Slatissime

Pourquoi tout le monde déteste les clowns

Déborah Malet et Stylist, mis à jour le 29.09.2017 à 8 h 38

Alors qu’ils ne sont pas forcément affreux, sales et méchants.

WHY ARE YOU LAUGHING? | davocano via Flickr CC License by

WHY ARE YOU LAUGHING? | davocano via Flickr CC License by

Avec son roman It (Ça), l’histoire d’un clown tueur d’enfants –qui a fait l’objet d’une adaptation en mini-série en 1990 diffusée à l’époque sur M6, et maintenant d’un remake au ciné (sortie le 21 septembre)–, Stephen King a engendré une coulrophobie mondiale en rendant effrayant un personnage jusqu’ici tout juste bon à faire des girafes en ballons lors de goûters d’anniversaire.

Se taillant dorénavant la part belle des films d’horreur, ex-æquo avec les poupées maléfiques (de Chucky à Annabelle, en passant par Jigsaw), le clown creepy, qui n’est décidément pas un ami qui vous veut du bien, compte parmi ses plus illustres représentants le groupe insupportable Insane Clown Posse, ou encore Twisty le Clown défiguré dans American Horror Story saison 4 qui, pour sa saison 7 Cult revient avec une armée de clowns encore plus flippants.

Ajoutez à cela le tueur en série John Wayne Gacy (alias le clown tueur) qui dans les années 1970 avait fait trente-trois victimes (un record pour le Guinness Book), mais aussi ce phénomène plus récent et très chelou observé à travers le monde d’inconnus déguisés en clowns, qui errent dans les rues, filmés par des caméras de surveillance (observé par exemple en 2013 à Northampton, en 2016 dans le Wisconsin)… et vous voilà en train d’hyperventiler dans un sac en papier ! Rassurez-vous, le clown est un homme comme les autres qui connaît de grands moments de solitude et de lose totale.

 1. Le père ingrat idole de Bart Simpson, Krusty 

De son vrai nom Herschel Schmoikel Pinchas Yerucham Krustofski, toxicomane accro au Percodan, répudié par son père rabbin parce qu’il n’a pas fait sa bar mitzvah, Krusty a pour seuls potes un sociopathe (Tahiti Bob) et un singe buveur de Duff. Dans l’épisode 3 de la saison 12 des Simpsons, «Insane Clown Poppy», celui-ci n’hésite pas à mettre en jeu au poker le violon de sa fille qu’il vient tout juste de connaître. Et guess what ? Il est républicain.

 2. Le président Bozo

Autre républicain tourné au ridicule et qualifié en permanence de clown, Donald Trump a eu droit à la couverture du Daily News, flanqué d’un «Clown runs for prez», le 17 juin 2015 et de «Dead clown walking» le 2 février 2016. 

© Daily News

Cette année, c’est le rappeur Snoop Dogg dans le clip de «Lavender» qui grimait les habitants d’une banlieue blanche américaine en clowns pour dénoncer l’inertie de l’opinion publique face aux violences policières, avant de braquer un faux flingue sur un sosie clownesque de Trump. Bang bang.

 3. Le symbole de la mondialisation

Le clown Ronald McDonald, mascotte des fast-foods McDo, a fait son apparition en 1962, avant que d’autres personnages ne viennent grossir les rangs de l’empire du BigMac et bête noire à la fin des années 1990 de José Bové. Passé de mode, le clown qui avait la frite se fait discret depuis 2009. Ce qui n’empêche pas, en 2011, des Finlandais anti-malbouffe baptisés «l’Armée de libération de la nourriture» de kidnapper et menacer d’exécution dans des vidéos une statue Ronald McDonald.

Ronald a finalement été retrouvé par la police sans une égratignure. Mais gageons qu’on a tous un souvenir embarrassant d’un anniversaire au McDo animé par un employé au bout du rouleau déguisé en Ronald…

 4. Le signe extérieur de beauferie

Lorsque dans Les bronzés font du ski, Bernard et Nathalie débarquent dans leur location et virent sans ménagement les anciens locataires (balançant leur boîte de Scrabble depuis le balcon avant que celui-ci s’éparpille en mille pièces dans la neige), ils retirent aussi du mur leur peinture représentant un paysage montagneux pour accrocher la leur: une reproduction d’un clown triste de Buffet.

Tête de Clown (1955), Bernard Buffet | Yann Caradec via Flickr CC License by

5. L’apprenti sans talent

Une autre version triste à fort potentiel dépressif, Zach Galifianakis incarne Chip Baskets, un apprenti clown franchement pas grand déconneur –formé dans une école spécialisée en France qui a vu passer Bourvil et Louis de Funès (!)–, brimé et humilié par son entourage.

En dépit de la présence de Louis C.K. au générique et de l’annonce d’une troisième saison, la série Baskets, d’une lenteur à faire pâlir notre grand-mère en déambulateur, a réussi à nous semer à force de cynisme. Et manque d’humour.

 6. La snipeuse d’anniversaire

Celle qui ne manque pas d’humour (ou qui en a trop), c’est Katy Perry qui, il y a trois ans -bien avant d’avouer à la terre entière que son ex John Mayer était un bon coup soit dit en passant–, se déguisait dans le clip de «Birthday» en clown flanqué d’un nain et d’une flasque d’alcool ruinant la birthday party d’enfants sous le regard consterné des parents. Qu’est-ce qu’on golri.

 7. Les branleurs

Dans «We Be Clownin’», épisode 7 de la saison 4 de Workaholics sur la chaîne américaine Comedy Central, les trois glandeurs interprétés par Blake Anderson, Adam DeVine et Anders Holm sont embauchés pour faire les clowns lors d’un anniv’. 

Pas franchement motivés, ils se retrouvent à fumer des joints dans leur caisse, tandis qu’un gamin débarque et leur demande ce qu’ils font. Réponse inspirée de Blake: «C’est notre pause, va plutôt sucer les tétons de ta mère pour moi.»

 8. L’arroseur arrosé

Lorsque le clown maléfique entraîne Ray sous le lit dans Scary Movie 2 «pour jouer» (en gros pour le tuer), la pauvre poupée est loin de se douter que l’esprit lubrique de sa victime va le transformer en bourreau. Il y est question de «gros ballon en forme d’animal» et de doigts baladeurs…

 9. L’adulte désenchanté

Comédie inédite en France sortie aux States en 1992, Shakes the Clown est qualifiée par sa maigre fanbase de Citizen Kane version clown alcoolo (ça ne s’invente pas).

Au charisme d’Orson Welles se substitue celui beaucoup moins impactant de Bobcat Goldthwait, en perdant magnifique à la tête d’une bande de clowns demeurés, qui hait autant son boss que les enfants qu’il n’hésite pas à confronter à la dure réalité: «Écoute gamin, t’es un loser. Tes parents sont obligés de payer un adulte pour venir jouer avec toi aujourd’hui, car les autres enfants pensent que tu crains.»

 10. Le punk 

Dans les années 1980, le «Late Night With David Letterman» sur NBC accueillait Flunky The Clown interprété par Jeff Martin, un clown débitant d’une nonchalance extrême, et ce toujours avec la clope au bec, ses problèmes d’addictions et de tatouages qui s’infectent. Une sorte de Krusty le Clown avant l’heure, puisque Jeff Martin est également scénariste pour The Simpsons. La boucle est bouclée.

Déborah Malet
Déborah Malet (16 articles)
Journaliste
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Mode, culture, beauté, société.
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