Boire & manger

À Paris, six bonnes adresses gourmandes à découvrir

Nicolas de Rabaudy, mis à jour le 08.10.2017 à 10 h 59

Petit tour d'horizon pour goûter à la qualité à bon prix.

L'Orangerie © les restos.com

L'Orangerie © les restos.com

La crise larvée épargne les bonnes adresses gourmandes qui ont su fidéliser une clientèle de connaisseurs et offrir des additions justifiées. Voici une sélection de six tables à partir de 20 euros.

1.L’Orangerieau Four Seasons George V

Le palace cher au producteur légendaire Darryl F. Zanuck a désormais quatre restaurants: le Cinq, trois étoiles, le George italien étoilé, la Galerie service non stop, et l’Orangerie étoilée, ouverte sur le patio où l’on peut servir une vingtaine de couverts.

David Bizet et Maxime Frédéric à l'Orangerie

José Silva, directeur général, venu des Bergues Four Seasons à Genève, a promu un chef de qualité, David Bizet, formé au Taillevent par Philippe Legendre qu’il a suivi au Cinq aux côtés d’Éric Briffard double étoilé, parti enseigner l’art culinaire à l’école Cordon Bleu.

C’est le bon choix, idéal même, pour les fins palais qui fréquentent le George V car David Bizet sait personnaliser sa carte et renouveler sa palette. On n’a pas oublié sa mousseline de pommes de terre aux lamelles de truffes et, cet automne, au déjeuner, le crabe royal au citron, l’œuf de poule fumé au caviar, une rareté absolue, la poulette du Perche rôtie aux tomates anciennes parfumées à la Chartreuse verte ou le pigeon en croûte de son aux navets et olives noires qui sont au niveau des deux étoiles –ce chef très doué a un sens inné des garnitures et des saveurs adéquates. Son travail respire le talent et une juste créativité.

À l'Orangerie, carpaccio de bar mariné, fenouil et asperges © lesrestos.com

Au menu dégustation, cinq assiettes: langoustines, bar mariné, turbot aux coquillages, agneau de lait et fleur de vacherin du pâtissier Maxime Frédéric rivalisent sans mal avec le style très recherché du chef voisin Christian Le Squer au Cinq, sans pastiche ni prétention. Et l’addition à l’Orangerie est moins somptueuse.

À l'Orangerie, fleur de vacherin © lesrestos.com

Décidément, le George V est devenu une sorte de conservatoire vivant de la haute cuisine française. L’Italien Simone Zanoni, en face, est un maestro éblouissant (menu imbattable à 60 euros). Verra-t-on en février six étoiles aux trois tables du palace? Un défi et un record en vue?

• 31, avenue George V 75008 Paris. Tél.: 01 49 52 71 54. Menu au déjeuner à 75 euros, menu dégustation à 125 euros. Carte de 95 à 125 euros. Pas de fermeture.

2.Dépôt Légal

Le très bon pâtissier Christophe Adam (ex-Fauchon) a inventé un lieu de plaisirs gourmands tout près du Palais Royal: au petit déjeuner, café et tartine à la confiture (5 euros), au craquage d’avant-repas, pain brioché au crabe (11 euros), carpaccio de bœuf à la truffe d’été et caviar (12 euros).

Restaurant Dépôt Légal © Ph. Vaure

Et aux deux repas, croque-monsieur truffé (12 euros), Big toasté au poulet (12 euros), Big Black au saumon fumé (14 euros). Tout cela est appétissant et enrichi de «frais dans l’assiette» grâce la burrata crémeuse de printemps à la vinaigrette (14 euros), le ceviche de daurade au citron vert (14 euros) ou le thon à la mangue, riz et gingembre (17 euros).

C’est plein toute la journée, et les desserts sont dignes d’un étoilé Michelin: pêche Melba, vacherin à la vanille, glaces maison sur place ou à emporter (8 euros), gâteau aux amandes sans gluten (8 euros).

Au Dépôt Légal, crabe, eau de tomate verte © Christophe Adam

Les vins proviennent des Caves Legrand tout à côté: aligoté de Bourgogne 2014 (6,50 euros le verre) ou le Bordeaux Puy Arnaud 2014 (6,50 euros).

Expresso (2,50 euros), chocolat chaud viennois (4,50 euros). On reste sidéré par l’offre gourmande des préparations et les prix décents, champagne Mercier (9 euros). Qui dit mieux à deux pas du Palais Royal?

• 6, rue des Petits Champs 75002 Paris. Tél.: 01 42 61 67 07. Brunch le dimanche à 29 euros (de 11 h à 16 h). Spécial Kids à 10 euros. Pas de fermeture.

3.Alan Geaam

Ce chef autodidacte d’origine libanaise a succédé à Akrame, né à Oran, double étoilé dans cette salle à manger confortable et plaisante. Une carte courte de cinq à six plats répartis en trois menus (de 40 à 80 euros), et des desserts bien tournés du pâtissier Julien Noray récompensé aux championnats de France de Pâtisserie 2017.

On débute par de la chair de tourteau au chou-fleur ou du foie gras à la pêche ou verveine, aguichants accompagnements. Puis voici le homard breton aux carottes multicolores et le mignon de veau escorté d’un tian de légumes au jus. On termine par du raisin verjus et une crème fumée ou une figue noire au chocolat.

Chez Alan Geaam, pigeon, mélasse de grenade et céleri

Cette première salve de plats originaux et variés laisse augurer d’un talent certain. Il faudra que ce chef courageux présente une carte plus abondante et des menus végétariens –si ça lui plaît– pour que l’on puisse juger de son avenir. Il faut un ensemble plus fourni. La table, c’est de la créativité dominée et de la générosité.

• 19, rue Lauriston 75016 Paris. Tél.: 01 45 01 72 97. Menus Saveur au déjeuner à 40 euros (accord mets et vins + 25 euros), Découverte à 60 euros (accord mets et vins + 40 euros) et Signature à 80 euros (accord mets et vins + 50 euros). Fermé dimanche et lundi.

4.Chez la Vieille (Adrienne)

Un chef de Chicago, Daniel Rose, a réanimé ce bistrot mythique des Halles dont Adrienne Biasin a fait dans les années 1960-1980 un lieu de vie et de bonne chère au cœur du Vieux Paris.

En cuisine, le propriétaire, souvent au Coucou à New York, a confié les fourneaux à Oleg Olexin, un chef ukrainien, pénétré de la cuisine canaille: langue de veau sauve ravigote (11 euros), cabillaud, fenouil et courgette (21 euros), lentilles au foie gras (14 euros). Il a conservé des classiques d’Adrienne : la goûteuse terrine de campagne (11 euros), le bouillon corsé aux nouilles (13 euros) et la fameuse crème caramel (6 euros).

Bouillon corsé aux nouilles Chez la Vieille

À la tradition si parisienne, le chef francophile a ajouté le boudin basque et poivrons (12 euros), l’agneau aux pois chiches (21 euros), la lotte en bourride (23 euros) et le poulet Célestine (21 euros), une assiette abondante.

Poulet Célestine Chez la Vieille

La Vieille connaît une heureuse résurrection, le bistrot est plein aux deux services. Les prix sont doux et l’ambiance chaleureuse, bistrotière à souhait. Ces nourritures bien mitonnées sont éternelles – et rares. Tempranillo au verre (6 euros).

• 1, rue Bailleul, angle de l’Arbre Sec 75001 Paris. Tél. : 01 42 60 15 78. Carte de 40 à 60 euros. Fermé dimanche et lundi.

5.La Terrasse Mirabeau

À deux pas de la Porte d’Auteuil, ce restaurant ouvert sur la place éponyme est bien mieux qu’une table de quartier pour gourmets du XVIe arrondissement. C’est que le chef patron, Pierre Négrevergne, passé par chez Rostang, deux étoiles éternelles à Paris (75007), concocte quelques plats d’anthologie dont le pâté en croûte au canard sauvage et foie gras primé au championnat du monde 2015 (au menu). Il faut aller goûter cette merveille de la charcuterie française si rare à Paris sauf à la Brasserie Gallopin (17 euros) dans le 2e arrondissement.

Pour suivre, la cocotte de légumes fermiers vapeur à l’huile d’olive, le risotto Arborio crémeux aux gambas, l’aile de raie au beurre blanc, la sole meunière, purée à l’huile d’olive, ou la banquette de veau et le riz basmati ou encore le bœuf normand aux échalotes et gratin dauphinois.

À la Terrasse Mirabeau, tarte aux légumes, crème d'avocat et feta de Limnos

De la vraie cuisine bourgeoise, complétée par le millefeuille à la crème au citron, la tarte aux figues de Solliès cuite au moment et le soufflé chaud au caramel et beurre salé. On comprend le succès continu de cette Terrasse à noter sur vos tablettes. Vins maison de Provence, rouges et rosés en carafe.

• 5 place de Barcelone 75016 Paris. Tél. : 01 42 24 41 51. Formule à 29 euros et menu à 36 euros. Fermé samedi et dimanche.

6.Marcella

Voilà une trattoria basique menée par le chef Massimo Curti qui affiche un ensemble de classiques de la Botte, de la pizza à la tomate aux antipasti de légumes à l’huile d’olive (7 euros), le vrai vitello tonnato sauce au thon (12 euros) et la burrata à la truffe et roquette (16 euros) et le jambon de Parme bien salé (16 euros).

À cela s’ajoutent un bouquet de pâtes: les pennette al pomodoro e basilico (13 euros), les fettucce all’amatriciana fumée à la viande de cochon (15 euros) et les linguine aux gambas et bisque au basilic (21 euros). Aussi l’escalope de volaille à la milanaise (18,50 euros)… tout cela sans génie, mais bien tourné. Portions généreuses pour 20 euros.

Au restaurant Marcella, vitello tonnato © lesrestos.com

Parmi les dolci, les gâteries, le tiramisu maison (8,50 euros), la mousse au chocolat et crème de noisette (8 euros), la pannacotta aux agrumes (6,50 euros). Pinot gris frais (5 euros le verre). Bon café de là-bas. Terrasse.

• 1, boulevard de Courcelles 75008 Paris. Tél. : 01 40 08 08 25. Pasta du jour (14 euros). Carte de 28 à 45 euros. Fermé dimanche soir.

Nicolas de Rabaudy
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