France

Pinault et Minc indignés par les grandes écoles

Slate.fr, mis à jour le 06.01.2010 à 10 h 27

Alain Minc et François Pinault signent dans les colonnes du Monde une tribune commune pour témoigner de leur indignation suite à la réticence des grandes écoles à instaurer un quota de 30% de boursiers.

Dans un texte diffusé le 23 décembre, les grandes écoles écrivaient qu'elles craignent que si l'Etat leur impose à chacune un quota de 30% de boursiers, le niveau baisse. La Conférence des grandes écoles (CGE) y indique très clairement qu'elle «désapprouve la notion de "quotas" et réaffirme que les niveaux des concours doivent être les mêmes pour tous».

Les grandes écoles préfèrent en effet aider les jeunes de milieu modeste à préparer les concours ordinaires, plutôt que de créer des voies d'accès spécifiques. Pour la CGE, «toute autre politique amènerait inévitablement la baisse du niveau moyen».

Cette prise de position des grandes écoles a suscité de vives critiques. «Comment peut-on dans la société contemporaine être aussi réactionnaire? Comment croire que le niveau des concours doit être intangible afin de fixer à jamais une hiérarchie entre jeunes Français à l'âge de 20 ans?» s'interrogent ainsi l'essayiste et le président du groupe PPR dans leur tribune. «Ceux qui ont, en toute sérénité, signé ce manifeste méconnaissent le grondement qui vient du fond de la société. Ils ne mesurent ni les urgences ni les priorités du moment.»

Le patron de l'Institut d'études politiques de Paris (qui ne fait pas partie de la CGE), Richard Descoings, a qualifié d'«antisociale» la réaction des grandes écoles. Descoing est le premier à avoir ouvert son école, en 2001, à des étudiants venant de zones d'éducation prioritaires (ZEP), en mettant en place des «conventions ZEP» destinées à recruter, grâce à une voie d'accès spécifique, parmi les meilleurs élèves des quartiers défavorisés.

Le débat intéresse également à l'étranger. Sur son site Internet, El Pais écrit que les directeurs des grandes écoles françaises craignent que Nicolas Sarkozy, qui n'a pas fait l'ENA, leur impose des quotas, ce qui selon eux romprait le principe républicain d'égalité. L'article est un des plus commentés sur la page d'accueil du site espagnol.

[Lire l'article complet sur lemonde.fr]

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Image de Une: felix38, Flickr, CC

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