Égalités / Monde

La solution des conservateurs au cas Weinstein: bannir les réunions entre hommes et femmes

Temps de lecture : 2 min

Leur logique est que seule une société plus prude et conservatrice peut protéger les femmes d'agressions sexuelles.

Interdit aux femmes | QUINN DOMBROWSKI via Flickr CC License by
Interdit aux femmes | QUINN DOMBROWSKI via Flickr CC License by

En mars dernier, la presse américaine avait beaucoup commenté une interview du vice-président Mike Pence datant de 2002 dans laquelle il expliquait que ses interactions avec les femmes étaient encadrées par des règles strictes. Pence ne dîne jamais seul avec une personne du sexe opposé, ne va jamais à une soirée alcoolisée sans sa femme et préfère avoir un assistant homme s'il faut travailler jusqu'à tard le soir.

Il s'agit de règles de vie assez communes dans le milieu des chrétiens évangéliques conservateurs, mais pour de nombreux Américains, ce genre de pratique est ridiculement rétrograde.

Suite aux récentes révélations sur le producteur Harvey Weinstein, qui est accusé de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel par trente femmes, certains ont ressorti cette règle de non mixité comme une solution miracle.

Sebastien Gorka, un ancien conseiller de Donald Trump à la Maison Blanche (limogé en août 2017), a tweeté:

«Réfléchissez. Si Weinstein avait obéi aux règles du vice-président Pense sur les interactions avec le sexe opposé, aucune de ces pauvres femmes n'aurait jamais été abusée».

De même, le bloggeur Erick Ericksson:

«Mike Pence n'aurait jamais pu être accusé de vouloir avoir des relations sexuelles extraconjugales dans ce genre de situation car il évite de se mettre dans ce genre de situation.»

Un frein pour les femmes?

Un des problèmes de cette «solution» est qu'elle présuppose que les hommes sont incapables de contrôler leurs pulsions en présence d'une femme. Elle implique aussi étrangement que tous les hommes sont un peu comme Weinstein, qui est accusé, entre autres, de se jeter sur les femmes et de se masturber devant elles.

Or, ce genre de séparation des sexes –commun dans certaines sociétés ultraconservatrices– n'est en général pas un atout pour l'avancement professionnel des femmes. Si un patron limitait systématiquement les tête-à-tête avec ses employées femmes, cela pourrait être un frein pour la carrière de celles-ci.

Bref, le problème n'est probablement pas que la société américaine encourage trop les réunions entre hommes et femmes, comme le résume bien la journaliste Susan Hennessey:

«Si la seule chose qui vous empêche d'agresser sexuellement quelqu'un est le fait qu'il y a d'autres gens dans la pièce, s'il-vous-plaît, demandez de l'aide à un professionnel.»

Slate.fr

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