Égalités / Monde

Des journalistes américaines dressent une liste privée d'hommes à éviter

Temps de lecture : 2 min

La liste, qui n'est pas disponible à tous, circule dans le milieu des médias, et les accusations vont du harcèlement au viol.

Attention hommes | BEN SUTHERLAND via Flickr CC License by
Attention hommes | BEN SUTHERLAND via Flickr CC License by

Le jeudi 12 octobre, une journaliste de Buzzfeed a révélé l'existence d'une liste d'hommes «foireux» dans le monde des médias: les «shitty media men». Le document, qui comporte au moins soixante-dix noms, circulait entre journalistes avec l'avertissement suivant:

«Ce document est seulement un recueil d'accusations et de rumeurs de mauvaises conduites. Il faut le prendre avec des pincettes. Si vous voyez quelque chose sur un homme qui est votre ami, ne paniquez pas. Les hommes accusés de violence physique sexuelle par plusieurs femmes sont signalés en rouge.»

La liste est jusqu'ici privée: sa créatrice l'a envoyée à plusieurs journalistes qui l'ont diffusée dans leurs cercles. Selon les personnes qui l'ont reçue, les accusations mentionnées vont du «flirt» et «déjeuners bizarres» au viol, violence et harcèlement.

Un nouveau bouche à oreille

Comme le souligne Doree Shafrir dans Buzzfeed, «les choses se compliquent quand tous ces comportements sont réunis dans un document anonyme avec des accusations non confirmées contre des hommes qui n'ont pas pu y répondre».

Elle admet cependant que ce genre de liste existait déjà auparavant sous forme de bouche à oreille, et que ce nouveau format pourrait aider celles qui débutent dans le milieu.

Interviewée par le New Yorker, la journaliste à l'origine du projet, qui tient à rester anonyme, explique qu'elle a lancé la liste suite aux révélations sur Harvey Weinstein. Plusieurs journalistes qui ont vu la liste disent qu'elles avaient entendu parlé de plusieurs hommes accusés d'agressions sexuelles. Dans le New Yorker, Jia Tolentino écrit que dans le cas d'une personne accusée qu'elle connaît, elle pense que la rumeur est fausse.

Dans The Daily Beast, Erin Gloria Ryan souligne que le bouche à oreille est une façon préférable d'avertir les autres plutôt qu'un document qui circule sur les réseaux sociaux. Elle cite l'exemple d'un humoriste banni d'un théâtre suite à une accusation d'agression sexuelle postée sur Facebook, une accusation rapidement devenue virale sans qu'aucune enquête n'ait eu lieu.

Pour Ryan, si le but est de rendre justice, les femmes doivent aller voir leur DRH pour les cas de harcèlement, ou la police pour les cas d'agression, ou même un journaliste qui pourrait enquêter sur l'affaire.

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