Monde

Pourquoi les gens dépensent plus quand ils sont en vacances

Temps de lecture : 2 min

Si nous regardons moins à la dépense lorsque nous sommes en vacances, ce n'est pas uniquement pour compenser le fait d'avoir économisé toute l'année dans ce but.

Money makes the world go round | Peter-Ashley Jackson via Flickr CC License by
Money makes the world go round | Peter-Ashley Jackson via Flickr CC License by

Comparer les boîtes de conserve au centime près pour finir par acheter n'importe quoi une fois en vacances: si ce n'est pas votre façon de faire, jetez-moi la première pierre. Lorsque nous devenons des touristes, nous sommes soudain moins regardants sur nos dépenses, parfois de façon assez ahurissante. D'après cet article de la BBC, 74% des Américains affirment s'être endettés de plus de 1.100 dollars (environ 920 euros) au cours de leurs dernières vacances. Une autre étude a montré que les touristes britanniques étaient pris d'une folie dépensière avant même d'atteindre leur lieu de villégiature, dépensant autant avant de partir (du duty-free au renouvellement de la garde-robe) que sur place.

On peut évidemment expliquer ce besoin de dépenser sans compter (à des degrés différents en fonction des moyens de chacun) par un désir de profiter de ses vacances en disant non aux contraintes du quotidien. Mais d'autres raisons viendraient également expliquer que les vacanciers et vacancières sortent leur portefeuille à tout bout de champ.

En cas de voyage dans un pays utilisant une autre monnaie que la sienne, le changement de devise a tout pour être fatal, explique Klaus Wertenbroch, professeur de marketing dans une école de commerce singapourienne. Manier quotidiennement des billets portant des valeurs plus élevées que celles qu'on manipule habituellement, c'est être soudain gagné par un sentiment de richesse et de toute-puissance évidemment factice. L'article de la BBC donne l'exemple du dollar canadien, qui vaut plus de dix mille roupies indonésiennes. Comment résister au plaisir de dépenser des sommes à cinq chiffres.

Pour dépenser plus tout en essayant de se convaincre qu'ils restent raisonnables, de nombreux touristes procéderaient aussi à une sorte d'auto-manipulation mentale. Par exemple, s'ils se fixent un budget quotidien pour les vacances, mais finissent par dépasser ce budget au cours d'une sortie au restaurant, ils classent cette dépense supplémentaire dans la colonne «repas» afin de se déculpabiliser. D'autres se montreraient plutôt raisonnables durant toute la semaine avant de claquer tout le budget restant pendant la dernière journée, façon d'oublier qu'ils devront bientôt quitter les lieux pour rentrer chez eux. Rentrer de vacances avec de l'argent dans les poches donnerait l'impression de ne pas en avoir suffisamment profité.

It's now or never

Ces différents types de réactions participent à l'effet nommé «maintenant ou jamais» par Deepak Chhabra, professeur spécialisé en tourisme à l'Université d'Arizona. Les vacances accroîtraient notre façon de n'envisager la vie qu'à court terme, ce qui tend à faire de nous des personnes moins économes. Pour éviter les surcoûts, les spécialistes recommandent de se familiariser le plus tôt possible à la monnaie que l'on utilisera lors de ses vacances à l'étranger, mais aussi de gérer sa semaine de vacances comme on gère sa vie quotidienne (ce qui est d'une tristesse abyssale).

Le dernier truc semble légèrement plus réaliste: prendre ses billets d'avion ou de train trop longtemps à l'avance nous ferait oublier combien ils ont coûté et nous pousserait donc à dépenser davantage sur les lieux, sans prendre conscience que le budget total du voyage a sacrément enflé par rapport à nos prévisions. Réserver si possible son voyage peu avant de l'effectuer permettrait au contraire de garder un pied dans le réel et de ne pas s'enflammer en enchaînant les pintes de mojitos et en dévalisant les magasins de souvenirs.

Slate.fr

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