Kiehls x Deauville

Festival du Film Américain de Deauville : Jour 9

Contenu partenaire, mis à jour le 10.09.2017 à 7 h 44

Au programme: un petit trou de souris, Piège de Cristal, Barry Lyndon et les Tortues Ninja, les honneurs au cowboy déchu, un fantôme qui hante les chairs, les coeurs et les âmes et le charmant brin de voix d'Anaïs Demoustier

Le jury, dans un festival, est toujours une présence un peu fantomatique. Chaque jour, ils arrivent discrètement dans les salles quelques secondes avant que les films de la compétition débutent avant de repartir presque aussi discrètement avant qu’ils se terminent. Au moment de quitter la salle, la seule trace de leur présence est une bouteille d’eau qui traîne sous un siège. Leur nom a beau être affiché sur l’écran en attendant que les films commencent, ils n’ont pas toujours d’existence concrète. J’ai pu en croiser et en interroger certains dans le taxi du Kiehl’s Club mais je reste un privilégié de ce point de vue là. Ecouter Anaïs Demoustier fredonner avec un timbre parfait la petite musique de Psychose n’est pas donné à tous les festivaliers (à moins de regarder la vidéo qui suit).

 

 

Tout comme ce n’est pas tous les jours qu’on peut écouter Abd Al Malik philosopher sur Nora Ephron et Quand Harry rencontre Sally:

 

Mais la question qui taraude tout le monde, même avec tous les privilèges du monde, impossible de la leur poser: «c’est quoi votre film préféré dans la sélection?» Parce que les films, je les ai vus en même temps qu’eux, au même rythme qu’eux. Comme avec son voisin de rangée avec qui l’on discute des films du festival, on aimerait aussi pouvoir leur demander, à ces «super-spectateurs», ce qu’ils ont pensé de Gook, de Mary, de Brooklyn Yiddish, de A Ghost Story, de Katie Says Goodbye ou de The Rider.

Débats enflammés

C’est un fantasme que j’ai depuis longtemps: être une petite souris pour observer les délibérations traditionnellement très secrètes du jury d’un festival. J’ai toujours imaginé et rêvé ces débats enflammés entre réalisateurs, acteurs, scénaristes aux univers souvent radicalement différents. J’ai imaginé ces artistes défendre leur vision d’un certain cinéma et, bien sûr, j’ai imaginé les voir se disputer, s’aimer, voire même se détester pour un choix, pour un goût, pour une idée, un parti-pris, un acteur, un plan même. Après tout, entre Pio Marmai, dont le film culte est Piège de Cristal, et Emmanuelle Bercot qui préfère Barry Lyndon, jusqu’à Pierre Rochefort qui cite Les Tortues Ninja, il y un monde qu’il faut accorder et réconcilier.

 

 

 

 

 

Car le cinéma n’est pas anodin, en particulier pour des gens qui ont décidé de lui dédier leur vie.

«Un film comme on en a jamais vu et, sans doute, comme on n’en verra jamais plus. Un film qui a fait sur nous six l’effet d’un strike. Ils nous a touchés dans notre chair, dans notre coeur jusque dans nos âmes. Grâce à ce prix, toute notre vie, on sera fier d’être lié à ce film là. On est tous très ému et impressionné de pouvoir serrer la main de la personne qui a sorti ce film de sa tête», disait ainsi Emmanuelle Bercot avant de remettre le prix de la révélation à David Lowery pour son film A Ghost Story.

Amour commun

Quand on a vécu dix jours à se nourrir intégralement de cinéma, à en voir et à en parler, ce n’est pas une petite affaire que de remettre un ou plusieurs prix. C’est une décision qui peut potentiellement changer la vie et la carrière de son auteur. David Lowery, lui, avait une carrière déjà sur de bons rails (son précédent film était la production Disney Peter et Elliott le dragon) mais Chloe Zhao, dont The Rider est seulement la deuxième réalisation, va voir la couverture de son film décupler après avoir remporté le Grand Prix du Festival. Après tout, elle s’inscrit dans un palmarès qui a déjà récompensé des grands succès comme Little Miss Sunshine, Les Bêtes du sud sauvage ou Dans la peau de John Malkovich.

Reste que, pour une fois, même si je ne le connais pas, je me sens réellement proche de Michel Hazanavicius. Je savais qu’on partageait un humour commun depuis OSS 117, mais j’ignorais qu’on partageait tous les deux un amour commun pour les films de cowboys déchus se passant dans le Dakota du Sud. Depuis que je l’ai vu lundi, The Rider était mon film préféré de la sélection, celui à qui, moi aussi, j’aurais décerné le Grand Prix. Alors, non, je n’étais pas un petit rongeur dans la pièce des délibérations, mais j’étais, en quelque sorte, en communion mentale avec ce jury, ce qui vaut bien tous les trous de souris.

Il n’y avait clairement pas meilleure façon de terminer ce Festival de Deauville.

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David Périneau
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