Monde

Barack Obama accuse ses services de renseignements

Slate.fr, mis à jour le 06.01.2010 à 12 h 25

Au cours d'une conférence de presse organisée mardi 5 décembre à la Maison Blanche, Barack Obama a dénoncé le manque d'efficacité des agences du renseignement américain après l'attentat manqué sur le vol Amsterdam-Detroit du 25 décembre dernier.

Selon le président américain, «le gouvernement américain avait suffisamment d'informations pour déjouer» la tentative d'attentat. «Ces échecs [n'étaient] pas acceptables» a déclaré Barack Obama tout en soulignant qu'il était de sa «responsabilité de découvrir pourquoi» ces échecs avaient eu lieu, et de les «corriger pour que nous puissions empêcher de telles attaques à l'avenir». Cette conférence de presse faisait suite à une réunion entre le président et les différents responsables du renseignement américain.

Le site Politico a relayé les propos du porte-parole de la Maison Blanche, Rober Gibbs, qui a indiqué que Barack Obama ne permettrait pas que des officiels tentent de se dédouaner. «Le président n'acceptera que chacun accuse un d'autre. Et les Américains ne l'accepteront pas» a déclaré le porte-parole.

Cité par le New York Times, le directeur du Conseil de sécurité nationale, Denis McDonough, a réagit aux propos du président en déclarant que les défaillances du renseignement ne relevaient pas d' «un problème de partage d'informations mais plutôt d'une faille dans le travail de recoupement, d'analyse et de résumé des informations». Le directeur du renseignement national, Dennis C. Blair a, lui, reconnu les défaillances du système: «la communauté du renseignement a bien reçu le message délivré par le président. Nous avons bien saisis [...] nous pouvons et nous devons être capables d'anticiper et de défaire les nouvelles idées de l'ennemi».

Dans le Washington Post, le chroniqueur David Ignatus est revenu sur cette affaire dans une tribune dénonçant «l'enlisement bureaucratique du contre-terrorisme américain». Selon lui, les «procédures bureaucratiques» de la CIA «alors qu'elles sont supposées éviter les erreurs, augmentent peut-être les risques.».

Ainsi, le père du jeune terroriste nigérian Abdulmutallab avait informé dès novembre les agents de la CIA basés au Nigéria de la potentielle menace que représentait son fils. L'information fût directement transmise au centre d'anti-terrorisme de l'agence aux Etats-Unis qui s'attacha à rassembler des données sur le terroriste, envoyées au Centre national du contre-terrorisme. «Les analystes des différentes agences auraient alors pu ajouter le nom d'Abdulumuttalab sur la liste des personnes interdites de vols aux Etats-Unis. Rien ne fût fait dans ce sens» raconte David Ignatus.

Le chroniqueur explique également comment le Département d'Etat a placé le nom du nigérian dans son système «Visa Viper»  qui récence les personnes à surveiller. Problème: le nom d'Abdulmuttalab se retrouvait dans «un océan de données» comprenant une liste de plus de 500.000 noms et alimentée chaque jour par les 180 ambassades américaines. D'où une réelle «surcharge» du système. Conclusion du chroniqueur: l'attentat manqué du 25 décembre est «une histoire faite d'indices perdus dans une tempête d'informations».

[Lire l'article complet sur le New York Times]

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Image de Une: Reuters

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