SportsMonde

Des écoles américaines interdisent à leurs élèves de poser un genou à terre

Repéré par Camille Jourdan, mis à jour le 01.10.2017 à 18 h 47

Repéré sur New York Times

Plusieurs directeurs d'écoles ont averti leurs élèves qu'il était hors de question que ceux-ci imitent le geste des joueurs de la NFL, en contestation au racisme et à l'Amérique de Trump.

Le n°13 des Buccaneers de Tampa Bay  Mike Evans, et le n°11 DeSean Jackson, posent un genou à terre  pendant l'hymmne national avant le match contre les Vikings du Minnesota le 24 septembre 2017 à l'US Banks Stadium, à Minneapolis, Minnesota. © Hannah Foslien / Getty Images / AFP

Le n°13 des Buccaneers de Tampa Bay Mike Evans, et le n°11 DeSean Jackson, posent un genou à terre pendant l'hymmne national avant le match contre les Vikings du Minnesota le 24 septembre 2017 à l'US Banks Stadium, à Minneapolis, Minnesota. © Hannah Foslien / Getty Images / AFP

Le 24 septembre dernier, 150 joueurs de la National Football League (NFL) ont posé un genou à terre pendant l'hymne national. Le but? Protester contre les insultes de Donald Trump à l'égard de ce geste qui vise à dénoncer les violences racistes du pays. D'autres athlètes ont imité les footballeurs dans les jours qui ont suivi, mais aussi des artistes, des chanteurs ou encore des acteurs.

Certains lycées ont donc peur que ce geste - pourtant pacifiste - ne franchisse leurs portes. Avant les matches de football, les étudiants, comme les joueurs professionels, sont en effet censés se tenir debout, la main sur le coeur, pendant que résonne l'hymne national. Et pour certains directeurs d'écoles, il semble hors de question que leurs élèves s'amusent à poser un genou à terre, rapporte le New York Times.

La Direction d'une école catholique à Long Island a ainsi menacé de «sanction disciplinaire sérieuse» quiconque s'agenouillerait avant les événements sportifs. Idem du côté de la Louisiane, où un directeur a prévenu ses élèves dans une lettre que s'est procurée le New York Times:

«C'est un choix, pour les étudiants, de participer à des activités extrascolaires, pas un droit.»

En Louisiane également, le principal de la Parkway High School abonde en ce sens et prévoit des sanctions si ses étudiants décident de participer au mouvement «take a knee»:

«Le non respect de cette règle pourra entraîner une baisse du temps passé sur le terrain et/ou une suspension, selon ce que décideront l'entraîneur et le principal. Le non respect continu de cette règle pourra entraîner une exclusion de l'équipe.»

 

 

 

 

 

 

Une interdiction inconstitutionnelle

«C'est absurde et inconstitutionnel», s'insurge la version américaine de Slate. Le site rappelle que le Premier Amendement de la Constitution américaine, qui sanctuarise la liberté d'expression, s'applique également aux élèves d'une école. La Cour Suprême l'a même énoncé à plusieurs reprises, la première fois en 1943, dans un arrêt qui affirmait que les «étudiants ne pouvaient être forcés à saluer le drapeau des États-Unis ou à réciter le Serment d'Allégiance si cela entrait en contradiction avec leurs convictions religieuses», résume le New York Times. L'institution en remet une couche en 1969, alors qu'une école avait suspendu plusieurs élèves pour avoir porté des brassards blancs pour protester contre la guerre du Vietnam. La Cour répète alors que les étudiants ne perdent pas leurs droits constitutionnels de liberté d'expression à la porte de l'école.

Le journal new yorkais note cependant que les écoles privées disposent d'un peu plus de flexibilité, ce qui permet à certaines de clamer que «la liberté d'expression sous toutes ses formes, y compris les protestations, n'est pas un droit garanti» dans leurs institutions non publiques.

Heureusement, d'autres directeurs semblent avoir l'esprit moins étriqué. Sur son site, la National Public Radio évoque le District Scolaire Indépendant de Houston (HSID), qui a adressé une déclaration à ses étudiants:

«Lors des événements sportifs de la HISD, il est de tradition, au début des compétitions, que les participants et les supporters se lèvent en l'honneur du drapeau américain, tandis que se joue l'hymne national. Mais HISD protège également le droit des étudiants-athlètes, comme il est explicité dans son règlement, de ne pas participer à cette tradition.»

 

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