Sans plan Marshall pour les banlieues, point de mixité sociale dans les grandes écoles
Faute de ne pas avoir combattu la ségrégation sociale, le gouvernement veut imposer des quotas d'étudiants boursiers dans les grandes écoles.
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Le gouvernement aimerait que les grandes écoles françaises intègrent 30% d'étudiants boursiers pour favoriser la mobilité sociale. Les termes du débat, maintes fois exposés par des dizaines de livres et de rapports, sont connus et tout simplement accablants. La partie de l'enseignement supérieur français, composé de ce que l'on appelle les «grandes écoles», que l'on intègre sur concours souvent après une ou deux années de préparation généralement payantes, est devenue (malgré une sélection sensée être uniquement pédagogique) le principal vecteur de la reproduction de ce que l'on appelle abusivement «les élites» (et que l'on devrait plutôt appeler «les privilégiés»).
Cette reproduction sociale renforce les disparités, les amplifie et cloue l'ascenseur du même nom au troisième sous-sol de la république égalitaire.
Le constat est là, il est maintenant général et personne n'ose plus faire une autre lecture de la situation. Donc, il faut faire quelque chose. La solution des quotas de boursiers paraît être la plus simple, la plus juste et la plus rapidement efficace.
Mais les représentants de la conférence des grandes écoles n'en veulent pas: ils viennent même d'écrire au ministre de l'Education pour protester, au motif que, selon eux, ce système va les forcer à modifier les conditions d'admission et entraîner fatalement une baisse du niveau général de l'enseignement dans leurs établissements. C'est, quand on y pense, un argument assez faible parce que chacun sait que ce ne sont pas les meilleurs élèves ou les plus méritants qui intègrent ces écoles mais les meilleurs et les plus méritants des couches aisées tout simplement. Si on mettait en place un système permettant de sélectionner les meilleurs et les plus méritants de l'ensemble de la société, il n'y aurait aucune raison que le niveau baisse!
Est-ce que ce projet entre dans le cadre de ce que l'on a appelé la discrimination positive?
Pendant la campagne, Nicolas Sarkozy parlait aussi effectivement de discrimination positive mais il y mettait des critères ethniques. Et c'était plutôt dans le cadre d'une politique de nomination ou de recrutement qui devait favoriser la diversité dans les sphères de décision. Sauf que ce n'était tout simplement pas praticable puisque la France ne reconnaît pas les races et ne distingue pas les origines. Ça n'était donc pas faisable, sauf à bouleverser quelques principes fondateurs de la République. Cela a d'ailleurs été abandonné.
En revanche, pratiquer des quotas sociaux, prévoir 30% de boursiers dans les grandes écoles procède d'une toute autre logique et vise un objectif plus large. C'est plutôt comparable au zonage scolaire (d'ailleurs partiellement abandonné, soit dit en passant) ou à la loi SRU qui impose à toutes les communes de tendre vers les 20% de logements sociaux. Et c'est la que l'on retombe toujours sur les mêmes questions. Une politique qui affirme vouloir favoriser le métissage (le mot est du Président) qui veut promouvoir la mixité sociale (et donc sans avoir à écorner les principes républicains) et la mixité ethnique par la même occasion... peut effectivement passer par des quotas sociaux dans les grandes écoles mais apparaîtra toujours comme relativement cosmétique tant que perdurera la ségrégation sociale de nos villes et de nos banlieues.
En gros, tant qu'on aura oublié le plan Marshall des banlieues ou tant que la loi SRU ne sera pas respectée par les villes riches. Ce que le chef de l'Etat demande, à juste titre aux grandes écoles, il devrait aussi, en toute logique le demander aux villes riches. Et c'est là que nous faisons notre petit rappel régulier. Je ne l'avais pas encore fait en 2010. Neuilly-sur-Seine: 2,6% de logement sociaux...
Thomas Legrand
Image de une: A Polytechnique. © Collections Ecole Polytechnique
Mis à jour le 06/01/2010 à 13h45








































Précision : les meilleures classes préparatoires scientifiques ne sont pas les plus chères - je pense même que les prépas Louis Le Grand ou Henri IV, par exemple, peuvent être considérées comme publiques, c'est-à-dire à frais de scolarités très réduits.
Le problème de faible mixité sociale dans les classes prépa scientifiques ne doit donc pas venir des frais de scolarité à engager.
Ce n'est peut-être pas le cas pour les classes prépa HEC, à vérifier.
Non je ne suis pas d'accord avec cet article ! Tous les élèves de grandes écoles ne sont pas des privilégiés et les classes préparatoires ne sont pas généralement payantes, il en existe de très nombreuses dans l'enseignement public !
Je pense plutôt qu'il y a encore un trop grande réputation d'élitisme dans ses filières, du coup :
1) une tendance pour les élèves issus de milieu "modeste" à ne pas oser aller dans ses filières dites d'excellence ou à ne pas les connaître tout simplement.
2) une tendance aussi dans les établissements de plus grande mixité sociale à ne pas les proposer aux élèves méritants
Il y a beaucoup de jeunes dont les parents gagnent tout juste trop pour ne pas être boursiers mais qui galèrent beaucoup plus qu'un boursier parce qu'il n'a justement pas ce statut et que tout lui coûte justement plus cher ! Faudrait-il aussi imposer un quota d'élèves presque boursier ?
Ce n'est pas avec des quotas que l'on résoudra les problèmes. je ne vois pas pourquoi un quotat de 30% d'élèves boursiers permettrait plus de vraiment sélectionner "les meilleurs et les plus méritants de l'ensemble de la société".
A quand bientôt un quota de personne de tel sexe (en fonction des filières) ou de telle ou telle religion ?
Comment M. Thomas Legrand peut-il glisser de la sorte dans l'enlisement démagogique et dangereux des "indignés de la CGE", qui de fait menacent un système qui est le bastion du mérite bien plus que l'hypocrisie inégalitaire dont on veut bien l'affubler?
Résumons ici quelques points logiques (rappels).
Les grandes écoles (GE) sont des établissements d'excellence qui reposent sur un élement crucial: le NIVEAU scolaire ET de culture générale des élèves qui y sont RECUS.
On peut penser ce qu'on veut des méthodes pédagogiques des écoles ou de leur adaptation au contexte actuel de la finance, du commerce, de l'ingénieurie ou de la recherche, mais ce n'est pas du tout la question ici.
La question est celle de l'accession et de l'accessibilité au couple prépa+GE.
Elle se base sur un concours qui par définition reflète la PERFORMANCE de ses candidats, plus que leur motivation ou leur mérite, c'est vrai. Mais tous les candidats sont faces aux même épreuves, avec des critères de sélection bien définis. Or, ce principe est égalitaire et juste!
Alors, doit-on s'indigner, s'outrer que les élèves RECUS (et non "accueillis") par les G.E. ne représentent pas la diversité de la société Française? Oui, bien sûr. Faut-il blâmer les G.E.? Non, et c'est pourtant en cela que le sophisme abject qu'on nous pond dans les journeaux prend vie!
Le fait de se porter candidat en prépa n'est déjà pas anodin. On sait qu'il faut avoir un dossier excellent (en gros être bon partout et dans les 3-4 premiers de sa classe), et qu'on va vivre 2 ou 3 ans dans un contexte extrêmement intense (2 à 3 "kholles"/semaine, 1 à 2 composition/semaine, l'atmosphère compétitive, peu ou pas de week-end), ou il n'est pas rare de croiser des élèves travaillant 90 à 100h/semaine).
Appelle-t-on ça être "privilégié"? J'y vois plutôt du courage, de l'abnégation et de l'ambition.
Et cette pression, elle pèse davantage que le porte-monnaie, je vous l'assure! Cette lourde pression, (1) Tout le monde n'a pas les compétences pour l'assumer (et ce n'est pas INJUSTE!!!), (2) La MOTIVATION pour l'assumer est LA CLE pour moi. Messieurs A.Minc ou L.Chatel réflechissez un minimum. Il me semble évident, que cette détermination nécessaire (mais pas suffisante) est LA conséquence majeure des inégalités sociales.
La différence entre un enfant d'ouvriers et de cadres diplômés, c'est que ces derniers vivent dans un environnement social qui souvent les destinent à être ambitieux, et les armes pour ça: musées, films, littérature, compétitions sportives, langage fourni, interactions sociales plus "mondaines" sont autant d'items que les enfants d'ouvrier n'ont pas.
"-Stop! Sophisme débile, sophisme débile, deux minutes d'arrêts!"
Ici beaucoup crachent sur les "fils de", mais un peu de reflexion: peut-on honnêtement reprocher à une personne éduquée d'élever au mieux ses enfants? Pareillement, peut-on reprocher à une personne vivant dans un environnement plus "restreint" de ne pas forcer ses enfants à lire, se cultiver, pratiquer la langue de Molière avec éloquence?
Allons donc! Mais n'y a-t-il pas quelque chose dans notre système Républicain qui est là pour gommer ce qui est tout sauf injuste, mais pour autant inégalitaire?? Attendez.... si! Les élèves français passent le plus clair de leur temps dans un endroit...l'école!
Si on veut plus de mixité dans les G.E., il n'y a qu'à ce niveau là qu'on peut et DOIT agir! Du soutien scolaire pas seulement pour les plus faible, mais aussi pour les plus ambitieux. Forcer le niveau vers le haut, toujours exiger plus. Informer, guider, pousser même.
Les G.E. forment même des associations de soutien scolaire dans les lycées défavorisées: mille fois oui, mille fois mieux que l'IUP de Paris (qui recrute d'ailleurs de façon beaucoup plus injuste que les vraies grandes écoles).
J'aimerai réagir à vos propos. Un concours à une grande école est une sélection qui peut aller de 20% à 1% de reçu environ.
Quand vous avez 2 copies identiques en tout point (outre la suspicion de triche !!! ^^) et que l'on vous demande de choisir soit l'une soit l'autre, votre attention va automatiquement se porter sur la présentation. Ainsi, quelqu’un qui fait des fautes d’orthographe sera recalé. Quand à l'oral, 2 élèves vous éblouissent mais qu'au final il ne faut en choisir qu'un, vous allez automatiquement regarder leur présentation. Donc, un étudiant arrivant claquette/tongue aura moins de chance qu’un en costume/cravate etc... etc...
Ceci est uniquement de la sélection du au nombre de place réduite à distribuer. Ainsi donc, j'ai un peu de mal à comprendre votre comparaison avec les logements sociaux. Nous ne sommes pas dans la mixité, mais la sélection !
La FIDL a, à mon sens, assez raison de critiquer cette décision gouvernementale. Elle a raison de dire que l’on va combattre une discrimination par une autre discrimination. Elle a raison de dire que, en fonction de l’origine, le futur employeur pensera que le postulant, ancien boursier, a bénéficié d’avantages et est donc moins performant que celui qu’il a vu précédemment, ancien non boursier.
Le gouvernement devrait plutôt se poser les questions suivantes : « A-t-on autant de postulant boursier que non boursier ? » « Si non, pourquoi les boursier ne postule pas ? Si oui, pourquoi les boursiers réussissent moins bien, leur formation est-elle à revoir ? »
Toujours est-il qu’au final, il leur faudra bien un jour se poser la question suivante : « Pourquoi les entreprises recrutent les étudiants des grandes écoles avant même la fin de leur formation, et que les universitaires galèrent à trouver un job bien que possédant un « master 2 » ? ».
Mais si 2 élèves arrivent avec la même formation à un concours, il n’y a pas lieu de discriminer 1 élève par rapport à l’autre… ainsi, si le boursier a une moins bonne formation, ce n’est pas le concours qu’il faut changer… mais ce qu’il se passe avant !
Une petite correction :
Les "grandes écoles", que l'on intègre sur concours souvent après une ou deux années de préparation généralement payantes.
En France, la grande majorité des prépas (officiellement CPGE), que ce soit pour les filières scientifiques, économiques ou littéraires sont intégrées à des lycées publique et ont des frais de scolarité pour les non boursiers à peine supérieurs à ceux d'un lycéen.
Et pour enfoncer le clou, beaucoup proposent meme des places en internat à un tarif généralement riducule (il y a un peu plus de 10 ans, mes parents ont du débourser moins de 3000 FR par an pour mon logement/nourriture dans une petite ville de province, sans que je sois boursier.
Et votre choix d'illustration est un peu étrange : on peut considerer que tous les élèves francais de polytechnique sont boursiers.
En effet, en tant que sous officiers de l'armée, ils touchent tous une solde.
(les élèves étrangers payent leur scolarité, mais ont généralement de généreuses bourses de leurs pays d'origine).
Alors !
Je m'exprime, comme Slate me l'y autorise, sur ce sujet.
La France a fait le choix, pour son système d'éducation supérieure, d'une différentiation entre les universités et les Grandes écoles. Les universités acceptent tout le monde et sélectionnent par examen (et comme l'a rappelé je ne sais plus qui sur le sujet, en Master, la proportion de boursiers est la même qu'en école...). Les grandes écoles sélectionnent, elles, sur concours, et un peu (de plus en plus) sur dossiers venant de filières alternatives (fac, prepa littéraires, etc.).
Outre les arguments rappelés ici et là, indiquant que l'augmentation du nombre de boursiers par l'état va progressivement amener les grandes écoles à avoir de plus en plus de boursiers dans leurs rangs, ce qui montre bien le côté très politiques des déclarations du gouvernement (en gros, on essaie de corriger les travers, mais les méchants en face ne veulent pas nous écouter...), qui nous rappellent que les choses évoluent déjà, que doit on penser de tout cela ?
La grande école sélectionne sur concours ! Et un concours, c'est par principe égalitaire. Tout le monde à sa chance, qu'il soit petit, moche ou bronzé (et même pauvre...). La Grande école, c'est le principe même de l'égalité des chances.
Mais (beh oui, il y a un mais...) malheureusement, dans les faits, qui va en grande école ? 1/3 de fils de profs (tous des gauchistes, en plus), 50% de fils de privilégiés (cadres sup, avocats, médecins, etc.), et le reste de boursiers (bref, les enfants des pauvres).
Et là, forcement, le pauvre s'insurge ! Comment ?? mais c'est trop injuste ! pourquoi ohhhh pourquoi ?? Oh tristesse, fatalité, état ennemi !
Et donc, le président populeux de base (en gros, Nicolas S.) il se dit : "je vais me mettre les pauvres dans la poche, et aller exiger que la Grande école, elle se force à aller chercher des pauvres, même s'ils sont moins doués à l'école".
Et là, horreur, malheur, comble de l'infamie, la Grande école ose ouvrir sa grande gueule et dire "Non, y a pas moyen que je prenne le risque d'avoir des mecs qui savent écrire qu'en langage sms, compter qu'avec une calculatrice, et dont la culture générale sera proche de celle de notre mal-aimé président".
Ensuite s'en viennent en tribune publique les amuseurs habituels (Minc et Pernaud, non, Pinaud, c'est pareil de toute façon), qui s'insurgent, soutenant leur président bien aimé. Ils sont ridiculisés (le bas peuple de France n'aime généralement pas qu'un arriviste et un ultra-privilégié tentent de s'acheter une conscience sur leur dos), mais le débat est lancé.
Même sur Slate, les choses avancent. "Constructif", dont le pseudo n'est que rarement pertinent, défend avec passion son président (ou ses pauvres, je n'en suis pas sur). AlexisC, dont on peut supposer qu'il a fait une grande école, répond lui avec pertinence sur le fond du problème.
Le débat est lancé, arrive donc le polémiste en second (je vous laisse deviner qui est le chef), Mr Legrand, pour nous sortir quelques banalités et contre vérités. Pour ne pas être taxé de je ne sais quoi, je vais ici revenir sur quelques unes des affirmations de Mr Legrand :
- Les prépas ne sont généralement pas payantes. Elles le sont parfois, mais elles sont généralement gratuites.
- Les élèves qui intègrent les meilleurs grandes écoles sont les plus méritants des élèves qui en prépare les concours. Le vrai problème est de savoir pourquoi il y a une telle surreprésentation des "privilégiés" à passer ces concours. De plus, un fils de prof est il un fils de "privilégié" ? Parce qu'un garagiste ou un plombier indépendant, souvent, gagne bien plus qu'un prof. Pourtant, le fils de prof est considéré comme venant de "l'élite", comme un privilégié par Mr Legrand? pourquoi donc ??
Bon, après ce défoulement tout à fait libératoire, essayons d'être maintenant un peu constructif, justement.
Comment expliquer que la filière Grande école (dans sa globalité, et pas juste les meilleurs, type X, Supelec, HEC, ESCP, Ponts et chaussées, et où la reproduction des élites est elle extrêmement marquée, mais qui représente de manière quantitative une goutte d'eau dans la mer des Grandes écoles) ne compte que peu de boursiers, et tant de fils de profs et fils de riches.
Et là, je me souviens. Je me souviens de mon lycée, de mon collège, mais aussi de mes discussions après avec certains amis d'un autre milieu que le mien (en gros, ni riches ni fils de profs, je vous laisse deviner ma provenance). Et la réponse est évidente.
Si le système des grandes écoles suit ce schéma, c'est que l'orientation proposée aux élèves suit ce schéma. Au collège, c'est facile, le sujet n'est même pas abordé, ni avec l'élève, ni avec les parents (je parle ici du collège public... les études privées sont malheureusement mieux pourvues à ce niveau). Au mieux, on dira "il est doué, qu'il bosse pour faire son bac S".
Au lycée, à moins d'être dans un très bon lycée, ou d'être dans le top 3 de sa classe en math, pas un prof n'ira dire à un parent d'élève : "envoyez le en prépa, la Grande école, c'est le meilleur moyen pour lui de tenter de s'élever dans l'échelle sociale".
Les profs n'osent pas, de peur de se voir rétorquer le prix de ces études, leur élitisme supposé (le serpent se mord la queue), ou même ne se donnent pas la peine.
les conseillers d'orientations, eux, je n'en parle même pas... leur utilité reste totalement à démontrer pour ma part, et tous mes amis en ont un souvenir détestable (pas d'écoute, pas de temps, pas de sortie des sentiers battus).
On en arrive alors à ce qui permet d'expliquer la surreprésentation du fils de prof en prépa (et donc ensuite en école. Car qui termine sa prépa fait école, même si pas forcement la meilleure...) : le prof SAIT. Le prof a généralement une bonne culture gé, il a 5 ans d'études à la fac, il a le temps de se renseigner et de préparer ses enfants à réussir au mieux leur vie. Il a le temps d'aider son gosse jeune s'il voit qu'il est doué pour l'amener à être en tête de classe. Il a le temps de l'aider à choisir le cursus qui lui conviendra (prepa intégré ou prépa classique, passage en IUT avant ou pas, etc.). Le prof est aussi fonctionnaire. Il pourra apporter le coup de pouce financier nécessaire à soutenir son gosse financièrement, ou se porter caution pour un prêt, car le prof SAIT que la grande école est la voie royale de la réussite professionnelle (et financière) en France.
Quand à l'élite, il peut bien évidemment, car il est riche, payer les meilleures écoles privées, les meilleurs cours particuliers, les meilleurs conseils. Pour lui, faire entrer son fils en grande école s'il montre des dispositions en primaire collège, c'est la nécessité première. Y échouer, c'est le drame, et généralement, ça fait du grabuge dans la famille...
Reste les pauvres. Pauvres pauvres. Non content d'être pauvres (oubliés les cours particuliers pour amener un élève doué à être le meilleur, oublié l'école privée, oublié l'aide au devoir, le pauvre bosse généralement beaucoup, et n'a que rarement fait les études suffisantes pour aider son gamin...), le pauvre est stigmatisé. Le pauvre va voir un prof un peu con, lui dit "mon fils est doué, que pensez vous des grandes écoles", et là le prof rappelle les difficultés de cette filière, le cout financier, le risque d'échec, etc. Et là, le pauvre, souvent, il se dit "bon, beh la fac, alors...". Si le pauvre fait (à l'aide d'un bon prof, d'un bon conseiller, ou même juste de son bon sens) fi de tout cela, alors le Pauvre va continuer à pousser son gosse. il va le faire travailler, lui rappeler que la prépa c'est dur, mais que la Grande école c'est la voie royale pour ne plus être Pauvre. Et souvent, comme ça, il va finir par réussir. Son gosse sera souvent dans les meilleurs de son école (bah vi, les grandes écoles, c'est la glande, ceux qui bossent sont premiers, quels que soient leur milieu), et dira à ses futurs enfants de faire prépa...
Tout ce politiquement incorrect de ma part pour dire quoi ?? pour dire que au final, Mr Legrand à raison !!
Pas sur tout, comme je l'ai déjà dit. Pas sur la pertinence des quotas de boursiers (un concours qui n'est plus égalitaire sera, lapalissade, inégalitaire !). Mais sur la nécessité d'aider les Pauvres. De les aider à accéder à la même éducation que les privilégiés. De la nécessité de répartir la pauvreté, qu'elle soit plus facilement mêlée aux privilèges. Il est nécessaire que les plus démunis au potentiel scolaire fort aient accès à des conseils de valeur. L'état se doit de permettre à un élève doué d'avoir la chance d'accéder à la meilleure éducation qu'il soit.
Malheureusement, et là je ne pourrais que parler d'utopie, il faudrait pour cela que l'élève doué soit repéré par un prof passionné, que cet élève soit pris en main par un système scolaire qui saurait prendre le temps de lui offrir de nouvelles options, que l'état soit prêt à offrir à la famille de cet élève doué les moyens nécessaires à ce qu'il puisse pousser son potentiel à son maximum. Enfin, il faudrait que la société dans son ensemble veuille la réussite de ce gosse.
Douce utopie.
Voilà pourquoi, et là je vais me faire huer, je suis CONTRE (totalement CONTRE !!) le fait que l'état subventionne l'enseignement privé.
Voilà pourquoi je suis POUR l'instauration dans tous les collèges (et même en primaire) de classes de niveaux, qui regrouperaient les élèves les plus (scolairement...) intelligents, et sauraient leur proposer une éducation leur permettant, qu'ils soient de Clichy-sous-bois ou de Neuilly-sur-Seine, d'avoir accès à l'information et à la formation nécessaire pour atteindre le plus haut niveau de l'enseignement à la Française.
(au passage, une classe de niveau pour les plus en retards, afin de leur présenter au plus tôt des formations alternatives à un collège unique qui n'a que montré son incapacité à réussir son pari me semblerait aussi une bonne idée).
Voilà pourquoi je suis CONTRE le fait que les meilleurs profs puissent partir dans les meilleurs collèges, laissant en ZEP les plus inexpérimentés ou les plus mal notés de leurs collègues.
Je suis POUR le maintien d'une sélection à l'entrée des grandes écoles par concours uniquement, sans entretien, afin de respecter l'égalitarisme de ce système. Je suis même pour que les entrées en classe prépa se fassent sur concours, qu'un rebeu puisse avoir la chance de faire Henry 4 comme un ptit bourge de neuilly (pour ceux qui ne savent pas, les prépas font leur recrutement sur dossier. Venir d'un mauvais lycée, c'est être sur de ne jamais entre à H4, Louis le Grand ou autre boite à X, sauf exceptionnellement pour un gosse qui aurait son 20/20 de moyenne et sa mention très bien au bac ensuite...)
Ce n'est pas le lycée, ni même l'enseignement supérieur qui méritent à mes yeux une réforme. C'est le collège et le primaire qui en ont désespérément besoin. Le nivellement par le bas dans les quartiers les plus défavorisés est un drame total, et pousse les parents "classe moyenne" à se saigner pour quitter un collège "de mauvaise réputation" pour offrir à ses enfants une éducation potable. Résultat : plus de ghetto, plus de nivellement par le bas, et lors des concours des grandes écoles, les boursiers sont rares.
La véritable révolution de la promotion de l'égalité des chances ne se fera que lorsque l'état sera capable d'imposer (et là je rejoins Mr Legrand...) une véritable mixité sociale, qui se retrouvera au collège (donc il faut garder la carte scolaire, si, bien sur, la loi SRU était respectée), et qui permettra, à travers la possibilité pour tous d'intégrer la meilleure classe et le meilleur cursus, une véritable émulation, source d'une hausse de niveau générale.
Malheureusement toujours, notre président actuel, ancien maire de Neuilly, préfèrera toujours payer son amende ridicule pour ne pas voir de pauvres venir s'installer chez lui plutôt que d'imposer la réelle mixité sociale qui pourrait relancer l'ascenseur républicain en proposant une réelle égalité éducationnelle.
D'ici là, nous sommes condamnés à entendre parler de quota, de pourcentages, qui ne feront rien de bien, et risquent même de faire baisser le niveau de ces écoles (bah vi, si en prépa, il y a 10% de boursiers, et qu'il en faut 30% en école, les 20% manquant, ils auront pas fait prépa... et donc n'auront pas le niveau. Et pour avoir fait une grande école, croyez moi, c'est pas dans l'école qu'ils pourront rattraper le niveau de ceux qui ont fait prépa...).
Bref... REVOLUTION !!!!! (des pensées, en tout cas, et de la gouvernance !!!!!)
Vivement 2012. J'ai peur du résultat, mais j'ai au moins une lueur d'espoir face à l'état actuel des "choses publiques"
L'égalité des chances voudrait qu'un bachelier mention bien dans le lycée d'une petite sous-préfecture de province ait autant de chances de rentrer en prépa à Louis -le-Grand qu'un bac mention bien de ce même lycée de Louis-le-Grand!
Et l'enjeu se situe précisément là, dans l'accès aux meilleures prépas et pas dans le fait d'être boursier ou pas!
En 2008, Louis-le-Grand a intégré 42 élèves à l'X, beaucoup de prépas de province n'en ont eu aucun! Alors, si l'on veut parler de quotas, réservons des quotas de places dans les meilleures prépas de la région parisienne ou des grandes métropoles pour les meilleurs élèves venant de milieux défavorisés ou autres excellents boursiers venant de province.
Il est difficile de quantifier l'avantage de préparer des concours dans une excellente prépa, mais il est incontestable et la véritable injustice est de laisser un excellent élève dans un environnement peu stimulant!
Peut-on avoir une réponse de l'auteur sur cet article bien mal documenté ?
Après des « reformes » brouillonnes et sans queue ni tête de la recherche et des universités, on s’attaque avec la même incompétence auto satisfaite aux grandes écoles. Les universitaires qui ont pu apprécier que l’on s’attaque au CNRS puis maintenant aux grandes écoles, les littéraires qui peuvent apprécier que l’on s’attaque aux scientifiques, , se trompent lourdement, tout ceci est de la basse démagogie. Tout le monde en souffrira.
Il semble que Sarkozy s’adresse en priorité à un public de petits blancs qui’ il flatte en attaquant les arabes et les noirs encore et encore, mais aussi un peu les élites. Pas celles qui possède des yachts bien sur, mais celles qui ont fait des études. C’est très typique des démagogues populistes de droite (Berlusconi fait de même).
Pour ce qui est de messieurs Mink et Pinaud ils me font penser à cette pièce du Grand Magic Circus il y a bien longtemps : on y voyait Louis 16 crier « c’est la fête c’est la révolution, levez vous c’est la fête ». Ce que faisaient les spectateurs, pour être rassis par Savary : comment pouvez vous être aussi stupides Louis 16 appelant à la révolution.
Après la très bonne analyse de Julien G que je partage en tous points j'ajouterai que la solution est assez simple: des prépas en banlieue / ZEP.
De mon expérience d'avoir fait une 'petite' prépa en province ou le taux de réussite au concours était médiocre (comprendre, la plupart obtenait une école mais quasi personne à Polytechnique) et bien dans cette prépa la sélection sur dossier était moindre (heureusement pour moi) mais tous avaient leur chance.
Actuellement les prépas ne sont présentes que dans les lycées prestigieux des cartiers chics, on retombe donc dans cette sélection geographico-sociale qui plombe un système méritocratique somme tout assez sain à la base.
Si dans un lycée 'difficile' il y a une ou deux classes préparatoires, primo les élèves 'défavorisés' seront au courant que ça existe et deusio n'auront pas l'obstacle du déménagement ou de l'internat pour tenter leur chance.
C'est d'autant plus facile qu'une classe préparatoire classique n'a pas besoin d'installations autres que celle que l'on trouve dans un lycée, si ce n'est d'une équipe de profs agrégés motivés.
Bien sur les résultats seront moins brillants aux concours, de nombreux élèves seront éjectés en première année, mais les plus doués pourront aussi tenter de faire leur spé dans une prépa de haut niveau, et ainsi avoir toute leur chance d'intégrer l'élite de l'élite. Les autres auront une 'petite' école et auront une 'petite' carrière d'ingénieur (ou autre) ce qui n'est quand même pas si mal comme promotion sociale non ?, là est la solution plutôt que cette agitation populiste de bas étage.
C'est trop facile de critiquer un système qui fonctionne, même imparfaitement, les grandes écoles, sous le prétexte que les universités françaises ne remplissent pas leur mission! les étudiants en fac ne veulent pas de sélection ni d'universités payantes, mais ils voudraient obtenir, en fin de cursus, un diplôme "prestigieux"!
Alors soyons sérieux, ne mettons pas les grandes écoles au niveau des universités (ce qui vous comblerait mais serait suicidaire) mais tentons plutôt l'inverse , malgré les syndicats et les sociologues (LOL)!
La France n"aime pas l'intelligence ni les élites: regardez le nombre d"animateurs de télé qui se vantent d'avoir été des cancres, regardez l'insuccès de Mensa en France, regardez le traitement des enfants précoces (les surdoués en foot sont mieux traités que les surdoués en maths!), alors arrêtons de jeter l"anathème sur les grandes écoles et prenons en main la réforme de l"université pour que les 50% qu'elle forme aient des diplômes appréciés des entreprises!
Plutôt que d'imposer des quotas de boursiers il faudrait aider les jeunes de milieux défavorisés en leur fournissant des moyens.
En effet, LLG ou Henri IV à Paris sont de lycées publics mais quasiment 100% de leurs élèves ont le BAC et quasiment 100% de leurs élèves en prépas intégrent des écoles du groupe A.
Donc soit leurs profs sont les meilleurs (ils sont capables de faire d'un élève mauvais un élève très bon) soit les élèves sont déjà excellents à l'entrée et il y a donc nécessairement une forme de sélection....
Concernant l'accès à la culture, il dépend des jeunes et des informations qu'on leur donne pour poursuivre les études. Je n'ai découvert l'existence des prépas qu'au moment de remplir un dossier.... je ne savais pas ce qui allait m'attendre.
En école d'ingénieur les épreuves de Francais ne sont pas les plus importantes après tout j'ai réussi à être admis avec un 5 en francais. Comme pour un BAC S les matières scientifiques sont privilégiées, 2 épreuves de maths et physique pour Centrale et les Mines de mémoire....
Pour finir sur une expérience personnelle, le milieu social joue sur l'accès à la culture, mais personnellement, ayant vécu à la campagne avec un père militaire, une mère fonctionnaire, je suis le seul de ma fratrie à avoir lu beaucoup et regarder d'autres choses que le foot, etc. donc le caractère et la motivation joue également.
Pour finir sur une question, l'état va-t-il imposer 30% de bousiers dans les entreprises ? va-t-il imposer d'embaucher uniquement les chomeurs de longues durées ? Bref, plutot que d'agir sur les conséquences, il serait temps d'agir sur les causes.
Sans me prononcer sur le bien-fondé des quotas d'étudiants boursiers qu'il conviendrait d'admettre dans le Grandes Ecoles, problème qui me dépasse, je me demande, cependant, en voyant l'ampleur que prend le débat, si on n'est pas, de facto, en train de créer une nouvelle classe sociale parmi les étudiants : les étudiants boursiers ?
Belle remarque :)
Mais comprenez bien, Mme Arnaud, que cela ne coute pas cher à l'état d'augmenter le nombre de boursiers (les frais de scolarité en France étant relativement peu élevés, surtout à la fac).
Par contre, politiquement, ça permet à un gouvernement de droite qui veut donner l'impression de faire du social de le faire à peu de frais.
Il est bien plus simple de passer pour un grand seigneur en injectant 1 milliard pour augmenter le nombre de boursiers, plutôt que d'en injecter 20 et réformer l'université.
Remarquez, pour réformer le collège et le lycée (sans même parler du primaire...), il faudrait encore plus de sous que ça, et c'est là qu'est la priorité...
En fait, même, c'est la discrimination sociale qui regroupe dans des quartiers très défavorisés les populations les plus pauvres qu'il conviendrait au final de dynamiter pour rétablir "l'égalité républicaine"... et ça, ce ne serait pas si cher, mais ça demanderait d'obliger les riches à accueillir des logements sociaux à côté de leur si belles maisons ou hotels particuliers.
Et ça, les riches ne veulent pas.
Conclusion : dans la France actuelle, on préfère faire du cosmétique (un milliard pour les boursiers) que de s'attaquer aux racines des problèmes.
Wheeeeeeee bravo Mr le président :)
avec un bout de ficelle et un chewing gum il te fait une bombe électorale
100% d'accord avec l'analyse julien_g...
L’auteur de l’article mélange pèle mêle, la mixité sociale, le plan marshall des banlieux, la loi SRU, la discrimination positive, pour nous parler d’un sujet qui a trait a une proposition de quotas (mini) d’étudiants boursiers imposé aux grandes écoles… Les quotas peuvent être instaurés pour limiter, comme c’est le cas en médecine avec le numerus clausus (quota maxi), ou pour favoriser (quota mini) comme dans le cas souhaité de l’accès aux grandes écoles pour les moins favorisés.
Mr Thomas Legrand a déjà fait plus claire comme article.
Je n’ai jamais aimé ce non sens que constitue cette syntaxe : la discrimination positive. Une discrimination sociale est par nature, quelque chose de péjoratif puisque cela fait référence à un traitement différencié, inégalitaire, appliqué à des personnes sur la base de critères variables. La discrimination dans ce contexte élitiste pour l’accès au savoir des grandes écoles puis au pouvoir, ne peu et n’a jamais été quelque chose de positif.
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La question des boursiers
Dans notre culture, ou la notion de justice sociale prend une place importante, on peut comprendre l’utilité des bourses pour des étudiants dont les conditions de ressources financières sont limitées. On peut comprendre aussi que l’aspect financier et économique conditionne la possibilité d’entrer ou non dans une grande école (et d’une manière plus générale, de poursuivre des études supérieures). Or l’aspect financier et matériel est indépendant des qualités intellectuelles requises pour réussir le concours d’entrée, puis de la capacité à suivre le cursus proposé.
Dans un système qui ne veut recruter que les meilleurs, ce système se doit lui-même, de mettre en place une stratégie de financement et d’organisation pour les moins aisés quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent. Du moment qu’ils/elles sont les meilleurs (es). Ou alors, les grandes écoles courent le risque de se priver « des meilleurs » potentiels existants dont le prestige d’une réussite extérieure pourrait bien leur échapper.
L’une des questions qui est sous tendue dans cet article est de savoir : comment obtenir les moyens de sa réussite ?
Certains les ont déjà, les moyens, parce qu’ils appartiennent à une élite qui dispose largement de moyens économiques conséquents. Pour les autres, qui ne peuvent ni compter sur une aide parentale, ni sur une aide gouvernementale leur permettant de se réaliser, ils n’ont aucunes chances d’accéder à « l’excellence » des grandes écoles… d’où l a fausse bonne idée des quotas.
Il ne s’agit pas d’imposer des quotas, mais plutôt pour les grandes écoles de prendre conscience qu’il leur faut mettre en œuvre des moyens matériels et financiers (logements, équipements, bourses), afin de permettre la réussite des moins aisés, capables de réussir le concours.
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L’hypocrisie des concours
Elle réside dans la notion qu’on lui attribut, à savoir : « l’impartialité ». Pour rester impartiale, un concours devrait se limiter à un examen écrit. Et encore, il faudrait qu’il soit tapé à l’ordinateur pour éviter tout préjugé de telle ou telle écriture, trop penchée, trop irrégulière, trop.., quelque chose. Et pour ce qui est de passer un oral.., c’est tout sauf impartial, car tout devient subjectif, c’est une source d’apriorismes et de préjugés qui se met en place. Tous les critères du non dit, tout ce qui est du ressort de l’impalpable, du conscient ou de l’inconscient, etc.., se met à fabriquer de l’inégalité envers les candidats.
Essayez donc de vous présenter à un orale de concours avec une crête rouge sur la tête et une veste a clous en guise de costume (version punk), ou en short et des tongues aux pieds (version surfeur). Vous pourrez toujours être le meilleur et posséder un QI de 180… vous verrez que vous ne passerez pas la porte d’une grande école.
Pour les concours comme beaucoup de choses dans la vie, il y a une sacrée différence entre la théorie et la pratique.