Science & santé

Et si votre corps mort servait d'engrais?

Repéré par Camille Jourdan, mis à jour le 22.10.2017 à 11 h 48

Repéré sur New York Times

C’est ce que propose le procédé d'aquamation, en vogue aux Etats-Unis.

Arlington National Cemetery, le 5 avril 2012.  | Tim Evanson via Flickr CC License by

Arlington National Cemetery, le 5 avril 2012. | Tim Evanson via Flickr CC License by

On s'est tous déjà posé la question: «moi, je ne voudrais pas finir brûlé», ou «moi, c'est hors de question de finir bouffée par des asticots». Comme s'il n'y avait que deux solutions: l'incinération, ou l'inhumation. D'autres options existent pourtant. Le blog de Slate Globule et téléscope en parlait déjà il y a plusieurs années. Cette fois, c'est le New York Times qui aborde le sujet, et parle de l'aquamation.

Aqua-quoi? Ce procédé, de son petit nom scientifique «hydrolise alcaline», gagne du terrain aux Etats-Unis: la Californie vient de devenir le 15Etat à réglementer les règles de ce nouveau commerce funéraire. La méthode n'est pourtant, elle, pas si nouvelle, puisqu'elle était utilisée autrefois pour se débarrasser des restes d'animaux. Comment ça marche? Il s'agit en fait d'un procédé physico-chimique: le corps est plongé dans un mélange d'eau et d'alcali, «un sel dérivé d'un métal alcalin (généralement de l'hydroxide de sodium, de l'hydroxide de potassium, ou une combinaison des deux)», précise le New York Times. Le tout est placé dans une machine qui fait monter la température autour de 100°C. Pour résumer, le corps est dissout:

«[La] machine utilise un bain chimique pour dissoudre les protéines, le sang et les graisses, ne laissant qu'un liquide couleur café, les os réduits en poudre, et les implants métalliques, comme les plombages dentaires.»

Beaucoup plus écologique

Décrit comme ça, ça n'a rien de ragoûtant. Mais pour les centres funéraires adeptes du système, les avantages sont nombreux. «L'inhumation est morte, assure l'un des concepteurs des machines à aquamation, elle est vouée à disparaître. Ce n'est pas une méthode durable. Trop de gens et pas assez de terres.»

Outre d'être un remède aux cimetières surpeuplés, l'aquamation est également bien plus écologique, avec une empreinte carbone réduite à «un dixième» de celle de la crémation, avance le New York Times. Quant aux restes liquides du corps humain, ils feraient un excellent engrais:

«Les experts estiment que ce fluide est stérile, et qu'il contient de nombreux nutriments.»

Les restes osseux, eux, peuvent être rendus à la famille.

Le site Funéraire Info relève toutefois quelques barrières à l'arrivée de ce procédé en France. L'homologation, d'abord, «qui pourrait prendre de nombreuses années». Autre obstacle: 

«Pour être optimale, une aquamation doit se pratiquer sur un corps nu, ou recouvert d’un tissu naturel biodégradable, et sans cercueil. Celui-ci étant obligatoire en France, une exception ouvrirait la voie à moult contestations.»

La durée de l'aquamation peut également poser problème; si cela prend moins de trois heures pour des personnes de petite corpulence, la dissolution d'un corps plus imposant pourrait durer plus de dix heures... De quoi allonger les files d'attente qui existent déjà dans certains funérariums.

Les familles elles-mêmes ne sont peut-être pas encore prêtes. Mais les mentalités changent: en quelques décennies, la crémation a gagné du terrain sur l'inhumation. Qui sait, peut-être que les restes de nos arrières-petits-enfants finiront tous par nourrir les plantes des fermes voisines.

 

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