Kiehls x Deauville

Festival du Film Américain de Deauville : Jour 8

Contenu partenaire, mis à jour le 09.09.2017 à 6 h 46

Au programme: des sourires, des stars de l'ombre, un futur tueur en série et le calvaire d'une mère

Mother! / My Friend Dahmer

Mother! / My Friend Dahmer

Quand on suit le Festival de Deauville à travers son petit écran, son ordinateur, son journal ou son poste de radio, on se dit que les stars qui font le plus frissonner de plaisir les festivaliers se nomment Antonio Banderas, Michelle Rodriguez, Jeff Goldblum ou Laura Dern. Ce qu’on découvre en passant de l’autre côté, c’est qu’elles se nomment en fait Aurélien et Benjamin.

Car contrairement aux stars venues d’Hollywood, Aurélien et Benjamin montent sur scène tous les jours, à chaque projection (ou presque). Aurélien et Benjamin sont deux régisseurs chargés à tour de rôle de couvrir la grande bannière de la scène de l’auditorium avec un tapis noir, évitant ainsi les reflets avec l’écran. Ca peut paraître absurde mais, chaque jour, Aurélien et Benjamin sont applaudis et félicités par les festivaliers venus assister aux projections.

Si, comme moi, ils ont d’abord eu du mal à comprendre la vraie nature des applaudissements, ils ont, au bout de quelques jours, compris que les festivaliers ne se moquaient pas de l’absurdité de leur fonction mais bien qu’ils leur rendaient un hommage vibrant. Il n’a ainsi fallu que quelques jours pour voir apparaître dans la pénombre un timide signe de remerciement avec la main avant qu’ils ne disparaissent à nouveau dans les coulisses. Jusqu’à la consécration finale, ce matin, quand le speaker, avant d’accueillir le réalisateur de The Bachelors leur a rendu lui-même hommage en mettant enfin des prénoms sur ce qui n’étaient alors que des silhouettes fantomatiques sans visage.

Visages anonymes

Mais Aurélien et Benjamin ne sont pas seuls. Ils sont nombreux ses visages et ses sourires que l’on croise tous les jours. Ils sont là pour faire fonctionner la machine du Festival, empêcher qu’elle s’enraye. Ce sont les agents de sécurité chargés de contrôler les badges et les sacs, les hôtes et hôtesses chargés d’assurer la fluidité des mouvements de foule et le bon placement, les «compteurs et compteuses» chargés de contrôler le nombre d’entrées dans les salles. Ce sont aussi les hôtesses, les serveurs, les serveuses du Kiehl’s Club qui sont toujours aux petits soins pour s’assurer que tout le monde a ce qu’il faut.

Tous les jours, je les rencontre, je les croise. Je ne sais rien d’eux mais il me semble les connaître depuis toujours. Il y a, par exemple, à l’entrée du tapis rouge, une jeune fille qui met une telle gaieté, une telle chaleur à dire «bonjour» et «bonne séance» à tous les festivaliers passant devant elle qu’elle donne l’impression de vous accueillir chez elle, dans sa propre maison.

Alors, comme Annie Hall et Alvy Singer sur un banc de Central Park, à force de les rencontrer, je ne peux m’empêcher d’imaginer qui ils sont, d’où ils viennent, ce qu’ils ressentent. Ces anonymes, ils ont probablement, pour la plupart, un job à côté. Ils sont probablement, pour beaucoup, étudiant(e)s et financent ainsi une partie de leur année en attendant la rentrée des universités en octobre. Ils ont une vie dans laquelle ils ne portent pas l’uniforme du Festival.

On veut tout connaître des stars car, à force de les voir sur grand écran, on s’identifie, ils donnent cette sensation d’être proches de nous, presque intimes. Mais il faudrait peut-être, parfois, apprendre à connaître ces gens, anonymes, ces inconnus sans qui notre expérience ne serait pas aussi complète, intense et belle.

Grande déflagration mystique

C’est ce que je me suis dit en voyant My Friend Dahmer, le dernier film en compétition, récit de la jeunesse de Jeffrey Dahmer, un des pires tueurs en série de l’histoire américaine. Je ne pouvais m’empêcher de me demander si le destin de cet homme, déjà très perturbé à l’adolescence, aurait pu être changé. Et si sa famille, ses amis avaient cherché à mieux le comprendre, à plus l’écouter, à essayer de découvrir ce qu’il y avait derrière l’étrange démarche, les regards vides et les accès de démence? On ne saura jamais.

D’un point de vue cinématographique, c’est aussi ce qui s’est passé ce soir après la projection de Mother!, le nouveau très attendu film de Darren Aronofsky, trois ans après la super-production Noé. Partout dans la salle (et au dîner ensuite), j’entendais des qualificatifs comme nul, horrible, incompréhensible. Il est vrai que le film se laisse difficilement apprivoiser. Le réalisateur, en introduction, avait d’ailleurs prévenu: «The Fountain était la chose la plus folle que j’ai faite. Avec Mother!, c’est encore plus fou. C’est donc le moment de vous prévenir: c’est votre dernière chance de quitter la salle. Je voudrais m’excuser pour ce qu’il va arriver», disait-il.

Le film est impossible à résumer, à part de dire qu’un couple (Jennifer Lawrence et Javier Bardem) retiré dans une grande maison loin de tout, est mystérieusement visité par différents individus très à leur aise. En fait, il me semble que le seul résumé qui compte est celui-ci:

Oui, j’ai vraiment eu l’impression que mon esprit avait été soufflé par une grande déflagration mystique. Et je suis sûr que pour ceux faisant l’effort d’essayer de comprendre d’où vient le film, ce qu’il veut dire, d’aller au-delà d’une première vision trop premier degré, le film de Darren Aronofsky, rempli de ses obsessions les plus intimes, récompense au centuple.

Car aller au-delà d’une vision simpliste, gratter le vernis, les apparences, grâce à la discussion, à la rencontre, au débat, c’est aussi ça la beauté d’un Festival de cinéma.

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David Périneau
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