquement par les crises de la vache folle, du sang contaminé et de la canicule.
Mais plutôt que d'expliquer que le risque zéro n'existe pas, qu'il faut apprendre à appréhender un monde probabiliste, la classe politique a poussé les attentes de l'opinion jusqu'au bout avec l'inscription du «principe de précaution» dans la Constitution. Moi Etat, moi Jacques Chirac (le président qui l'a voulu), je vais vous protéger du moindre risque en utilisant un moyen radical: l'exclure dès le départ. Pas d'OGM! On interdit les recherches à risques et ainsi, l'Etat garantit la santé de tous. Les Français ont cru à cette utopie du bouclier sanitaire. Les échecs, inévitables dans une société complexe, ont débouché sur un doute incurable envers les politiques et leurs «experts» en tout genre. L'opinion a qui on avait promis la guérison, assaille le gouvernement «responsable et coupable».
Le cas d'une vaccination contre «un virus H1N1 qui peut mute » est évidemment un cas d'école. Nous sommes dans la statistique, il n'y a pas de réponse blanche ou noire, il y a des «chances» d'être contaminé, des «chances» de développer la maladie, des «probabilités» de guérison, des «espérances» de coûts etc... Le cas est complexe au carré avec un virus qui change et donc des «probabilités» qui évoluent elles-mêmes au fil du développement de la pandémie, des efforts des médecins et des laboratoires et des réactions humaines. Bigre! Comment faire comprendre tout cela aux Français?
«On ne peut pas!» Telle a été la décision du gouvernement Fillon. Tandis que d'autre pays choisissaient la politique du pragmatisme: «on va se protéger un peu puis on jugera au fil du temps», la France, marquée par les «scandales» passés et le fameux principe de précaution a mis le curseur à bloc: «zéro risque», on vaccine tout le monde. La «précaution» fixait le «devoir» du gouvernement «d'en faire le maximum». D'où les 90 millions de doses commandées, la mise en rang par quatre de la population, répondez à l'appel de votre nom, relevez votre chemise et pique et pique et pique... D'où le côté «administrativo-militaire» de l'opération.
Or, il se trouve que la statistique qu'on a voulu militairement écraser a refait surface subrepticement. La population a «découvert qu'un vaccin, au lieu de toujours protéger, peut donner la maladie dans des cas rares, que certains médecins eux-mêmes (furieux d'avoir été écartés du dispositif ) hésitent à se faire vacciner, que certains adjuvants ont des effets secondaires mal connus, que certaines couches de la population «plus larges que les experts pensaient» sont «naturellement» immunisées etc...
Bref, la société civile découvre la complexité d'une grippe et se met à douter du bien-fondé de la politique «tous dans le même bateau» du gouvernement. Puis, le doute grossit en se nourrissant de l'incrédulité des Français vis-à -vis des gouvernements et des experts, et l'on aboutit à un effet exactement contraire à l'objectif gouvernemental: les Français se mettent à craindre plus le vaccin que la grippe!
Résultat: on aura rarement vu un tel décalage entre une politique massive, nationale, et d'un coût astronomique, et un résultat si faible: 5 millions de Français vaccinés.
Aujourd'hui, la grippe semble moins dangereuse que prévu, le gouvernement replie son dispositif. On ne peut pas lui en vouloir. Mais l'épisode devrait être examiné à la loupe. Il est temps de cesser de faire croire aux utopies précautionnistes. La science n'éradiquera jamais ni la maladie, ni l'accident, ni la mort. Elle va très vite mais elle ouvre un monde complexe de nuances et de probabilités, il faut apprendre à aller «dans le détail».
Eric Le Boucher
LIRE EGALEMENT: Critiquer Roselyne Bachelot est trop facile, Le Journal de la Pandémie 2.0 et
Image de Une: Seringue Sukree Sukplang / Reuters
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Comments
Risque zéro
Cette réflexion particulièrement pertinente pourrait être étendue à d'autres domaines.
Les progrès de la technologie améliorent de manière spectaculaire les conditions de vie de chacun, mais ne peuvent garantir le risque zéro. Les limites résident généralement dans la complexité même des processus et des équipements mis en oeuvre et dans les dépenses qu'il faudrait engager pour s'adapter à toutes les situations extrêmes imaginables sans d'ailleurs être assurés du résultat.
On voit bien que la focalisation sur le risque zéro est de nature à décourager l'imagination créatrice et l'innovation pratique dès lors que ceux qui les portent seraient tenus par avance d'éliminer tout risque qui leur seraient associés.
Avoir inscrit le principe de précaution dans notre Constitution restera l'une des pires absurdités juridiques de notre époque, pourtant féconde en la matière.
PBi
peur du risque
C'est le politique qui s'est approprié tout le champ du réel.
(avec l'aide complaisante d'une haute administration d'une prétention sans bornes). Il en déforme systématiquement le sens.
Cette culture permet aux journalistes un travail a minima.
Pas une seconde de répit. Une prétention à agir sur tout, comprendre tout, juger de tout, avec l'aide de groupuscules au doux nom de HAUTE AUTORITE.
Pour revenir au réel, dans le film "les tontons flingueurs", une phrase de Audiard résume bien cela: les cons cela osent tout, c'est à cela qu'on les reconnait.
op
Pour prolonger
Effectivement, bonne analyse...
Pour compléter, je rapprocherai ce mouvement d'une déresponsabilisation grandissante de l'individu au profit du professionnel, ou de l'institutionnel, et de la place grandissante faite aux victimes quelles qu'elles soient.
En conséquence, chacun se tapit dans une prudence extrême. Voyez le nombre de départements qui sont placés en "vigilance orange" par Météo France dès que la pluie, le vent, la neige dépassent les moyennes : depuis la tempête de 2001, on ne peut pas accuser les hasards de la météo, mais on accuse Météo France de n'avoir pas prévu, et pour se protéger Météo France pousse à la vigilance permanente...
On a un enfant qui naît avec une maladie : plutôt que d'accepter que la maladie ça fait partie de la vie, on préfère faire un procès à l'échographe qui n'a pas vu l'infirmité (car bien sûr, on aurait dû avorter : car c'est indigne pour des parents, d'avoir un enfant handicapé). Du coup les médecins préfèrent ne rien dire que de donner une info "sûre à seulement 95%", sont obligés de se couvrir d'assurances, et risquent l'interdiction d'exercer à chaque procès...
Ben oui, c'est terrible à dire, mais vivre c'est faire des choix, donc prendre des risques... et les assumer.
Le problème des ondes de téléphone portable est malheureusement plus complexe : on a beau soutenir le principe de précaution, on est devenus tellement accros à nos hochets communicants, qu'on prend le risque de les utiliser quand même... mais s'il arrive quoi que ce soit, je ne doute pas que tout le monde se retournera vers les constructeurs/opérateurs qui ne nous avaient pas assez prévenus !
Tinou
je partage l'idée des deux
je partage l'idée des deux dernier "slaters", mais je pense que les autorités ont été traumatisées par l'affaire du sang contaminé. De plus, nous sommes dans une société à l'américaine où tout le monde attaque devant les tribunaux.
Bien sûr, je pense que le Président de la République s'est affolé dans cette histoire de pandémie. Il a été surtout très mal conseillé. Mais d'un autre côté, la gripe aurait été sérieuse, il aurait été accusé de n'avoir pas prévu.
Mais quand on voit des fumeurs atteint de cancer mettre les fabricants de cigarette au tribunal...
De même les élus vivent tout le temps sur le fil du rasoir : un stade fermé un dimanche, un gosse escalade les grilles,t joue au foot et meurt : le maire a été mis en examen à cause des poteaux de foot !
de même, j'ai vu mieux : un trou sur un trottoir, la personne a trébuché, sa tête a heurté un poteau électrique, elle est morte et le maire a été mis en examen aussi !
Alors il est compréhensible que les politiques se protègent.
suzanne gars
Risques ...et incertitude
Excellente analyse comme souvent de M. Le Boucher.
Les sciences incorporent le risque. Le savoir rend plus "savant" et donc ouvre de nouvelles étendues à découvrir. Les scientifiques nous font progresser dans la connaissance mais ils restent en général prudents et circonspects car ils ont conscience du fameux mélange de "hasard et de nécessité". Pour compenser ces avancées scientifiques, difficilement compréhensible si vous n'etes pas du domaine précis, notre société moderne semble avoir besoin de régression et d'obscurantisme (le vaccin parait plus douteux aujourd'hui qu'il y a 125 ans avec Pasteur...et meme chez les médecins?).
Notre propension à nous défouler sur Internet, l'impossibilité pour les média en général de faire un travail pédagogique, le parapluie des politiques ...nous procurent notre bonne société française de 2010.
Chris15
La confiance pour gérer la peur
Tout à fait d’accord avec l’analyse d’ELB sur le poison qu’une vision délirante du Principe de Précaution a introduit dans les esprits. C’est dommage que la commission Attali, qui préconisait son retrait de la Constitution avant qu’il ne soit trop tard, n’ait pas été écoutée.
Il me semble que cette crise nous dit beaucoup sur une autre caractéristique de notre France aujourd’hui : une crise de la confiance plus marquée que dans de nombreux autres pays. Les Français n’ont plus confiance dans les experts, ni dans leurs dirigeants politiques ou autres ; les dirigeants politiques, de leur côté, n’ont plus confiance dans les Français ni dans la société civile. La façon hypercentralisée dont la crise a été gérée par l’État, incapable d’imaginer autre chose, et la très faible adhésion des Français en sont une lumineuse démonstration.
Dans la Société de confiance, Alain Peyrefitte avait exposé magistralement comment la confiance était la condition indispensable de la prospérité d’une Société humaine. Il avait aussi montré que la confiance est fragile, et qu’une confiance perdue est très longue à regagner. Il nous rappelle aussi qu’il n’y a de confiance durable que réciproque.
Que voit-on en France aujourd’hui ?
Nous ne faisons plus confiance aux experts ni aux différents pouvoirs.
Ceux-ci l’ont bien cherché : comme ils ne nous font pas confiance, ils ne nous disent pas tout, dans le meilleur des cas, et ils ne résistent pas à la tentation de nous manipuler dans beaucoup d’autres. Les exemples du nuage de Tchernobyl ou celui de l’amiante et du tabac sont sans appel. Nous faire croire que les bonus sont la cause de la crise est une autre illustration…alors qu’on refuse de les taxer par ailleurs alors que ce serait une bonne façon d’en faire bénéficier l’État et de maintenir la cohésion sociale.
Mais notre éducation, en France, est aussi à la racine du mal : elle se donne comme objectif explicite de nous apprendre à douter de tout. Le doute est enseigné comme une vertu première. Nous sommes, de façon ridicule, fiers de douter de tout. Ce qui était louable au temps des Lumières est devenu totalement irréaliste. Il y a trop de choses à savoir pour qu’on ne soit pas obligé de faire confiance à ceux qui savent. D’ailleurs, dans la vie, on finit par faire confiance à son garagiste ou à son cancérologue.
Cette tendance est accentuée par internet qui donne à chacun l’illusion de pouvoir se faire sa propre opinion, sur tout, sans passer par l’intermédiation de « ceux qui savent » ? Curieusement, on a tendance à croire ce qu’on lit sur internet qui est absolument invérifiable, et à douter de ce qui vient d’une autorité quelconque.
Ajoutons, pour faire bonne mesure, que le discours permanent des politiques sur le thème «si les experts savaient cela se saurait ! » n’arrange rien. Et le manque de confiance visible des gouvernants dans la société civile ne peut qu’entraîner un rejet viscéral de ce qui vient d’en haut, comme on l’a vu avec la réponse du corps médical à la vaccination obligatoire dans les gymnases.
Pour faire le lien avec le Principe de Précaution, il ne fait que renforcer cette crise de défiance. Comme le note fort justement François Ewald dans un grand quotidien du soir paru ce jour, il conduit inexorablement la puissance publique à dramatiser tous les risques. Comme ils ne seront en général pas dramatiques, la confiance sera encore affaiblie.
Ce qu’il faut faire dans la durée, chacun d’entre nous, n’est pas simple, mais fondamental pour la force vitale de notre société dans ce siècle qui a juste dix ans. Que l’Éducation, ou les journalistes, nous éduquent à la complexité et pas au doute pour le doute. Il faut apprendre à ne pas décider de tout, à laisser faire la société civile, les partenaires sociaux, à appliquer le principe de subsidiarité à l’intérieur du pays, à faire confiance aux Français. Il faut arriver à pouvoir parler de la subtilité du monde, de l’absence de risque zéro, de solutions imparfaites, mais raisonnables, bref à parler vrai…et être élu quand même.
Barak Obama n’y a pas trop mal réussi.
JPR74
Anti-vert
C'est pourquoi les Français, avec leur hypocondrie et leur paranoïa proverbiales (1er consommateurs d'anti-dépressants, je crois, dont moi, mais pour des raisons qui me sont trés personnelles), seront fatalement largués dans le monde du XXIéme siécle.
A moins qu'ils ne soient les pionniers d'une hypocondrie universelle (voir le rôle qu'a voulu s'attribuer Sarko à Copenhague) où le Réchauffement Climatique fait désormais figure de Mal absolu.
The Ordinary Live In Emergency, The Extraordinary In Urgency
Le risque assumé
Vous dites : la société française refuse le risque.
Mais il y a un risque qu'elle accepte avec une sorte de fatalisme, c'est celui des plus de 4 000 morts par an, tués sur les routes.
Marianne Arnaud
risque...et route!
4000 morts c'est beaucoup. Mais 65 millions de français se déplaceraient à cheval, vélo, skates et rollers...combien de mort? Dans le meme genre il y a aussi tabac, alcool, sexe (croissance démographique et HIV), guerre...la vie est dangereuse et c'est vrai certain risques sont mieux supportés.
Chris15
@ Chris 15
Vous avez raison : en 1970 il y a eu 16 445 tués sur la route et cela était bien supporté.
Cordialement.
Marianne Arnaud
refuser le risque à cause de qui?
Dans notre pays les citoyens ont pris des risques pendant des siècles puis est arrivé le politique de l'assistanat qui devant les pb du monde "moderne"
a choisi de "cajoler" financièrement le citoyen pourqu'il ne descende pas dans la rue.
Les français se sont trouvés face à un Pouvoir Etatique faible complétement dépassé par les pb et sans aucune solution en dehors de l'ouverture du déficit et malheureusement qui continue et explose.
Alors devant cette forme d'anesthésie de la volonté du citoyen à se battre comment ne pas comprendre aujourd'hui que ce même citoyen qui rentre doucement dans la salle de réveil de sa propre initiative soit dans un état de se battre.
L'avenir, la sortie douloureuse de ce réveil qui forcément renversera "le médecin politicar" qui depuis 40 ans donne des médicaments destructeurs de la volonté des citoyens.
MAYOMBE
La thèse de M. Le Boucher est
La thèse de M. Le Boucher est contestable, en tout cas sur cette affaire de grippe A : si les français n'aimaient pas le risque ils se seraient tous faits vacciner... Je crois plutôt que les politiques ont érigé ce principe de précaution pour nous cacher leur impuissance, comme quand ils font des lois sur la sécurité ou sur le droit opposable au logement alors qu'ils baissent les budgets alloués au logement. Je voyais cette semaine Sarkozy annoncer qu'il allait faire voter une loi pour protéger les artisans contre la saisie de leurs biens personnels. On aurait dit qu'il venait d'apprendre que ce pouvait être le cas : "vous vous rendez compte, on peut leur prendre leur maison !". Lui qui ne paye jamais rien de sa poche, même pas ses vacances, qui fait nommer ses enfants à des postes leur garantissant un revenu sans contrepartie, qui peut s'augmenter de 180% sans rien demander à personne, comment comprendrait-il le risque ? Lui n'a qu'à prendre l'argent. Mais si un artisan se voit saisir ses biens, c'est qu'il a commis des erreurs ou des fautes. Et s'il voulait se protéger, il lui aurait suffit de créer une EURL et sa responsabilité aurait été limitée à son apport, les lois existent déjà . Mais non, M. Sarkozy est outré, il va construire une nouvelle usine à gaz. Et après on nous expliquera que les Français n'aiment pas le risque. Tout cela changera quoi ? Que les banquiers demanderont des cautions personnelles aux artisans. Puis Sarkozy fera une loi contre les cautions ? Nous sommes simplement (mal) gouvernés par des gens qui ne connaissent pas le risque. Pour le reste, nous côtoyons le risque chaque jour, et c'est tant mieux.
bravissimo
Ca peut être étendu à quasiment tous les sujets.
Ca ne changera pas, c'est pour ça que j'envisage un exil dans n'importe quel pays asiatique. Non, l'herbe n'est pas plus verte mais les gens la prenne comme ell est, là -bas.