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Toutes ces questions que vous avez toujours voulu poser aux gens qui se tatouent le visage

Repéré par Léa Marie, mis à jour le 24.10.2017 à 14 h 46

Repéré sur Vice UK

Entre répulsion et admiration, les tatouages de visage ne laissent personne indifférent et soulèvent chez chacun de nombreuses interrogations...

https://video.vice.com/en_uk/video/10-questions-you-always-wanted-to-ask-someone-with-face-tattoos/59e758ca177dd47b92557243?ref=vice

Roblake via Vice UK

Perçus par beaucoup comme un signe de folie pure, les tatouages au visage fascinent autant qu'ils effraient. Loin de bénéficier du processus de normalisation des tattoos corporels, ils font l'objet de toutes sortes de fantasmes. Et souvent, injustement. Qui sont ces hommes et ces femmes qui assument de braver ce «suicide social»? Pour quels motifs? Et pourquoi ces tatouages sont-ils encore diabolisés? Autant de questions auxquelles a tenté de répondre un artiste-tatoueur dans une interview à Vice UK

Dans l'imaginaire collectif, les tatouages au visage sont réservés aux taulards. Et pour cause, la culture du tattoo en milieu carcéral est puissante et répandue. Au point de faire du prison-tattooing un concept à part entière qui désigne les signes de gang, codes, ou autres symboles que les détenus choisissent de se dessiner sur la peau. Avec les moyens du bord...

  
Lil Wayne via Instagram

Parallèlement –mais en lien avec le phénomène précédent– les rappeurs sont eux aussi très friands des face-tattoos. L'exemple le plus connu? Les fameuses larmes de Lil Wayne, également arborées par un certain nombre de gangsters autoproclamés. Mais adoptés par de nombreux artistes hip-hop mainstream (The Game, Gucci Mane, Tyga, 21 Savage et bien d'autres) et par un nombre croissants de gens «lambda», les tatouages au visage ne sont plus réservés aux dangereux criminels... 


21 Savage via Instagram 

Se tatouer le visage: mais pourquoi? 

Interrogé par Vice UK, Roblake, un tatoueur britannique, se confie sur la dizaine de tatouages qui recouvrent son visage. Et qui ne diffèrent pas vraiment, selon lui, de ceux dessinés sur n'importe quelle autre partie du corps.

«J'adore les tatouages et j'ai toujours voulu en avoir sur le visage, car ils se voient vraiment. J'aime ce style. Cela dégage une grande confiance en soi.» 

La plupart de ses tattoos ont une signification bien précise. En plein milieu de son front trône son logo d'artiste. Au-dessus de son sourcil, le mot «Thinker» («Penseur») fait référence à sa tendance à «intellectualiser davantage qu'à parler». Et la phrase triomphale «We made it» («On a réussi»), sur sa joue droite, lui rappelle qu'il est parvenu à surmonter les épreuves les plus dures. 

Peu de gens confieraient leur môme à un type qui a une croix au milieu du front. Un cliché qu'il déplore et sur lequel il ironise volontiers:

«Les gens me disent que j'ai l'air flippant, c'est tellement loin de ce que je suis. Je suis un mec super doux. Et les tatouages, ça coûte super cher. Donc en réalité, c'est pas donné à tous.» 

 Roblake via Instagram (@Roblaketattoo)

Un choix encore très marginal

Roblake ne comprend  pas le procès fait aux tatouages faciaux, alors que cette pratique est, selon lui, «vieille de plusieurs millénaires». Il voit les tatouages comme une «body transformation», une sublimation du corps, qui fait partie intégrante de ce qu'il est. 

«Demander si je regrette, pour moi, ça n'a pas de sens. C'est comme demander à quelqu'un: “Eh, tu regrettes ta nouvelle coupe de cheveux?” Ou d'avoir cette ride?»

Preuve que les tatouages faciaux restent très marginaux: la réticence de nombreux salons de tatouages à en effectuer. Certains gérants ne le font que lorsque le client a déjà le visage tatoué, d'autres tentent de les en dissuader ou prennent davantage de protections légales.

Pour Roblake, les choses sont en train de bouger. Lentement, mais sûrement. À l'image de Lipa Z. Cette jeune portugaise –également tatoueuse et pierceuse– a tout le corps, les deux tempes, le front, et même les paupières tatouées.


Lipa Z., artiste-tatoueuse portugaise  

Un look ultra-original qui fait d'elle une véritable œuvre d'art et suscite l'incrédulité des passants. Comme elle, de plus en plus de femmes font le choix de customiser leur visage, et souvent par des designs assimilés à la gente féminine –cœurs, diamants ou noeuds, typiquement. De quoi dédiaboliser les face-tattoos? En attendant, portez-les fièrement, ou «Think Before You Ink»

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