Allemagne

En Allemagne, des applis pour aider les électeurs indécis

Annabelle Georgen, mis à jour le 23.09.2017 à 17 h 07

Les électeurs se voient proposer de nombreuses applications pour les aider à y voir plus clair parmi les programmes des 42 partis politiques qui se présentent aux élections fédérales. Quitte à avoir l'embarras du choix!

La façade de verre du Bundestag, Berlin, le 19 septembre 2017. TOBIAS SCHWARZ / AFP.

La façade de verre du Bundestag, Berlin, le 19 septembre 2017. TOBIAS SCHWARZ / AFP.

Le 24 septembre 2017, les électeurs allemands sont appelés aux urnes pour renouveler le Bundestag. Si les trois-quarts d'entre eux savent déjà à quel parti ils donneront leur voix, selon un sondage paru vendredi dans le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, les indécis peuvent toujours avoir recours à l'une des nombreuses applications conçues pour les aider à s'orienter, de la plus sérieuse à la plus délirante.

La plupart d'entre-elles ont pour modèle le célèbre «Wahl-O-Mat», un questionnaire en ligne proposé par la BpB, l'Agence fédérale allemande pour l'éducation politique. En répondant à 38 questions portant sur des thématiques aussi variées que la vente d'armes à l'étranger, l'accueil des réfugiés, les énergies renouvelables, la légalisation du cannabis, les limitations de vitesse sur l'autoroute, les aides à la Grèce ou encore la vidéosurveillance, les internautes peuvent se faire rapidement une idée du ou des partis politiques qui leur correspondent le plus. Leurs réponses («d'accord», «sans opinion», «pas d'accord») sont croisées avec celles que 32 partis, parmi les 42 autorisés à se présenter aux élections fédérales cette année, ont transmis à la BpB. À l'issue du test, la concordance entre les opinions de l'utilisateur et celles des partis est affichée en pourcentages.

Ce service est proposé depuis 2002 aux électeurs allemands et est devenu un outil incontournable pour nombre d'entre eux et il permettrait d'ailleurs de limiter l'abstention. Selon une étude de la BpB, 4 à 6% de ses utilisateurs se rendent à l'isoloir alors qu'au départ ils ne comptaient pas aller voter. Lors des dernières élections au Bundestag, en 2013, plus de 13 millions d'internautes ont utilisé le «Wahl-O-Mat». Il est plébiscité par les jeunes: un tiers de ses utilisateurs ont moins de 30 ans.

Un Tinder pour trouver son député

L'application «Wahl-Swiper» vise justement un jeune électorat: conçue à la manière de la célèbre application de drague «Tinder», elle promet à ses utilisateurs de les «matcher avec [leur] parti». En lieu et place de photos d'inconnus, des questions axées sur des sujets plus susceptibles d'intéresser les jeunes que celles, assez générales, du «Wahl-O-Mat»: «Est-ce que l'asile politique doit être accordé à Edward Snowden?», «Une armée commune aux États européens doit-elle être mise en place?», «Un revenu universel doit-il être mis en place?». Ces questions ont été validées au préalable par des politologues d'une université munichoise. Les utilisateurs peuvent répondre par oui ou par non en «swapant» à droite ou à gauche. Une fois le questionnaire terminé, ils reçoivent la liste des partis politiques dont les programmes électoraux correspondent le plus à leurs opinions.

 

 

Conçu lui aussi sur le modèle du «Wahl-O-Mat», le site deinWal.de («ta baleine», jeu de mots avec «Wahl», qui signifie «vote») propose aux utilisateurs de son quiz en ligne un tout autre concept: «Ici, les partis ne disent pas ce qu'ils voteraient sur un sujet. Ce qui compte ici, c'est ce qu'ils ont voté sur un sujet!». Le questionnaire se base sur un corpus de plus de 200 décisions qui ont été prises par les partis élus au Bundestag au cours des dernières années. Après répondu à 42 questions, les utilisateurs peuvent donc savoir quels sont les partis qui partagent réellement leur convictions, au-delà des promesses électorales.

Le juste prix

Autre nouvelle venue, l'application «Steuer-O-Mat» tente d'attirer les électeurs indécis en touchant une de leurs cordes sensibles: leur porte-monnaie! L'unique critère retenu par l'application est le volet fiscal des programmes électoraux des six principaux partis politiques allemands (CDU, SPD, FDP, Die Grünen, Die Linke, AfD). Les utilisateurs curieux de connaître l'incidence de l'arrivée au pouvoir de tel ou tel parti sur leur feuille d'impôts sont priés de rentrer trois informations les concernant dans le moteur de recherche de l'application: le montant brut de leurs revenus annuels, leur situation familiale et leur nombre d'enfants. Spoiler: quelle que soit la combinaison choisie, c'est le parti de gauche radicale Die Linke qui l'emporte à chaque fois.

 

Voter avec les oreilles

Le service de musique en streaming «Deezer» a lui lancé pour le fun un «Musik-O-Mat» qui permet aux internautes de comparer leurs goûts musicaux avec ceux des candidats en leur demandant de choisir parmi une brève liste leur chanson d'amour préférée ou leurs chansons idéales pour faire la fête, faire du sport ou encore celle qu'ils ont honte d'aimer. Une fois le test terminé, les affinités musicales des utilisateurs avec cinq grands partis allemands (CDU, SPD, FDP, Die Grünen, Die Linke) sont affichées en pourcentages.

Capture

tLes partis allemands ont également constitué des playlists à la demande de Deezer qu'il est possible d'écouter ici. Entre le tube planétaire «Happy», la pop allemande commerciale d'Helene Fischer et la Symphonie n°9 de Beethoven, le parti d'Angela Merkel ne fait pas vraiment dans l'originalité. Celui de son rival Martin Schulz est lui visiblement plus rock'n'roll et a le sens de l'humour puisqu'il a notamment choisi «Angie» des Rolling Stones et «Penny Lane» des Beatles.

Annabelle Georgen
Annabelle Georgen (344 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte