Monde / Économie

Un milliardaire pro-Trump ferme des sites d'info après la syndicalisation des journalistes

Temps de lecture : 2 min

Les sites d'informations hyperlocales DNAInfo et Gothamist ont brusquement disparu car leur propriétaire était farouchement anti-syndicats.

Joe Ricketts à Washington en 2011. KRIS CONNOR/AFP
Joe Ricketts à Washington en 2011. KRIS CONNOR/AFP

Aux Etats-Unis ces cinq dernières années, les médias en ligne connaissent une vague de syndicalisation, et c'est dans ce contexte que les journalistes des sites d'informations locales Gothamist et DNAInfo avaient voté pour se syndiquer fin octobre.

Juste une semaine après cette décision, le propriétaire des sites, le milliardaire Joe Ricketts, qui a donné plus d'un million de dollars pour la campagne présidentielle de Donald Trump, annonçait brusquement que tous seraient fermés pour des «raisons économiques». (DNAinfo n'était pas rentable, mais Gothamist, que Ricketts venait de racheter, l'était).

Seuls les journalistes des sites de New York avaient décidé de se syndiquer mais tous les autres employés des autres sites du média (à Washington, Chicago, Los Angeles, San Francisco et Shanghaï) ont été licenciés, soit 115 personnes en tout.

A New York, la décision de fermer ces sites d'infos hyperlocales - avec des articles ciblés sur les quartiers de la ville - a été accueillie avec colère. Sur Twitter, le maire de la ville, Bill de Blasio, s'en est pris au propriétaire milliardaire:

«Joe Ricketts est un lâche. Il n'aurait pas tenu une minute s'il avait été examiné par les reporters intrépides de ses sites. Quelle perte pour notre ville.»

Si les médias locaux ont actuellement du mal à survivre (le légendaire Village Voice a cessé sa publication papier cet été), dans le cas de DNAInfo, la fermeture semble surtout être une punition contre la syndicalisation du personnel.

En effet, en septembre dernier, alors que les journalistes se préparaient à rejoindre un syndicat, Joe Ricketts, qui a fait fortune avec la société de courtage en ligne TD Ameritrade, avait écrit un texte intitulé: «pourquoi je suis contre les syndicats dans les entreprises que j'ai créées».

Il expliquait, entre autres, que les «syndicats encouragent une dynamique corrosive du eux-contre-nous qui détruit l'esprit de corps dont les entreprises ont besoin pour réussir».

Il aurait été illégal pour Ricketts de licencier la vingtaine d'employés syndiqués, mais par contre, un chef d'entreprise a le droit de mettre la clé sous la porte à tout moment.

Le jour de la fermeture, un communiqué expliquait ainsi la position de la direction:

«La décision de l'équipe de se syndiquer est un obstacle supplémentaire qui rend difficile pour l'entreprise de réussir financièrement».

Slate.fr

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