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N'est pas nazi qui veut!

Laurent Sagalovitsch, mis à jour le 25.09.2017 à 12 h 49

[BLOG] Ce fut le week-end des longs couteaux: de Mélenchon à Pénicaud en passant par l'Allemagne, il y a eu du nazi à tort et à travers.

Nazi puppets cc BY Jason M Ramos via flickr

Nazi puppets cc BY Jason M Ramos via flickr

Moi qui possède une très légère tendance à voir des nazis partout, qui ne monte jamais dans un train avant d'avoir pris une douche, qui boycotte mon boulanger depuis qu'il s'est lancé dans la confection de petits fours, j'avoue avoir été gâté ce week-end.

D'abord, il y eut Jean-Luc Mélenchon, qui dans une grande envolée lyrique dont il a seul le secret, crut bon de renvoyer dans ses cordes le gouvernement par l'évocation d'une rue omnisciente capable d'abattre pêle-mêle «les rois, les nazis, les généraux félons de la guerre d'Algérie, Juppé et le CPE» oubliant au passage d'évoquer cette même rue transie d'admiration qui naguère salua comme il se doit de valeureux Stéphanois vaincus la veille par des nazillons en culotte courte mais passons —il est vrai que cette rue-là n'abattit personne si ce n'est de funestes poteaux carrés.

Les nazis, donc. Sauf que non, pas vraiment. Ce fut la rue allemande qui les porta au pouvoir, ce fut la rue allemande qui les plébiscita, ce fut la rue allemande, la rue hystérique, la rue vitupératrice, la rue antisémite qui les acclama à Nuremberg et un peu partout en Allemagne. L'immonde rue allemande, l'immonde populace allemande, l'immonde vermine nazie que Hitler fit marcher au pas pour ensanglanter toute l'Europe.

La rue se rebella une seule fois contre le régime nazi, ce fut quand on décida, après Stalingrad, de déporter les hommes de confession juive mariés à des femmes allemandes. Alors la Rosenstraße gronda, alors la rue se rassembla, alors la rue manifesta et le pouvoir, effrayé par un possible effet de contagion, recula.

Pour le reste, on repassera.

Ce qui s'appelle prendre les gens pour des truffes

Suite à cette petite distorsion ou approximation ou raccourci historique —c'est selon— le gouvernement tint à nous prouver qu'il pouvait être lui aussi, comme tous ses augustes prédécesseurs, d'une mauvaise foi sans nom, Madame Pénicaud en tête qui jura sur la tête de ses stock-options dûment gagnées à la sueur de son front, combien elle avait pu être choquée, oui choquée, heurtée même, oui heurtée, qu'on puisse mettre sur le même plan «les nazis, les démocrates, les républicains».

Ce qui s'appelle prendre les gens pour des truffes. Pour des grosses truffes mêmes. Pour des énormes truffes même.

Quand on s’aperçoit que les élites de notre société civile peuvent être aussi démagogues, inconsistantes, aberrantes de bêtise que les pires caciques de notre ancienne classe politique. Pour l'honnêteté et la rectitude intellectuelle, évidemment, on repassera. A moins que madame la ministre du Travail ne fut réellement sincère, auquel cas on lui recommandera la lecture de quelques ouvrages de sémantique, histoire d'apprendre à contextualiser le verbatim d'un discours.

Enfin on termina ce glorieux week-end sur une note encore plus enthousiasmante, fort de l'entrée au parlement allemand d'une tripotée de députés nationalistes ouvertement racistes et xénophobes.

Avec à leur tête une femme épatante du nom d'Alice Weidel, dont la petite histoire se souviendra de ses amours lesbiens avec une femme d'origine sri-lankaise —modèle de famille allemande propre sur elle— mère de deux enfants élevés en Suisse, croustillante biographie qui à elle seule ruina le dimanche des fantômes de Goebbels et de Himmler réunis, atterrés de voir leurs lointains successeurs se choisir comme chef une personnalité aussi décadente.

Décidément, tout fout vraiment le camp, si même en Allemagne, on n'est plus capable d'entretenir la flamme du nazisme sans se renier.

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Laurent Sagalovitsch
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