Économie / Culture

Qui va au Burning Man? Des trentenaires blancs, riches et diplômés

Temps de lecture : 2 min

C'est ce que montre les résultats du Recensement de Black Rock City, une étude menée entre 2013 et 2016 sur le célèbre festival.

Un homme avec un masque d'oiseau, au Festival Burning Man à Black Rock City, dans le désert du Nevada, le 30 août 2000. Hector Mata / AFP
Un homme avec un masque d'oiseau, au Festival Burning Man à Black Rock City, dans le désert du Nevada, le 30 août 2000. Hector Mata / AFP

«Si le Burning Man se veut le pèlerinage annuel d’une nouvelle contre-culture américaine, on peut aujourd’hui se demander ce qu’il en reste Le Monde est loin d'être le seul à s'interroger sur la gentrification du festival qui a lieu chaque année dans le désert du Nevada. Une équipe de chercheurs volontaires a mené en ce sens une étude d'une large ampleur afin de déterminer les profils des habitants de la ville éphémère de Black Rock City, qui prend forme le temps d'une semaine, généralement au début du mois de septembre. Les résultats du Black Rock City (BRC) Census attestent de cette gentrification avec des données chiffrées.

Selon les sondages réalisés entre 2013 et 2016, le Burner typique serait un homme blanc, vivant aux États-Unis, riche et diplômé de l'université. En effet, 79,1% des festivaliers sont Blancs; une part pas vraiment représentative de la population nord-américaine, pourtant principale cliente du Burning Man, souligne Quartz. Le site relève également la forte part de Burners diplômés - 74,4% - alors que seuls 29,3% des États-Uniens décrochent un certificat universitaire.

Conséquence assez logique: plus d'un quart des participants au Burning Man gagnent plus de 100.000 dollars par an (87.000 euros). Mais le revenu médian des festivaliers descend à 60.000 dollars (51.600 euros)... soit seulement 5.000 dollars de moins que le revenu médian d'un ménage entier aux États-Unis.

Pourtant, il y a encore de cela quelques années, la part de ces «très riches» était bien moindre à Black Rock City. Le site Salon rapporte qu'en 2006, seuls 14% des Burners touchaient un salaire supérieur à 100.000 dollars. Pourquoi le festival s'est-il à ce point embourgeoisé?

Le prix du billet apporte une première explication, explique-t-on sur Salon. Six ans après sa création en 1986, le Burning Man devient payant. Mais en 1994, l'entrée vaut 35 dollars, soit environ 30 euros. Vingt ans plus tard, il atteint presque 400 dollars (345 euros). «Ou seize fois le taux d'inflation», souligne Salon. Et c'est sans compter les dépenses obligatoires qu'impliquent le Burning Man: le transport, de quoi camper, se nourrir, boire... Soit environ 1.500 dollars, révèle le BRC Census, même si plus d'un quart des Burners concèdent dépenser entre 2.500 et 5.000 dollars.

Comment ce festival de la contre-culture a-t-il pu devenir un «un événement adoré par les riches start-upeurs»? «Pour résumer, le festival n'a jamais eu aucune sorte de garantie égalitaire, affirme Salon, dans la manière dont il a été aménagé et construit»:

«Les plus riches ont plus de pouvoir pour façonner la culture et le paysage. En d'autres mots, les puissants sont libres de s'exprimer et d'étendre leur pouvoir, tandis que les Burners les plus pauvres, qui ne sont forcément aussi bien équipés que les autres, sont laissés de côté. C'est un miroir de ce qu'il se passe dans le monde réel.»

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