France / Économie

Comme à la maison

Temps de lecture : 4 min

Attendu par les professionnels du secteur et les citoyens de tous bords, le plan logement a été dévoilé par le gouvernement d’Edouard Philippe. Sans surprise, son accueil a été plus que controversé sur Twitter. Précarisation larvée ou relance tant attendue de la construction et baisse des coûts et des loyers?

The Interlace à Singapour | Buro Ole Scheeren
The Interlace à Singapour | Buro Ole Scheeren

Contenu Partenaire - Si quelques annonces avaient fuité ces dernières semaines (baisse des APL (Aides Personnalisées au Logement) de 5 euros) et provoqué un tollé, le cœur du dispositif logement concocté par le gouvernement a créé la surprise parmi les twittos. Il faut dire que c'est une des grandes faiblesses de l'économie française. Trop peu de constructions et d'offres, une pénurie, des loyers trop élevés pour les budgets des ménages et 42 milliards d'euros d'aides annuelles diverses de l'Etat, record d'Europe, d'une efficacité douteuse. Mais peut-on faire mieux avec moins...

Pour Julien Denormandie, Secrétaire d’état auprès du ministre de la cohésion des territoires chargé de déminer les éventuelles critiques, il s’agit maintenant de «construire plus, mieux et moins cher». Tout le monde sera d’accord sur le principe, ce sont plus les modalités qui font discuter Twitter. Pour commencer, les normes de constructions immobilières sont dans le viseur. «Annonces #Logement: aucune nouvelle norme pendant cinq ans. Aucune». Cette simplification fait sourire certains twittos comme Isabelle qui rapporte ainsi les indiscrétions du Canard Enchaîné concernant des propos de Macron: «#CanardEnchaîné #PlanLogement «les normes inutiles, voilà l’ennemi» a clamé «#Macron mais l’Élysée peine à trouver lesquelles #ChasseAuDahu».

Les acteurs du bâtiment voient plutôt d’un bon œil cette proposition mais les bailleurs sociaux eux ne sont pas de cet avis. Ainsi, «Plan #Logement: le bâtiment plutôt satisfait, les #HLM très inquiets». Contenter tout le monde dans le secteur logement est impossible.

France périphérique

Autre point clé du plan, la loi Pinel et le prêt à taux zéro. Bien que le dispositif fiscal Pinel soit maintenu et «prolongé quatre ans sur trois zones tendues», des modifications géographiques d’application sont prévues. Pour le twittos Jean Messiha «en supprimant la loi Pinel pour les zones B2 et C le gouvernement Macron pénalise la France périphérique qui souffre déjà assez…». En effet, «la nouvelle loi Pinel sera recentrée et applicable aux villes en zones tendues», c’est-à-dire la région parisienne, l’agglomération lyonnaise et l’axe Aix-Marseille.

Quant au PTZ, le prêt à taux zéro, il subit lui aussi des restrictions. «La fin prochaine du #PTZ dans les territoires ruraux inquiète les constructeurs de maisons». Ils ne sont pas les seuls à être soucieux puisque selon Benoît Catel, directeur général délégué du Crédit Foncier, «dans 4/5 des cas, sans PTZ nous ne financerons pas le projet #Logement car danger pour emprunteurs». Certains ont même sorti les machines à calculer pour voir le manque à gagner pour certains foyers d’acquéreurs. «#StratégieLogement #PTZ dans le neuf…On a fait les calculs de ce que cela aurait changé en 2017 pour les primo #immobilier». Bref, on peut se réjouir, comme les protagonistes d’un GIF hilarant, que «le prêt à taux zéro et la loi Pinel soient prolongés pendant encore quatre ans» même si les règles du jeu changent et excluent des Français du dispositif.

Les deux dernières propositions du gouvernement concernent les baux et les APL. Après avoir annoncé le rabotage généralisé de cinq euros sur toutes les APL versées, Denormandie, encore lui, a expliqué que «les #APL seront désormais calculées en fonction de vos revenus du moment pour s’adapter aux besoins réels. #StratégieLogement», alors qu’elles étaient jusqu’à maintenant calculées sur les revenus perçus deux ans avant. Il précise d’ailleurs que «le problème ce n’est pas les APL mais le montant des loyers».

Problème, «le projet de #Macron sur le calcul des #APL semble recalé par la cour des comptes qui le qualifie de solution inefficiente». Reste une ultime proposition: «un bail mobilité sans dépôt de garantie pour les étudiants», qui concernera aussi les stagiaires et les apprentis qui peinent aujourd’hui à se loger. Comme le souligne Mykee 9Nine «le #bailMobilité c’est bien mais qu’est ce qui va encourager un proprio à choisir un #locataire #précaire (contrat de projet, #CDD, intérim…)». Cette proposition a déjà de farouches opposants sur Twitter, pour qui le bail mobilité ressemblerait presque à un CDD du logement. Pour Maeva, par exemple, «#Macron : la #précarité généralisée. Après l’emploi, le #logement avec le bail mobilité…».

Efficacité ou précarité?

Aurélien Taché, député LREM a beau répéter que «le plan logement c’est une stratégie pour libérer et protéger», les critiques sont nombreuses. Si «les professionnels et les experts saluent comme rarement le plan logement du gouvernement, le plus complet et le plus audacieux depuis des décennies» et que «l’application de ces mesures va profiter principalement aux propriétaires fonciers», les twittos ont la dent dure.

L’économiste Philippe Aghion est «en désaccord avec la baisse des #APL. Une réforme faite de façon hâtive et non pensée», tandis que Pierre Madec, un autre économiste, «analyse les contradictions du plan logement du gouvernement». Quelques twittos tentent de comprendre et certains ont «l’impression que ces projets ne viennent pas du ministère du #logement mais de Bercy avec un enjeu: baisser les budgets de l’état». Analyse partagée par Stéphane Troussel, président du département de Seine-Saint-Denis, pour qui «le gouvernement a sorti des mesures sous la dictée aveugle des comptables de Bercy».

Les opposants politiques n’y vont pas de main morte non plus. Pour Jean-Luc Mélenchon, il s’agit d’une «guerre aux pauvres et aux classes moyennes servies à domicile. #Logement #APL #HLM», là où Muriel Ressiguier de la France Insoumise lance une «interpellation au #Gouvernement qui a présenté son #PlanLogement: encore une attaque contre les plus démunis». Nicolas Dupont-Aignan pense qu’en «confirmant la baisse des #APL, le gouvernement s’attaque aux plus fragiles sans aucune contrepartie, pour financer la baisse de l’ISF». Quant au conseiller PCF de Paris, Jacques Baudrier, il y voit «la vente de logements sociaux, l’attaque du logement social, la stratégie de Thatcher dans les années 80. On a vu le résultat. Un désastre».

Pour compenser la baisse des APL, le gouvernement songerait à faire baisser les loyers des HLM. Conséquence? «Les bailleurs sociaux s’inquiètent», pointant que «si la masse des APL a augmenté en France ces dernières années, c’est avant tout parce que la précarité a augmenté» tandis que «la fédération des Offices Publics de l’Habitat dénonce le coup de massue portée au logement social».

Les débats sur le logement sont houleux par nature tant les situations sont inégales, injustes et parfois dramatiques. Quand on sait comme le rappelle FO Sanofi A.Groupe, qu’«un SDF sur 4 est salarié, avoir un emploi ne garantit plus un logement», on ne peut pas nier l’urgence d’agir. Pour finir par une touche d’humour, n’oublions pas le Parti Socialiste s’apprête lui aussi à lancer son plan logement avec «l’annonce de la vente de son siège de la rue de #Solferino». Un PTZ, le dispositif fiscal Pinel et même un bail mobilité permettront-ils de trouver un acquéreur?

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