Culture

Coat Monkey ou le règne de l’insolite

Temps de lecture : 2 min

Le cliché du petit macaque, vêtu d’une parka et déambulant dans un magasin de meubles suédois, combine nombre de bizarreries. Elles ont fait la joie des internautes qui n’ont guère songé à détourner l’image.

Parmi les nombreux mèmes qui ont enflammé le web, Coat Monkey revêt un caractère quelque peu particulier. Ce petit macaque, vêtu d’une parka et errant dans les allées d’un célèbre magasin de meubles suédois à Toronto, n’a pas suscité, comme le font le plus souvent les mèmes, une frénésie de détournements de la part des internautes. À la place, les photographies du primate ont majoritairement été relayées telles quelles. Véritable traînée de poudre, les clichés sont apparus sur des millions d’écrans dans le monde entier, interrogeant sans cesse les origines de cet événement si cocasse.

Car les images ou vidéos qui mobilisent massivement le net, qu’elles se prêtent ou non au détournement, se doivent de répondre à certains critères, parmi lesquels l’insolite tient le haut du pavé. Coat Monkey combine un bon nombre de bizarreries. Tout d’abord, le télescopage incongru du sujet et du lieu : un singe au Canada, autant dire dans un environnement qui n’est pas son biotope naturel. Si la photo avait été prise en Inde, elle n’aurait sans doute pas autant excité la curiosité des internautes.

Ensuite, le fait que le petit simien porte un vêtement, qui plus est adapté au climat de Toronto, renforce l’anthropomorphisme que l’humain se plait à projeter sur le règne animal. Une dimension très courue sur le net, et exacerbée avec cette image du Coat Monkey. Si on ajoute à cela sa présence dans un magasin de meubles suédois, haut lieu de la consommation du XXIe siècle, où la nature n’a pas lieu d’être, si ce n’est sous forme de planches de bois manufacturées ou de plantes en plastique, on obtient le cocktail, idéalement singulier, d’un mème imparable.

L’explication rationnelle de la présence du macaque s’est rapidement propagée sur internet : ses propriétaires l’avaient laissé dans leur voiture de laquelle l’animal est parvenu à s’échapper. Mais les thèses les plus farfelues avaient été échafaudées. C’est sur cette propension imaginative que Polar+, la nouvelle chaine dédiée à la culture polar, a imaginé cette version délirante. Désormais complice de braqueurs russes, le singe a ainsi transcendé sa destinée : d’animal domestique égaré, il s’est métamorphosé en mème auto-suffisant, source infinie de variations.

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