Monde

Cette start-up veut remplacer les épiceries de quartier par des distributeurs

Temps de lecture : 2 min

Une boîte remplie de denrées non-périssables sera placée dans les halls d'immeubles et pourra être ouverte via une application mobile.

Epicerie à Brooklyn | SHAWN HOKE via Flickr CC License by
Epicerie à Brooklyn | SHAWN HOKE via Flickr CC License by

Et si on pouvait remplacer les épiceries de quartier par des boîtes contrôlées via application mobile? C'est le rêve de Paul McDonald et Ashwath Rajan, deux anciens de Google qui viennent d'annoncer le lancement de Bodega, un distributeur qui permet de se ravitailler en chips, tampons et chocolat sans avoir à sortir de son immeuble ou interagir avec un être humain.

Leur start-up a déjà levé 2,5 millions de dollars et trente Bodegas ont été installées dans la région de San Francisco, dans des halls d'immeuble, bureaux, campus et salles de gym.

Une application permet d'ouvrir la boîte et des caméras enregistrent ce que vous avez choisi avant d'initier un prélèvement automatique de votre carte de crédit. Le co-fondateur de la start-up imagine déjà la fin de la notion de boutique:

«À terme, il n'y aura plus besoin d'espaces de shopping centralisés, car il y aura cent mille Bodegas un peu partout, avec toujours une à trente mètres de vous».

Le système analyse quels produits sont les plus populaires dans tel immeuble et adapte ainsi son offre (qui n'inclut pour l'instant que des produits non-périssables).

Bodega «cats»

Un des problèmes du Bodega de la Silicon Valley, c'est que les gens préfèrent pour l'instant leur vraie bodega de quartier, le nom des épiceries de proximité aux États-Unis. Elles sont souvent ouvertes toute la nuit et tenues par des commerçants d'origine immigrée. On y trouve un peu de tout: des bières, des journaux, du papier toilette, mais aussi du café et des sandwichs.

Interviewé par Fast Company, le président de la Chambre de Commerce hispanique de New York a vivement critiqué le concept, accusant Bodega de menacer les emplois des véritables propriétaires de bodegas. Il a dit qu'il ferait son tout son possible pour empêcher l'implantation de ces distributeurs.

«Les vraies bodegas, c'est de l'interaction humaine dans une communauté, c'est quelqu'un que vous connaissez, qui vous dit bonjour et prépare votre sandwich préféré», explique Frank Garcia.

En règle générale, l'accueil fait à Bodega a été très critique.

«La Silicon Valley consacre beaucoup de temps et d'argent soit à faire perdre des emplois aux gens, soit à "régler" des problèmes inexistants», a écrit le journaliste de Slate.com Jamelle Bouie.

Les bodegas de quartier sont aussi connues pour leurs chats, les «bodega cats», qui ont de nombreux fans. L'agence de la mairie de New York qui s'occupe du développement des petites entreprises a tweeté pour les défendre:

«Nous soutenons les chats de bodega (et leurs propriétaires) en faveur des entreprises locales de proximité».

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