Culture

Pendant des années, Hollywood préférait rire d'Harvey Weinstein que d'en parler

Temps de lecture : 2 min

Le comportement du producteur, accusé de viols et d'agressions sexuelles, avait déjà fait l'objet de plusieurs allusions.

Harvey Weinstein au Festival de Cannes, le 22 mai 2015. LOIC VENANCE / AFP
Harvey Weinstein au Festival de Cannes, le 22 mai 2015. LOIC VENANCE / AFP

Les langues se délient. Après la publication des enquêtes du New York Times et du New Yorker, grandes et moins grandes actrices s'expriment enfin et accusent le producteur Harvey Weinstein de viols et d'agressions sexuelles. Avec, en toile de fond, cette idée que dans le milieu, tout le monde savait mais, pétrifiés par la peur que leur inspirait le puissant mogul, aucun n'osait le dénoncer publiquement. Si en parler, c'était compliqué, en rire l'était moins. La réputation de Weinstein le précédait et fut parfois sujette à plaisanteries entre initiés, comme le rappelle le Washington Post.

Dès les années 2000, Entourage, série HBO parodiant Hollywood, mettait en scène un certain Harvey Weingard. Pas de blague sur son comportements avec les femmes, mais la description d'un producteur extrêmement influent, assez peu porté sur le self-control et capable de détruire ce et ceux qui lui résistaient.

Capture

Sur NBC, la série 30 Rock y fera aussi allusion. Le personnage de Jenna Maroney, incarnée par Jane Krakoswki explique dans une réplique:

« Je n'ai peur de personne dans le show bizz. J'ai refusé des relations sexuelles à Harvey Weinstein pas moins de trois fois… sur cinq.»

En 2003, c'est la profession qui se marre. L'épisode est raconté dans la longue enquête du New Yorker. Chargé de désigner les nominées pour l'Oscar du meilleur second rôle féminin, Seth MacFarlane annonce: «Félicitations à vous cinq, mesdames. Vous n'aurez plus à prétendre être attirées par Harvey Weinstein.»

Depuis les révélations des deux journaux new-yorkais, l'Amérique a beaucoup moins envie d'en rire, le «Saturday Night Live» ayant préféré éviter le vannes sur le sujet. Même si Jimmy Kimmel, lui, s'est permis une blague lors de son monologue, lundi soir. Mais il avait une bonne raison: le président des États-Unis. Persuadé que les late shows, vendus selon lui au camp démocrate, n'oseraient pas rire de la chute d'un producteur parmi les plus gros donateurs d'Hillary Clinton et de Barack Obama, Donald Trump –ainsi que son fils aîné Donald Trump Jr– avaient provoqué Kimmel sur le réseau.

Newsletters

«Venom 2»: ils ont quand même réussi à faire pire que le premier

«Venom 2»: ils ont quand même réussi à faire pire que le premier

L'ennemi de Spider-Man, qui s'est retrouvé par miracle star de son propre film, a droit aujourd'hui à une suite. Et c'est comme l'adolescence, un peu moche, bête et pas toujours satisfaisant. 

«First Cow», un autre monde d'aventures est possible

«First Cow», un autre monde d'aventures est possible

À la fois intense et doux, le nouveau film de Kelly Reichardt explore dans un univers de western sauvage les voies d'une étonnante amitié entre deux hommes.

Netflix vous cache certaines parties de «Seinfeld»

Netflix vous cache certaines parties de «Seinfeld»

Pourra-t-on un jour revoir les célèbres baskets de Jerry?

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio