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Stalinisme, couscous et «FN de papys»: le départ de Philippot divise le forum des patriotes sur Discord

Grégor Brandy, mis à jour le 21.09.2017 à 16 h 00

L'ancien vice-président du Front national compte de nombreux soutiens et détracteurs au sein du parti.

Florian Philippot, le 9 mai 2017. Bertrand GUAY / AFP

Florian Philippot, le 9 mai 2017. Bertrand GUAY / AFP

Florian Philippot et le FN, c'est fini. Comme tout bon n°2 du parti frontiste, Philippot a quitté le parti, six ans après y être arrivé. Le vice-président du Front national était en conflit avec sa présidente depuis plusieurs semaines déjà. En refusant de quitter son association Les Patriotes, il avait poussé Marine Le Pen à le rétrograder au poste de vice-président du parti sans attribution, ce mercredi 20 septembre. Le lendemain, il a donc claqué la porte, l'expliquant ainsi sur France 2.

«On m’a dit que j’étais vice-président à rien… Écoutez, je n’ai pas le goût du ridicule, je n’ai jamais eu le goût de ne rien faire, donc bien sûr je quitte le Front national.»

Sa principale lieutenante, Sophie Montel a également démissionné dans les minutes qui ont suivi.

Forcément, ces annonces ont fait réagir la base du parti, les militants et soutien du Front national. Sur Discord, une plateforme de chat, où ils sont plusieurs dizaines à être regroupés dans un salon intitulé «La Taverne des Patriotes» et dont on vous a déjà parlé, les discussions ont commencé dès l'annonce du départ de Florian Philippot, un peu avant huit heures.

Et comme au sein du FN, on sent des divisions entre ceux qui se félicitent de ce départ, et ceux qui le regrettent.

Mais qui est responsable?

 

Parmi les raisons qui expliquent ce départ, certains évoquent également le désormais célèbre «couscous de la discorde», une référence à une photo prise lors d'un dîner où Philippot et ses fidèles s'étaient pris en photo autour d'un couscous.

Le choix du plat avait fait beaucoup parler au sein de la fachosphère, certains regrettant qu'ils n'aient pas choisi de se rassembler autour d'une choucroute (tout ceci est très sérieux). Alors forcément, le sujet est revenu sur la table, même si la grande majorité n'y accorde pas une importance majeure.

Très vite, les conversations s'orientent sur les responsables de ce départ. Pour certains, Florian Philippot l'a précipité en refusant de quitter la présidence de son association Les Patriotes, que certains considèrent comme un «micro-parti».

D'autres estiment que c'est l'autre camp qui est responsable du départ du vice-président frontiste en le mettant face au mur.

Enfin, certains, plus magnanimes, estiment que les torts sont partagés entre la présidente du parti et son ancien numéro deux.

Une catastrophe pour le FN? 

 

Pour certains, ce départ est catastrophique pour le parti, tandis que pour d'autres, il était nécessaire pour mettre fin aux guerres intestines, et pour que le parti puisse aller de l'avant. On voit également d'autres militants évoquer la suite que vont prendre les choses après le départ de Philippot.

Et la suite, pour Florian Philippot, cela signifie probablement le développement de son association Les Patriotes. Si certains se moquent de la taille du mouvement par rapport à celle du FN, d'autres assurent que si l'ancien vice-président du Front national décide de se présenter sous cette bannière, ils lui accorderont leur voix, sans hésiter.

Et forcément, certaines discussions deviennent houleuses. Certains militants se mettent à s'insulter entre eux, au milieu d'appels au calme. Certains estimant qu'une personne ne doit pas être plus important que le parti, quand d'autres estiment qu'un soutien aveugle au FN est «stalinien», et équivaut à la défense du «Politburo», une référence à l'URSS.

Les discussions sont plus calmes quand il s'agit de parler du départ de Sophie Montel, la députée européenne et conseillère régionale de Bourgogne Franche-Comté. La situation de la vice-présidente de l'association Les Patriotes, lancée par Florian Philippot, et qui a été exclue de la présidence du groupe FN dans sa région, en juin dernier, ne mobilise pas autant que l'ancien vice-président du parti.

Digressions

 

Le départ de Kelly Betesh, présentée il y a quelques mois comme «le visage de la dédiabolisation», fait un peu plus réagir, et l'on a eu droit à une remarque antisémite: son nom entouré de trois parenthèses. Ce symbole a été développé par l'extrême droite américaine, qui y voyait un moyen d'identifier les personnes juives (ou qui possèdent un nom juif), sans se faire repérer par les bots qui scannent des mots clés.

Quant aux réactions des dirigeants du parti frontiste, elles sont scrutées par les militants. Pour autant, ils ne les apprécient pas toujours, les qualifiant de «gamins» ou de «folle».

Et puis, les militants sont passés à autre chose. Au milieu de cette conversation s'en est lancée une autre sur la proportion de musulmans dans la population française, leur vote, celui des ouvriers et prolétaires français. Le tout avant de finir par parler de rémigration, comme si malgré le départ de Florian Philippot, certaines choses ne changeaient jamais vraiment.

Grégor Brandy
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Journaliste
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