Économie

Anne Lauvergeon menacée à la tête d'Areva

Temps de lecture : 2 min

L'Express consacre un papier détaillé à la patronne d'Areva, qui fait face à plusieurs coups durs. Le dernier en date est un cadeau empoisonné arrivé le jour de Noël: la fin définitive des espoirs d'un consortium français rassemblant EDF, Total, Areva et GDF-Suez pour un contrat de 20 milliards de dollars avec Abu Dhabi, finalement remporté par les Sud-Coréens.

D'après l'hebdomadaire, il «jette un doute sur la stratégie d'Anne Lauvergeon, consistant à se positionner sur le haut de gamme». L'offre des Sud-Coréens était moins chère et plus bas de gamme que l'EPR français.

En embuscade, Henri Proglio, nouveau patron d'EDF en pleine ascension, pourrait profiter de ce nouveau revers pour prendre la place de leader officiel de la filière nucléaire française, aujourd'hui tenue d'une main de fer par Anne Lauvergeon. Remis à sa place par Christine Lagarde et François Fillon après ses déclarations intempestives sur un démantèlement éventuel d'Areva, il ne s'avoue pas vaincu pour autant. La présidente d'Areva a dû également accepter de mauvaise grâce le triomphe d'Alstom, qui emporte à l'issue d'une violente bataille le juteux gâteau d'Areva T&D, dont la vente soulage les finances du groupe mais diminue sa puissance industrielle.

Fin avril, François Roussely, ex-patron d'EDF et proche de Claude Guéant — lui-même artisan de la nomination de Proglio — doit remettre ses conclusions sur l'avenir de la filière nucléaire française. Elles pourraient être en défaveur d'Anne Lauvergeon, écrit L'Express.

Mais la reine du nucléaire français a du ressort: présente depuis l'origine — alors à la tête de la Cogema, elle avait elle-même trouvé le nom de l'entreprise, d'après celui d'une abbaye cistercienne visitée dans son enfance, elle a fait du groupe issu du regroupement de Framatome, Cogema et CEA Industries un champion international et maître du nucléaire français. Normalienne, diplômée de l'Ecole des Mines mais aussi ancienne sherpa de François Mitterrrand, elle connaît tous les ressorts des jeux de pouvoir au sommet de l'Etat. Elle en aura besoin, comme cela a été le cas, pour déjouer les nouveaux pièges qui l'attendent. Car elle le dit elle-même, «si je devais partir, ce serait très émouvant. J'ai une relation très forte à Areva.»

[Lire l'article complet sur L'Express.fr]

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Image de une: Anne Lauvergeon par Medef via Flickr

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