Monde

Pour le procureur général du Texas, il faut venir à l'église avec une arme

Repéré par Léa Marie, mis à jour le 07.11.2017 à 15 h 15

Repéré sur The Independent

Pour lui, c'est la meilleure réponse à la tuerie de Sutherland Springs, qui a fait 26 morts dimanche.

SUTHERLAND SPRINGS, ÉTATS-UNIS -SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

SUTHERLAND SPRINGS, ÉTATS-UNIS -SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Une déclaration «impensable», titre The Independent. Réagissant à la tuerie de masse de Sutherland Springs qui a fait 26 victimes, le procureur général du Texas a exhorté à venir à l'église avec une arme. En poste depuis janvier 2015, Ken Paxton a ainsi réaffirmé son soutien à la politique du port d'armes qui divise l'Amérique, voyant en cette dernière un remède contre ce genre d'attaques.

Interrogé par la chaîne Fox News ce dimanche, le Républicain affilié au très conservateur Tea Party répondait à la question du présentateur Eric Shawn: «Que devons-nous faire au niveau national? Comment pouvons-nous tous œuvrer pour mettre fin à cette folie?»: 

«La première chose que je sais, c'est que l'on ne peut pas systématiquement empêcher des gens aux mauvaises intentions de se procurer des armes. [...]

Au moins, au Texas, nous avons la chance de pouvoir transporter des armes sur nous. Et donc, puisque nous sommes dans un endroit où les gens peuvent porter des armes, il y a toujours une possibilité que le tireur soit neutralisé avant qu'il n'ait eu l'opportunité de tuer de nombreuses personnes.»

Pris en chasse

 

Le présentateur de Fox News –pourtant connu pour sa proximité avec les idées du Parti Républicain– s'est empressé de souligner le caractère paradoxal de ses propos. Porter une arme et «prier le Seigneur» ne sont-ils pas deux «concepts diamétralement opposés»? Non, a poursuivi Ken Paxton:

«Il faut qu'il y ait au moins quelques membres de la paroisse ou de la congrégation qui puissent se défendre si ce genre de situation se produit.»

SUTHERLAND SPRINGS, ÉTATS-UNIS - MARK RALSTON / AFP

D'après les autorités américaines, l'auteur de la tuerie de Sutherland Springs aurait été pris à partie par un habitant du quartier, muni d'un fusil, qui l'aurait visiblement poussé à prendre la fuite. Un argument sur lequel s'appuie Ken Paxton et, derrière lui, toute l'Amérique favorable au port d'armes.

Une année noire

 

Aussi folle que puisse paraître cette idée –du point de vue français, tout du moins–, elle fait en réalité écho au bon vieux slogan des anti gun-control: «The best way to stop a bad guy with a gun is with a good guy with a gun.» («La meilleure solution pour arrêter un mauvais gars avec un flingue, c'est qu'il y ait un bon gars avec un flingue.»).

La National Rifle Association, principal lobby des armes à feu outre-Atlantique, affirme que des milliers de meurtres sont évités chaque année grâce à des personnes armées. Sur son blog intitulé The Armed Citizen, on peut notamment lire:

«Des études prouvent que les armes à feu sont utilisées à plus de 2 millions de reprises chaque année dans un but de protection personnelle, et que la présence d'armes à feu, sans même qu'aucun coup ne soit tiré, empêche de nombreux crimes.» 

2017 est une année noire pour les États-Unis. En octobre dernier, le pays connaissait la fusillade la plus meurtrière de son histoire, à Las Vegas. Au total, pas moins de 11.650 américains ont péri en 2017 à cause des armes à feu. Si l'opinion publique américaine semble de plus réceptive à l'idée d'un durcissement de la législation en vigueur –ou de l'interdiction totale du port d'armes–, l'administration Trump est encore à des années lumière de toucher au sacro-saint 2e amendement de la Constitution. 

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