Tech & internet

Elle demande à Tinder toutes les données que l'appli possède sur elle (et a été choquée du résultat)

Temps de lecture : 2 min

L'application de rencontres lui a envoyé 800 pages de données.

LIONEL BONAVENTURE / AFP
LIONEL BONAVENTURE / AFP

«L'application de rencontres me connaît mieux que je ne me connais, et cette masse d'informations privées n'est que la partie immergée de l'iceberg. Et si mes données étaient piratées ou vendues?», s'inquiète la journaliste Judith Duportail dans un article du Guardian.

À 21h24 et une seconde précises, le soir du mercredi 18 décembre 2013, dans le deuxième arrondissement de Paris, Judith envoie «Hello!» à son tout premier match Tinder. Depuis cet instant, elle a lancé son appli 920 fois, envoyé 1.700 messages, matché avec 870 hommes. Elle se souvient de ceux avec qui elle est sortie, de ceux devenus ses amis, de ses premiers rendez-vous foireux. Tous les autres, elle les a oubliés. Mais pas Tinder.

«L'appli a 800 pages d'informations sur moi, et probablement sur vous aussi si vous êtes l'un de ses 50 millions d'utilisateurs, écrit Judith Duportail. Avec l'aide de l'activiste pour la protection de la vie privée, Paul-Olivier Dehaye de personaldata.io, et de l'avocat des droits humains Ravi Naik, j'ai envoyé un e-mail à Tinder pour leur demander l'accès à mes données personnelles. J'ai reçu bien plus que ce à quoi je m'attendais.»

Les 800 pages contiennent des éléments comme ce qu'elle a liké sur Facebook, ses photos Instagram (même après qu'elle a supprimé son compte), sa formation scolaire, ses emplois, ses centres d'intérêt, ses goûts musicaux et culinaires, la tranche d'âge des hommes qui l'intéressait, le nombre de connexions à l'application, où et quand elle était lors de chaque conversation en ligne avec chacun de ses matchs, etc. Et surtout le détail de tous ses messages les plus intimes.

«Facebook a des milliers de pages sur vous!»

Elle réalise alors l'ampleur de tout ce qu'elle a communiqué de son plein gré à l'application, et qu'elle est loin d'être la seule concernée: en juillet 2017, une étude a révélé que les usagers de Tinder étaient excessivement disposés à fournir des informations sans s'en rendre compte.

La journaliste interroge Olivier Keyes, «data scientist» –scientifique expert en analyse de données– à l'université de Washington, et Luke Stark, sociologue spécialisé en technologie numérique au Dartmouth College.

«Je suis horrifié mais absolument pas surpris par cette quantité de données. Chaque application que vous utilisez régulièrement sur votre téléphone possède le même type d'informations. Facebook a des milliers de pages sur vous!», répond le premier.

«Les applications comme Tinder jouent sur un phénomène émotionnel simple: nous ne pouvons pas percevoir les données. C'est pourquoi le fait de les voir noir sur blanc vous frappe», explique le second.

En lisant les messages échangés avec ses matchs, Judith a l'impression de s'auto-explorer: ses espoirs, ses craintes, ses préférences sexuelles, ses secrets les plus profonds... Tinder connaît toutes les versions d'elle-même, y compris les moins glorieuses comme celle «qui a copié-collé la même blague aux matchs 567, 568 et 569, qui a chatté frénétiquement avec seize personnes en même temps un jour de Nouvel An avant de toutes les ghoster». Et vous?

La suite de l'article est à lire sur le site du Guardian.

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