Culture

Taylor Swift, déesse pop vengeresse et centriste d'une Amérique déchirée

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 20.11.2017 à 8 h 07

Sur son nouvel album, «Reputation», la chanteuse poursuit un numéro d'équilibriste aussi instable que passionnant sous l'ère Trump: régler ses comptes privés, sans s'engager publiquement.

Détail de la pochette de «Reputation» de Taylor Swift.

Détail de la pochette de «Reputation» de Taylor Swift.

Il y a un an, l'Amérique anti-Trump cuvait sa défaite en écoutant We Got It From Here... Thank You 4 Your Service de A Tribe Called Quest, sorti le surlendemain du scrutin. Sur «We the People....», premier single de cet album vite arrivé au sommet des charts, le groupe du Queens parodiait le discours du président élu d'un «All you Mexicans, you must go» («Barrez-vous, les Mexicains»). On ne trouvera en revanche pas de référence apparente au nouveau président, ni à la situation politique du pays, sur l'album qui s'est hissé de très loin à la première place des ventes (1 million d'exemplaires vendus en quatre jours!) pour l'anniversaire de son élection: Reputation, de Taylor Swift.

Jusqu'à l'investiture de Trump comme candidat du parti républicain, la prudence politique extrême de la chanteuse n'était qu'un sujet mineur de débat. Taylor Swift permettait alors à John Boehner, le président républicain de la Chambre des représentants, de critiquer le programme éducatif de la Maison-Blanche à coup de GIFs. À Elizabeth Warren, idole de la gauche américaine, d'inciter des jeunes à la combativité, paroles de chanson à l'appui: «Comme l'a dit une des grandes philosophes de notre époque, “Haters gonna hate hate hate hate hate”. Savoir qui vous êtes aide à s'en débarrasser.» Ou à Martin O'Malley, candidat oublié à la succession d'Obama, d'obtenir de la viralité à peu de frais en reprenant une de ses chansons à la guitare acoustique sur un plateau de télévision.

Symbole musical d'une Amérique «violette»

Tout a changé quand Donald Trump est arrivé à portée de tir de la Maison-Blanche, puis a réussi à s'y installer. La grande rivale de Taylor Swift, Katy Perry, s'est fermement engagée aux côtés de Hillary Clinton, ainsi que Lady GagaBeyoncéAriana Grande, Miley Cyrus, Rihanna ou Nicki Minaj. En septembre dernier, Selena Gomez a appelé ses fans à se mobiliser en faveur du programme d'accueil des mineurs entrés illégalement aux États-Unis, que la nouvelle administration veut démanteler.

Pendant ce temps-là, Taylor Swift se contentait, le 8 novembre 2016, de poster une photo d'elle dans la file d'attente de son bureau de vote sans faire part de son choix, au point que des rumeurs ont affirmé qu'elle avait voté pour Trump.

La photo très neutre de Taylor Swift le jour de la présidentielle américaine avait été «likée» plus de 2,1 millions de fois.

En novembre 2008, Taylor Swift, 19 ans, arrivait pour la première fois au sommet des charts pop avec son deuxième album, Fearless, sorti une semaine après la victoire d'Obama. Un Obama dont elle saluait l'élection quelques mois plus tard, à l'époque où le président affichait un solide 60% de popularité: «Je n'ai jamais vu ce pays si heureux d'une décision politique de toute ma vie. Je suis tellement contente que cela ait été ma première élection.» Celle qui incarnait alors la petite fiancée country des États-Unis est depuis devenue le parfait symbole musical d'une Amérique «violette» qui existe de moins en moins en politique. Celui du passage de la country, genre plutôt républicain et «rouge» (même si beaucoup moins qu'avant), vers une pop grand public lorgnant sur le hip-hop, deux genres plutôt démocrates et «bleus».

En 2014, Facebook publiait les données d'une étude montrant les artistes les plus «likés» aux États-Unis selon la couleur politique: les Beatles, Bob Marley ou Michael Jackson étaient appréciés de manière disproportionnée par les Démocrates; des stars de la country comme Toby Keith, Miranda Lambert ou Tim McGraw (auquel Swift consacrait son premier single en 2006), de manière disproportionnée par les Républicains. Et au centre? Taylor Swift, bien sûr.

Les Républicains aussi achètent des disques

La chanteuse Nelly Furtado a récemment comparé Taylor Swift à Michael Jordan. Un parallèle flatteur s'il porte sur sa domination dans son art, beaucoup moins s'il concerne son engagement politique: au sommet de sa carrière, Jordan était réputé pour sa prudence en la matière, au point qu'on lui attribue s'être justifié en disant que «les Républicains aussi achètent des baskets». Il n'était pas le seul dans ce cas, car les Républicains achètent aussi des disques. Dans les années 1980-1990, les plus grandes stars, celles qui, pour l'instant, dominent encore Taylor Swift au classement des plus gros vendeurs de tous les temps –Michael Jackson, Whitney Houston, Mariah Carey...– se montraient fort discrètes dans le débat politique.

En 2003, au début de la guerre en Irak, Madonna avait très vite retiré le clip de son «American Life», qui pouvait passer pour une chanson anti-Bush. Et ceux qui se sont risqués à prendre position contre leur «base» l'ont parfois payé cher: la même année, les Dixie Chicks, un des groupes country fétiches de Swift, avaient vu leurs disques brûlés en place publique et leurs chansons interdites de passages radio parce que leur chanteuse, Natalie Maines, avait asséné sur scène avoir honte de venir du même État que George W. Bush. Les trois musiciennes, devenues aujourd'hui de féroces critiques de Trump, avaient ensuite réagi en apparaissant nues sur la couverture du magazine Entertainment Weekly, la peau couverte d'inscriptions contradictoires: «Anges de Saddam», «Fières d'être américaines», «Grandes gueules», «Fermez-la!»...

Quinze ans après, George W. Bush n'a pas voté pour Trump et l'a publiquement critiqué –son père, président de 1989 à 1993, a même avoué avoir voté pour Hillary Clinton. La classique opposition Démocrates-Républicains a muté avec l'émergence d'un candidat sans expérience politique suscitant un profond malaise jusque dans son propre parti. Au point qu'après la révélation de la cassette de «Access Hollywood» où Trump se vantait d'«attraper les femmes par la chatte», une journaliste s'était mise à supplier la principale pop star du pays«Il est temps que Taylor Swift dise quelque chose à propos de Donald Trump.» Ne pas prendre position, c'était prendre position. Mais comment prendre position, dans un pays plus clivé que jamais, quand on séduit des deux côtés de l'échiquier politique?

«Une pure déesse aryenne»

Le malaise autour du mutisme politique de la chanteuse n'a été qu'accentué par l'étrange fascination qu'elle suscite (comme Elsa de La Reine des neiges ou... Jane Austen) du côté de l'extrême droite radicale. En mai 2016, Andre Anglin, créateur du site suprémaciste The Daily Stormer (référence au Stürmer hitlérien), en livrait une description hallucinée à Vice:

«Tout d'abord, Taylor Swift est une pure déesse aryenne, comme sortie toute droite de la poésie grecque classique. Athéna ressuscitée. [...] C’est un fait établi que Swift est secrètement nazie et qu’elle attend simplement l’élection de Donald Trump pour sortir du placard et avouer son obédience aryenne au monde. Elle sera probablement fiancée au fils de Trump et ils seront couronnés famille royale d'Amérique. [...] Prenez Kim Kardashian ou Miley Cyrus: elles sont nées les veines remplies du même sang nordique que Swift, mais pourquoi est-il impossible que ces deux dégénérées soient aujourd’hui des icônes fascistes? Parce que, si elles sont aryennes de sang, elles ne sont pas aryennes d’esprit. L’esprit aryen, c’est ce qui complète le fasciste.»

La photo est de Taylor Swift, la citation d'Adolf Hitler, le mème signé de l'alt-right américaine.

À quelques heures de la victoire de Trump, Milo Yiannopoulos, un des plus grands trolls de l'alt-right américaine, se rengorgeait«Il est très rassurant de voir Taylor Swift rester silencieuse. J'ai toujours su que c'était une bonne fille.»

On peut voir dans cette fascination (qui se traduit également par des posters de Taylor Swift ornés de citations d'Adolf Hitler, des sites dédiés à la «déesse aryenne» ou encore le fait que le média star de l'alt-right, Breitbart News, ait passé une journée à tweeter ses articles en utilisant des lyrics de Swift...) un épiphénomène tenant plus de la psychiatrie que de la politique, mais l'affaire a récemment pris une tournure plus musclée.

En septembre, une blogueuse culture, Meghan Herning, a publié une analyse aussi argumentée qu'aventureuse de la façon dont la musique et l'esthétique de Taylor Swift résonnent à l'extrême droite, en remontant jusqu'à un épisode célèbre: l'interruption de son discours de victoire aux Video Music Awards 2009 par Kanye West, monté sur scène lui piquer le micro et lancer «Yo Taylor, je suis vraiment heureux pour toi et je vais te laisser finir, mais Beyoncé avait un des meilleurs clips de tous les temps. UN DES MEILLEURS CLIPS DE TOUS LES TEMPS!».

«Voir Kanye voler la vedette à Taylor [...] ressemblait à l'incarnation d'une peur blanche récurrente: un homme noir arrachant le pouvoir des mains d'une femme blanche. Et Taylor a joué sur ce récit depuis pendant que l'Amérique, en dépit de la réalité, adoptait l'idée d'un sentiment de victimisation des Blancs.»

En réaction, le management de Taylor Swift a demandé une rétraction de l'article, suscitant en retour un soutien à la blogueuse de l'ACLU, la principale organisation américaine de protection des libertés civiques et un des plus féroces adversaires de Trump depuis son entrée en fonctions.

«Un féminisme sans colonne vertébrale»

Taylor Swift, fausse défenseuse de la liberté d'expression? L'accusation d'avoir des convictions en toc est de celles qui reviennent le plus souvent envers la chanteuse. Déjà, quand elle s'était engagée en faveur du mariage des couples de même sexe, elle l'avait fait de manière plus discrète que beaucoup de ses confrères et consœurs, d'abord dans les paroles de sa chanson «Welcome To New York» («And you can want who you want / Boys and boys and girls and girls») dont elle avait réutilisé les paroles dans un tweet le jour où la Cour suprême avait généralisé le mariage gay. Après les 58 morts de l'attentat de Las Vegas, début octobre, elle s'est «contentée» d'exprimer son chagrin et ses condoléances, sans se prononcer sur la question du contrôle des armes.

Cette critique est encore plus récurrente en ce qui concerne le féminisme de celle qui, en 2014, expliquait avoir vécu une «révélation» en la matière et qui, en pleine affaire Harvey Weinstein, vient de livrer à la justice une déposition remarquée et saluée contre un DJ de radio qu'elle accuse d'agression sexuelle.

Son tweet approbateur après la «marche des femmes» du 21 janvier a été jugé trop timoré de la part de ceux et celles qui voient en elle un «féminisme sans colonne vertébrale» et mercantile dont une autre incarnation serait... Ivanka Trump, la fille aînée du président. Des critiques elles-mêmes considérées parfois comme l'incarnation d'un féminisme intolérant et fermé...

Dès la fin 2015, l'universitaire Camille Paglia voyait en Taylor Swift et sa bande l'incarnation d'un féminisme régressif et lui demandait d'arrêter «son détestable numéro de Barbie nazie». Où on en revient à Madonna: en 1990, la même Paglia avait signé dans le New York Times une tribune sur la star intitulée «Madonna, enfin une vraie féministe», qui avait suscité des lettres courroucées de lecteurs, dont une rétrospectivement aussi drôle que prophétique.

«Le seul vrai talent de Madonna est l'autopromotion. Tout ce que je peux espérer c'est que, comme Donald Reagan, Donald Trump, les obligations pourries et autres reliques des années 1980, elle va juste tomber dans l'oubli.»

«Et j'enterre les haches de guerre, mais je garde un plan d'où je les ai laissées»

Taylor Swift aussi est très forte pour l'autopromotion, ainsi que pour l'autodéfense. Elle le reconnaissait récemment auprès du Guardian«J'ai l'impression que je peux être une rebelle dans ma musique. Je peux dire des choses que je ne dirais pas dans la vraie vie.» Son programme politique s'écrit dans ses disques. Et, à l'écoute de Reputation, il est une fois de plus clair que c'est un programme de revanche: le premier couplet du premier morceau, «... Ready For It?», se termine d'ailleurs sur le mot «vendetta».

Révélée au lendemain d'un discours de Trump attaquant violemment les médias, la pochette du disque la montre posant devant des manchettes de journaux affichant toutes les mêmes mots: Taylor Swift. Comme l'écrivait récemment Cosmopolitan, «qui d'autre connaissons-nous qui est obsédé par sa bonne couverture médiatique et pourfend constamment “les médias” pour avoir “inventé” des histoires et créé leur propre récit? Oh, c'est vrai: le président». On pourrait ainsi appliquer à Trump la plupart des chroniques publiées dans la presse à propos de ces quinze morceaux –par exemple quand le site Vulture résume le premier single, «Look What You Made Me Do», de cette formule convaincante«J'ai gagné, mais rappelons-le, je suis victime des haters et des losers.» D'ailleurs, on imagine bien l'occupant de la Maison-Blanche, comme Taylor Swift sur ce morceau, compulser régulièrement la liste des noms, soulignés en rouge, de ceux qui lui ont manqué: «I've got a list of names and yours is in red, underlined.»


Reputation est parfois à la musique ce que le fil Twitter de Trump est à l'information: il est difficile de s'en détacher (les chansons sont accrocheuses, les formules font mouche) mais il se révèle épuisant à la longue, effet de sa production aussi efficace qu'agressive et de son ambiance générale de revenge pop.

Taylor Swift s'y venge avec délectation de ses ex et de ses ennemis («And you heard about me, ooh / I got some big enemies (yeah) / Big reputation, big reputation»: «Et tu as entendu parler de moi, ooh / J'ai pas mal d'ennemis puissants, ouais / Une grande réputation, une grande réputation») en rappelant à l'auditeur que, quand même, ce n'est pas elle qui a commencé («My castle crumbled overnight / I brought a knife to a gunfight»: «Mon château s'est écroulé en une nuit / J'avais amené un couteau dans une fusillade»). Comme elle a gagné, elle est prête à pardonner, mais pas tant que ça au final: «And I bury hatchets, but I keep maps of where I put 'em» («Et j'enterre les haches de guerre, mais je garde un plan d'où je les ai laissées»).

Ces derniers mois, plusieurs artistes ont solennellement annoncé que le Brexit ou l'élection de Trump les avaient convaincus de la nécessité de s'engager, avaient provoqué chez eux un «éveil» politique. Pas d'éveil chez Taylor Swift, mais une résurrection vengeresse par laquelle l'ancienne petite fiancée se transforme en «veuve noire bagarreuse». Toujours sur «Look What You Made Me Do», dévoilé fin août après qu'elle a effacé toutes ses archives sur les réseaux sociaux, elle finit par lâcher, en imitant le message d'accueil d'un répondeur: «I'm sorry, the old Taylor can't come to the phone right now. Why? Oh, 'cause she's dead!» («Je suis désolée, l'ancienne Taylor ne peut pas répondre au téléphone pour l'instant. Pourquoi? Oh, parce qu'elle est morte!»).

La fête est finie

Les Américains ont un mot pour un art qui vise à vous faire oublier la dureté des temps: escapism. Il court parfois ce sentiment amer dans Reputation d'une fête qui s'est finie, d'une lumière qui s'est rallumée brutalement contre la volonté de ses participants. Sur ce qui est peut-être le meilleur morceau du disque, «This Is Why We Can't Have Nice Things», Taylor Swift semble se souvenir de l'époque où elle donnait de glorieuses fêtes du 4-Juillet pour ses amies, ses années folles comme échappées du Francis Scott Fitzgerald revu à la sauce bling-bling par Baz Luhrmann, avec elle allongée dans une baignoire de diamants gros comme le Ritz:

«It was so nice throwing big parties
Jump into the pool from the balcony
Everyone swimming in a champagne sea
And there are no rules when you show up here
Bass beat rattling the chandelier
Feeling so Gatsby for that whole year.»

 

(«C'était si amusant d'organiser de grandes fêtes
De sauter dans la piscine depuis le balcon
Tout le monde en train de nager dans une mer de champagne
Il n'y a pas de règles quand vous vous pointez là-bas
Un bruit de basse qui fait s'entrechoquer le chandelier
À se sentir tellement Gatsby pendant toute une année»)

C'était le bon temps, avant que Kanye West, à qui ce morceau est «dédié», ne revienne la tourmenter en la traitant de «salope» sur son single «Famous» et en la replongeant dans la tourmente médiatique«It was so nice being friends again / There I was, giving you a second chance / But then you stabbed in the back while shaking my hand» («C'était si cool d'être à nouveau amis / J'étais là, à te donner une seconde chance / Et là tu m'as poignardée dans le dos tout en me serrant la main»).

Avant que Trump ne soit élu et ne fasse planer un terrible esprit de sérieux sur la pop music: «So why'd you have to rain on my parade?» («Pourquoi donc avais-tu besoin de gâcher ma fête?»), chante-elle, comme un président des États-Unis qui s'insurgerait contre une opposition et une presse qui essaient de ruiner sa pluvieuse journée d'entrée en fonctions.

Extrait du clip de «Famous», de Kanye West | Via YouTube

Un peu plus loin, elle lance, là encore à l'intention de Kanye West: «But I'm not the only friend you've lost lately / If only you weren't so shady» («Mais je ne suis pas la seule amie que tu as perdue récemment / Si seulement tu n'étais pas si louche»): une allusion probable au clash de ce dernier avec Jay-Z, mais où on pourra voir aussi une référence à la réaction de nombreux fans du rappeur à ses propos pro-Trump ou à sa visite à la Trump Tower un mois après l'élection.

Kanye, qu'on a parfois imaginé candidat en 2020, avait lui imaginé une métaphore visuelle assez juste pour cette fantasia narcissique qui, heureusement, produit des disques intéressants, quand il a glissé des sosies du président et sa meilleure ennemie au pieu avec lui dans le clip de «Famous». Un an après l'élection, on ne sait toujours pas vraiment si Taylor Swift, Kanye West et Donald Trump sont dans le même parti, mais ils couchent bien dans le même lit.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (943 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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