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Pourquoi Facebook censure des contenus sur le nettoyage ethnique des Rohingyas

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 20.09.2017 à 10 h 39

Repéré sur The Daily Beast, Mashable

Plusieurs posts sur les violences faites à cette minorité musulmane birmane ont été effacés du site sous prétexte qu'ils contrevenaient aux règles de la communauté du réseau.

Un camp de réfugiés rohingyas au Bangladesh le 18 septembre 2017. DOMINIQUE FAGET/AFP

Un camp de réfugiés rohingyas au Bangladesh le 18 septembre 2017. DOMINIQUE FAGET/AFP

Des militants rohingyas en Birmanie et à l'étranger ont révélé au Daily Beast que plusieurs de leurs posts Facebook sur les violences à l'encontre de leur peuple avaient été censurés. Depuis plusieurs mois, les militaires birmans ont intensifié les violences à l'encontre de cette minorité musulmane, et un responsable de l'ONU a qualifié les attaques de véritable «nettoyage ethnique». Des centaines de personnes ont été tuées et des dizaines de milliers ont dû se réfugier au Bangladesh.

Mohamad Anwar, un blogueur rohingya basé à Kuala Lumpur, explique avoir publié deux posts fin août sur l'opération militaire birmane dans l'État de Rakhine: un sur les hélicoptères qui survolaient des villages et un autre sur des militaires qui ont brûlé un village rohingya. À chaque fois, ces contenus ont été effacés, et Anwar a reçu un message expliquant que ces posts contrevenaient aux «standards de la communauté Facebook.» Plus tard, son compte Facebook a été temporairement désactivé.

Interviewé par Mashable, Anwar explique que Facebook a commencé à effacer ses contenus depuis que Zaw Htay, un proche du président birman, a annoncé qu'il allait collaborer avec Facebook contre les Rohingyas.

Facebook responsable?

 

Le directeur de Burma Campaign UK explique que Facebook n'est pas directement coupable:

«Ce n'est pas Facebook qui retire ses posts et gèle ces comptes. Des groupes racistes en Birmanie s'organisent pour déposer des plaintes contre des gens, sachant que cela déclenche des systèmes automatiques qui retirent des posts et suspendent des comptes».

Dans le Daily Beast, une spécialiste de la Birmanie pour Amnesty International penchait aussi pour cette hypothèse. Plusieurs personnes peuvent notamment se mobiliser pour dénoncer en masse des supposées violations des règles Facebook et ainsi donner l'impression que des posts doivent être effacés.

Un autre militant qui écrit sur la situation depuis la Birmanie a dit au Daily Beast que même ses poèmes sur les réfugiés rohingyas avaient été censurés. C'est aussi le cas d'Aung Tin, qui vit au Canada, et dont le compte Facebook a été temporairement suspendu plus de dix fois. Après un post critiquant le ministre de l'Intérieur birman, son compte a été gelé pendant un mois. 

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