Culture

L'iPhone est devenu le jouet des artistes

Anne de Coninck, mis à jour le 03.01.2010 à 17 h 25

Photographies, dessins, musique... le smartphone d'Apple séduit les artistes. Une mode ou un phénomène durable?

L'année 2009 a été une marquée par une mini révolution presque passée inaperçue dans le monde de l'art. Mini par la taille de l'objet, l'instrument de cette révolution est l'iPhone. On le connaissait comme téléphone, console de jeu, baladeur, radio, GPS.... l'iPhone est en voie de devenir l'un des meilleurs outils pour créateurs du 21éme siècle, en réussissant à s'immiscer sur les palettes ou sur les gammes de toute une nouvelle génération d'artistes via ses applications ou non.

L'un des tout premier artiste a osé consacrer une exposition tissue de sa pratique de l'iPhone est Rob Pruitt. C'était en septembre 2008 autant dire avant hier, au rythme ou se développent les applications. Affirmant être totalement ignare face aux nouvelles technologies, l'Américain est passé à l'ère numérique en manipulant son iPhone. L'exposition de ses créations, du sol au plafond de la galerie Gavin Brown à SoHo, est un journal visuel. Autant d'instantanés pris avec son iPhone, qui revisitent au choix de l'Origine du Monde de Courbet aux images extrêmes de son quotidien.

L'art numérique n'est pas une nouveauté, loin de là. Apparu dans les années 70 parallèlement au développement de l'ordinateur individuel, il a peu à peu envahi les ateliers avant de s'exposer dans les galeries. La nouveauté réside dans l'objet lui même, tant par sa taille, ses possibilités  qui semblent infinies du moins par la grâce de ses applications. Son petit plus? toutes les générations sont séduites!

A 72 ans, David Hockney n'est pas un inconnu. Il est l'un des pionniers du pop art britannique et une star des salles de ventes. Son dernier record près de 8 millions de dollars en mai 2009 chez Christie's à New York. Le peintre a découvert l'iPhone, il y a un peu plus d'un an, un peu par hasard, en jouant avec celui du critique et universitaire Lawrence Weschler.  Très vite, il s'exerce en utilisant son pouce pour utiliser au mieux son «toy boy», acquérant une certaine agilité, arrivant au final à maitriser l'outil au point de proposer une exposition en avril à Londres, juste quatre mois après avoir mis la main sur l'iPhone. Même si David Hockney ne semble pas totalement convaincu par le résultat «les images semblent toujours meilleures sur l'écran qu'à la page.» Récusant le terme d'artiste numérique, il préfère plus modestement parler de «dessins pour imprimante» de sesréalisations: 10 paysages et 18 portraits créés a partir d'ordinateur, d'appareil photo et d'iPhone. Le résultat? un curieux mélange d'esquisses à l'ancienne et de réalisations hi tech.

L'année 2009 a été aussi celle de la première une de magazine réalisée entièrement à l'aide de l'iPhone. En juin, la couverture du magazine américain the New Yorker était signée par Jorge Colombo, un artiste portugais vivant à New York. Colombo utilise l'application Brushes qui donne à l'iPhone la vivacité d'une palette ... digitale, lui permettant de capturer la ville par esquisses ... , en restant en mouvement, en continuant à marcher par exemple. On peut croire qu'il regarde un email et bien non il crée. Même chose pour l'artiste anglais vivant a Berlin, Craig Robinson. Lui aussi il utilise l'iPhone un peu comme ses ainés artistes auraient pu utiliser des carnets, pour fixer dans l'instant une expression ou un trait. Artiste multi facettes, il explore la diversité de l'expression numérique au travers de dessins, de mini portraits, poussant jusqu'à la création d'une application via l'Apple store minipops.

Pour rassembler ces artistes, virtuoses de l'iPhone, une galerie virtuelle a été dessinée iCreated. Crée par un artiste David Scott Leibovitz et par un designer software. Une quarantaine d'œuvres d'artistes ont été rassemblées et offrent une vision très contrastée des talents divers promus par ce qui peut aussi servir de téléphone. Une sélection très internationale ou on retrouve un français Cédric Philippe et un artiste chilien vivant en France Patricio Villarroel.

La musique n'est pas en reste. Les musiciens sont aussi curieux des possibilités offertes par l'iPhone. The Stanford Mobile Phone Orchestra (MoPhO) a donné son premier concert public en janvier 2008. Son répertoire utilise les touches des téléphones mobiles comme autant de possibilités pour obtenir des sons et des variations de tons. Une démarche assez proche d'un autre orchestre de chambre, le Princeton Laptop Orchestra qui utilise lui toute la puissance des ordinateurs portables. Quelle que soit l'origine des sons, la polémique est lancée par des musiciens classiques sur cette forme ou non d'art. est titillée.

Seul regret, ne cherchez pas la femme dans cette démarche artistique et technologique pour le moment ce nouvel «artist toy» reste avant tout un «boy toy»! Dommage!

Anne de Coninck

Lire également: L'iPhone garde vos enfants à votre place et iPhone: la vraie star, c'est «l'app Store».

Image de Une: Minipops flipflopflyin.com/minipops/

Anne de Coninck
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