Égalités / Monde

Cet élu républicain anti-avortement avait demandé à sa maîtresse d'avorter

Temps de lecture : 2 min

Le représentant au Congrès Tim Murphy est au cœur de la polémique.

Des manifestants anti-avortement le 27 janvier 2017 à Washington. ZACH GIBSON/AFP
Des manifestants anti-avortement le 27 janvier 2017 à Washington. ZACH GIBSON/AFP

En tant que représentant de la Pennsylvanie à la Chambre des représentants, Tim Murphy vote systématiquement pour limiter l'accès à l'avortement. En janvier 2017, il célébrait le vote d'une proposition de loi interdisant les financements publics pour l'IVG, se disant plein d'espoir que «notre nation honorera la vie dès le moment de la conception».

Or, il s'avère qu'environ une semaine avant cette déclaration, Murphy demandait à sa maîtresse d'avorter. Le quotidien Pittsburgh Post-Gazette vient de publier les textos gênants de Shannon Edwards, qui réagit à un message anti-avortement que Murphy avait posté sur Facebook:

«Tu n'as aucun droit de poster tes positions pro-vie partout alors que tu n'hésitais pas à me demander d'avorter notre futur enfant la semaine dernière.»

Il avait rétorqué que c'était son équipe, et pas lui, qui était à l'origine des posts anti-avortement. Mais après cet échange, il a continué de publier des communiqués célébrant son combat pour la «vie»:

«Nous devons encourager et donner priorité à l'adoption et offrir de la compassion et des prières pour les mères et les pères qui sont en difficulté au sujet de ces questions de vie.»

Des précédents

C'est le deuxième scandale en un mois pour Tim Murphy, qui avait d'abord dû admettre avoir eu une maîtresse (qui n'était au final pas enceinte). Il vient d'annoncer que dans ces circonstances, il ne serait pas candidat aux élections de 2018.

Il vient aussi de soutenir un autre projet de loi interdisant l'avortement après vingt semaines, et qui rendrait passible de prison le fait de procurer un IVG au deuxième trimestre.

Comme le note le Washington Post, ce n'est pas la première fois que la vie d'un élu conservateur ne correspond pas à ses prises de position idéologiques. Scott DesJarlais, un député républicain anti-avortement, avait fait pression sur son ex-femme et sa maîtresse pour qu'elles avortent. Malgré le scandale, il avait été réélu.

Et dans le Dakota du Nord, un élu local qui avait toujours voté contre les droits des homosexuels, passait par ailleurs son temps à envoyer des photos sur l'appli de rencontre gay Grindr. Il avait fait son coming out peu après l'incident.

Slate.fr

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