Sciences

Les gens trop intelligents font-ils de mauvais leaders?

Temps de lecture : 2 min

Des chercheurs ont constaté une corrélation entre un QI très élevé et des difficultés à diriger. 

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Rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump en marge du sommet du G20, juillet 2017. Via: en.kremlin.ru

Les gens trop intelligents ne feraient pas de bons leaders, selon une très sérieuse étude de l'université de Lausanne publiée dans le Journal of Applied Psychology. Enfin, pas tout à fait: l'intelligence aiderait à être un bon leader... jusqu'à un certain seuil seulement. Autrement dit, les génies seraient moins aptes à diriger que les autres.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont fait appel à 379 chefs d'entreprise et membres de la direction de compagnies privées –banques, télécoms, hôtellerie, vente, etc.– de trente pays, principalement européens. Âge moyen des participants: 38 ans. Proportion de femmes: 27%. Tous ont été amenés à remplir un questionnaire de personnalité et un test de QI, the Wonderlic Personnel Test. Le QI moyen du groupe étudié s'est élevé à 111, contre 100 pour la moyenne de la population globale.

Les chercheurs ont ensuite sollicité l'avis de huit de leurs collaborateurs et subordonnés, qui ont dû évaluer leur boss via le Multifactor Leadership Questionnaire –test censé déterminer les qualités de leadership que possède un sujet.

Après un QI de 120, la courbe s'inverse

Premier constat: une évidente corrélation entre intelligence et aptitudes à diriger. Mais qu'il faut contrebalancer par une seconde observation: au delà d'un certaine limite, en l'occurence un QI de 120, ces mêmes capacités diminuent et la corrélation s'inverse. Les leaders ayant un QI supérieur à 120 ont ainsi obtenu des scores plus bas en «leadership transformationnel» et «leadership instrumental».

Au-dessus de 128 de QI, cette tendance ressort encore plus nettement. «Ce n'est pas tant que les dirigeants très intelligents ont recours à de mauvaises méthodes, mais plutôt qu'ils peinent à appliquer les bonnes», explique The Independent.

Autres enseignements de taille: les femmes seraient, dans l'ensemble, de meilleures leaders que les hommes. Les personnes d'un âge plus avancé seraient, quant à elles, légèrement meilleures que les plus jeunes.

Les causes de ces différences divisent encore les chercheurs. La plupart d'entre eux pensent qu'elles seraiet dues au fait que les gens intelligents sont plus enclins à utiliser un langage complexe, moins doués pour synthétiser ou simplifier les tâches, ainsi qu'à avoir du mal à comprendre que les autres puissent rencontrer des difficultés là où ils n'en voient pas.

Dernière précision importante: les chercheurs soulignent que les capacités de leadership d'un patron ou d'une directrice dépendent aussi du QI de leurs subordonnés. La bonne excuse!

Slate.fr

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