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Au Portugal, des juges justifient la violence d'un homme par l'adultère de son épouse

Temps de lecture : 2 min

Un homme qui a agressé sa femme avec une batte cloutée échappe à la prison: les juges ont souligné que sa femme l'avait trompé.

Au tribunal | Joe Gratz via Flickr CC License by
Au tribunal | Joe Gratz via Flickr CC License by

Des militantes des droits des femmes ont appelé à manifester au Portugal, en réaction à la décision de deux juges de confirmer une peine légère pour un homme reconnu coupable d'avoir attaqué sa femme avec une batte cloutée.

En première instance, l'homme avait été condamné à quinze mois de prison avec sursis et à une amende de 1.750 euros.

Un procureur a tenté d'obtenir une peine plus lourde en appel, mais deux juges ont maintenu la première décision du tribunal. Leur décision est fondée sur le fait que la femme avait trompé son mari:

«De nos jours, l'adultère commis par une femme est une attaque très sérieuse contre l'honneur et la dignité d'un homme, ont écrit les juges Neto de Moura et Maria Luísa Abrantes. Dans certaines sociétés, la femme adultère est lapidée à mort. Dans la Bible, on peut lire que la femme adultère sera punie par la mort».

L'«immoralité sexuelle» de la victime avancée

La femme victime de l'agression avait trompé son mari avec un autre homme pendant deux mois, avant de mettre fin à la relation.

Mécontent, l'amant était allé raconter les faits au mari, et tous deux avaient organisé une attaque. Ils ont kidnappé la victime et son désormais ex-mari l'a tabassée, pendant que l'autre homme la maintenait au sol. Son corps était recouvert de bleus et de coupures.

Malgré ces faits, les juges ont avancé que «l'immoralité sexuelle» de la femme avait causé une «profonde dépression» du mari, et que c'était dans cet état mental difficile qu'il avait commis l'agression.

Ils ont même cité une loi de 1886, qui ne requiert qu'une peine symbolique contre les maris tuant leurs femmes après les avoir surprises en train de commettre un adultère.

«Ces références sont destinées à souligner que la société a toujours fortement condamné l'adultère par une femme et que la violence commise par un homme trahi et humilié est considérée avec une certaine compréhension», ont écrit les juges.

Un message «d'impunité totale»

Pour Amnesty International Portugal, la mention de la Bible au tribunal est une violation de la séparation de l'Église et de l'État, pourtant inscrite dans la constitution portugaise.

L'organisation de défense des droits des femmes UMAR a dénoncé le message «d'impunité totale» pour la violence faite aux femmes envoyé par la décision de justice.

Une militante féministe interviewée par le Washington Post a déclaré:

«Cette décision de justice machiste va à l'encontre de tout les progrès faits dans notre société. Nous sommes un pays laïc, nous ne pouvons pas accepter qu'un juge utilise des citations de la Bible pour justifier la violence contre les femmes.»

Ce n'est pas la première fois que le juge Neto de Moura s'en prend aux femmes qui trompent leurs partenaires.

Dans un jugement de 2016, il avait aussi justifié une peine légère pour un homme violent avec sa femme adultère:

«Une femme qui commet l'adultère est une personne fausse, hypocrite, malhonnête, déloyale, futile et immorale. En bref, une personne qui manque de crédibilité morale».

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