France / Monde

La semaine de l’atome

Temps de lecture : 5 min

Un rapport alarmant de Greenpeace sur la sécurité des sites nucléaires français, le prix Nobel de la paix décerné à un consortium d’ONG pour l’abolition des armes atomiques, un feu d’artifice matinal dans une centrale nucléaire de Lorraine, la semaine a donné l’occasion aux twittos opposants et partisans de l’énergie et des armes atomiques de s’écharper.

La centrale nucléaire de Cattenom. Wikimedia Commons.
La centrale nucléaire de Cattenom. Wikimedia Commons.

Contenu partenaire - L’organisation non gouvernementale (ONG) écologiste Greenpeace a fait de la question de l’énergie nucléaire l’un de ses chevaux de bataille et des opérations d’incursion sur site un de ses moyens d’action de prédilection pour attirer l’attention. C’est ce que rappelle France-Soir «Nucléaire : Greenpeace s’introduit une nouvelle fois dans une centrale, les précédents (vidéo)».

Cette fois, jeudi 12 octobre, «des militants de Greenpeace se sont introduits dans le site de la centrale nucléaire de Cattenom en Lorraine vers 5h30 ce matin». Pas de déroulage de banderole ou de survol en drone, mais le tir d’un feu d’artifice. Si le site EDF de Cattenom a rapidement tweeté «militants Greenpeace sur site. Stoppés par les gendarmes. Pas d’accès à la zone nucléaire. Pas d’impact sur la sûreté des installations», l’ONG n’a pas tardé à réagir sur le réseau social pour affirmer le contraire. Greenpeace cherche à sensibiliser sur le stockage des déchets radioactifs dans des piscines «mal» protégées. «Oui. @EDFofficiel doit agir dès maintenant et bunkeriser ses piscines. Il faut protéger les Français et les frontaliers du #RisqueNucléaire».

Comme l’explique Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France, aux Grandes Gueules de RMC, «#nucléaire il faut bunkeriser les piscines de combustible usé, mais @EDFofficiel ne veut pas parce que c’est trop cher». Selon Greenpeace, «nos militant-e-s sont de retour pour dénoncer le #RisqueNucléaire lié à ces installations. Des millions de citoyens sont concernés #EDF», carte à l’appui.

Si certains twittos ne sont pas convaincus et doutent de la réussite de la démonstration de Greenpeace, «#Cattenom: énième faux buzz de #Greenpeace. On doutera de la sécurité des centrales le jour où ils auront atteint une zone nucléarisée», la tonalité de la majorité des tweets est quand même à l’inquiétude sur les lacunes sécuritaires des centrales. Ainsi, Guillaume Blardone de souligner «tranquille Greenpeace tire un feu d’artifice dans une centrale. Combien d’actions faudra-t-il pour prouver qu’elles ne sont pas ASSEZ sécurisées?» ou Emmanuel Foulon pour qui «cette nuit #Greenpeace tire un feu d’artifice au milieu de la centrale nucléaire de #Cattenom. Zéro sécurité». Et Greenpeace d’enfoncer le clou: «pas devant la centrale mais à quelques mètres de la piscine de combustible #nucléaire usé, lourdement chargé de radioactivité. #Cattenom».

La menace terroriste

Si certains twittos valident la démarche, «c’est quand même dingue que #Greenpeace ait à allumer un feu d’artifice dans la centrale de Cattenom pour alerter», d’autres à l’image de la députée européenne MoDem Nathalie Griesbeck reconnaissent le problème de sécurité tout en reprochant à Greenpeace sa façon d’agir: «#Cattenom renforçons la sécurité mais n’inquiétons pas les citoyens par des actions irresponsables».

Une critique évidemment partagée par EDF qui «accuse Greenpeace d’être irresponsable après l’intrusion de militants dans une centrale nucléaire» et affirme que «cette intrusion n’a eu aucun impact sur la #sûreté des installations et est une infraction au regard du code de la Défense». Mais la parole d’EDF a du mal à convaincre comme le souligne Mick: «la réponse de @EDFofficiel est quand même collector #Cattenom».

L’opération de Greenpeace n’est que la deuxième étape se voulant spectaculaire d’une offensive de l’ONG lancée deux jours plus tôt en remettant aux autorités un rapport sur la sûreté des 19 sites nucléaires français mené par des experts indépendants. «Ce rapport de Greenpeace sur la sécurité nucléaire est si alarmant que seule une version light sera publiée». Une façon de dramatiser et également de ne pas rendre publiques des informations sensibles. «Seules sept copies du rapport complet ont été remises aux hauts fonctionnaires en charge des questions de défense et de sécurité #RisqueNucléaire». Comme le montrent les nombreux tweets sur le sujet, la stratégie de Greenpeace en deux temps, le rapport et ensuite l’intrusion comme démonstration, a fonctionné.

«Là ce ne sont que des militants de #Greenpeace, imaginons si c’étaient des personnes mal intentionnées?». Certains s’étonnent de la facilité avec laquelle les représentants de Greenpeace ont pénétré sur le site lorrain. « C’est quel genre d’état d’urgence où tu peux faire un feu d’artifice dans une centrale nucléaire en filmant d’un drone #Cattenom?». Les failles de sécurité pointées par le rapport de Greenpeace font craindre d’autres types d’intrusion plus dangereuses. Comme le résume Petite Fée, «Joli pied de nez de #Greenpeace à la centrale nucléaire de #Cattenom sous forme de feu d’artifice…Il vaut mieux ça qu’une bombe».

Pompier pyromane

Mais si l’opération de communication de Greenpeace est un succès, l’ONG est aussi mise en cause. Elle est accusée de jouer avec le feu et de donner des idées et des informations aux terroristes. «Grâce au rapport de #Greenpeace, les terroristes ont quelques indications sur où taper exactement une centrale nucléaire… Beau boulot…». Brunolelorrain salue ironiquement l’ONG, «merci #Greenpeace à défaut de donner des idées à l’EI pourquoi pas leur faire un plan de #Cattenom» tandis que Jeanwijnandts s’indigne: «centrales #nucléaires, #Greenpeace avec son rapport alarmiste, véritable pousse au crime #islamiste. Débile». Certains twittos vont plus loin, mettant en doute la validité du rapport, comme Aaron. Pour lui, «le rapport de #Greenpeace sur la sécurité des CNPE en France, une vraie tartufferie. Un rapport fait sans consentement avec EDF». Opération salutaire qui dévoile les faiblesses du nucléaire français ou comportement irresponsable, les avis sont tranchés.

Un Nobel de la paix très politique

Si l’énergie nucléaire suscite autant de craintes et de passions, c’est notamment parce qu’elle est le prolongement pacifique de l’arme apocalyptique du même nom. Coïncidence, vendredi 6 octobre à Oslo, «le prix Nobel de la paix attribué à la campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN)». Comme le remarque Thomas Snegaroff, «c’est le 6e Prix Nobel de la Paix explicitement lié à la lutte contre la prolifération nucléaire».

Une fois encore, twitter est partagé en deux camps. Ceux qui saluent la démarche et ceux qui la juge facile et inutile. Laurent se félicite du choix du comité Nobel: «Prix Nobel de la Paix : pour l’abnégation de l’ICAN au service de l’universel, s’élevant contre l’égoïsme des états». Adine Rouveure qui voit dans ce «Prix Nobel de la Paix, une invitation à ouvrir le débat, un désarmement multilatéral, négocié, progressif et contrôlé».

D’autres sont plus critiques. «2017 sera donc l’année où la publicité aura eu le Prix Nobel de la Paix…#calaissesongeur». Le politologue Bruno Tertrais estime que «le Prix Nobel de la Paix cette année ne sert à rien #E1Soir», voire que ce «Prix Nobel de la Paix décerné à la campagne antinucléaire ICAN ça crée des illusions pas très saines @BrunoTertrais #E1Soir».

Mais la démarche du comité Nobel est évidemment politique avec la crainte d’un conflit nucléaire avec la Corée du nord et dans l’attente de la décision de l’administration américaine sur son retrait ou non de l’accord sur le gel du programme nucléaire iranien. Illustration, «le Prix Nobel de la Paix 2017 appelle Trump à préserver l’accord nucléaire iranien». Car «nucléaire: Trump pourrait remettre en cause l’accord avec l’Iran» Comme le déplore une caricature du Courrier International «Iran-Etats-Unis, Donald Trump joue avec le feu».

Enfin, Greenpeace n’a pas hésité à utiliser la décision du comité Nobel pour cibler la France: «Le #NobelPeacePrize a été décerné à @nuclearban! La France continuera-t-elle à faire la sourde oreille?».

Slate.fr

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