Kiehls x Deauville

Festival du Film Américain de Deauville : Jour 7

Contenu partenaire, mis à jour le 08.09.2017 à 13 h 58

Au programme: des seins, du sexe, des heures de sommeil à rattraper, quelques rides, des hormones chahuteuses et un garçon manqué repenti

Katie Says Goodbye / Stupid Things

Katie Says Goodbye / Stupid Things

Il y a un peu plus de 3 700 habitants à Deauville. Et un tout petit moins de la moitié (49%) a plus de 60 ans. Ce sont les statistiques de l’INSEE. Alors forcément, dans les salles du Festival, en pleine semaine de rentrée des classes, j’ai beau avoir 38 ans, je me sens souvent très jeune. Si cette particularité influe peu sur la nature des films en compétition, il est assez évident que le choix des films projetés à la séance de 20h dans l’auditorium est orienté à destination de ces spectateurs «beaucoup trop vieux pour les conneries». Entre un biopic d'Andrea Bocelli (The Music of Silence), une comédie de mariage avec les septuagénaires Glenn Close et Patrick Stewart (The Wilde Wedding), un drame sur le génocide arménien (La Promesse) et un autre sur la Shoah (La Femme du Gardien de Zoo), le Festival bichonne les Deauvillais.

Aujourd'hui, le choc était brutal: les salles se sont remplis d’ados, collégiens et lycéens, venus assister avec leurs professeurs aux deux films de la compétition du jour. Et la situation s'est révélée cocasse. Quelques jours seulement après la rentrée des classes, certains professeurs ont dû se retrouver bien embarrassés. Le synopsis affiché par le Festival de Katie Says Goodbye était en effet plutôt innocent:

«Katie, une jeune serveuse au cœur d'or, habite dans le Sud-Ouest américain et rêve d'une nouvelle vie à San Francisco. Elle vit ses premières amours et se révèle d'une honnêteté désarmante. Son empathie compulsive envers les autres fait d'elle une proie facile, et ce sont ceux qu'elle aime le plus au monde qui mettront à rude épreuve la ténacité et l'innocence qui la caractérisent.»

Premiers gloussements

Le Festival oublie de mentionner, dans ces quelques lignes, une chose assez déterminante et qui n’est pas, je vous rassure, un spoiler. Quand il est écrit «elle vit ses premières amours», il faut comprendre «elle se prostitue». Pour un public de septuagénaires et octogénaires qui en ont vu d’autres dans les années 70, ce n’était a priori pas un problème. Pour un public d’adolescents, dont certains n’avaient pas encore mué, c’était différent. D'autant qu’ils n’étaient, ici, pas tout seuls devant leur ordinateur.

Les premiers gloussements ont commencé à parcourir l’auditorium dès les premiers plans sur les seins dénudés de la jeune héroïne. Et quand est arrivée la première scène de sexe explicite, les gloussements ont rapidement été remplacés par des rires nerveux. Les professeurs, eux, devaient probablement se cacher sous leur siège, se demandant comment ils allaient bien pouvoir en parler pendant le débrief en classe le lendemain.

Reste heureusement, derrière la cocasserie de l’anecdote, un film intensément féministe sur une jeune fille (bouleversante Olivia Cooke, bientôt à l’affiche du Ready Player One de Steven Spielberg) réalisant beaucoup trop tard qu’une femme n’a pas de place dans un monde contrôlé par les hommes, à moins d’être, pour reprendre un célèbre titre de film, une maman ou une putain.

Mais l’adolescent étant adolescent, il n’a pas fait que glousser aujourd’hui, il a aussi beaucoup dormi. Ce matin, le Festival proposait Stupid Things, l’histoire d’un jeune garçon de 13 ans d’une ville rurale de l’Arkansas trompant son ennui, après la mort de son frère, avec un gang local. Si l’identification aurait pu fonctionner à plein régime, l’état de somnambulisme de mes jeunes voisins de rangée ne laissait aucun doute sur leur peu d’enthousiasme pour ce film à la très singulière beauté naturaliste. Il faut croire que filmer l’ennui n’est pas une tâche si aisée. Mais comme son jeune réalisateur Amman Abbasi me l’a confié dans le taxi du Kiehl’s Club, son film préféré n’est autre que 2001: l’Odyssée de l’espace, un film qu'il est bon, vous en conviendrez aisément, de ne pas regarder avec des heures de sommeil à rattraper.

 

 

«Mon guerrier intérieur»

Mais l’adolescent finit par grandir. C’est d’ailleurs le très beau message livré par Michelle Rodriguez après que le Festival lui a rendu hommage, dix-sept ans après l’avoir récompensée d’un prix d’interprétation pour son tout premier rôle au cinéma dans Girlfight. Elle avait alors vingt-deux ans.

«Je veux particulièrement remercier celle grâce à qui je suis ici. Elle a vu un monde très dur et violent, dirigé par les hommes et, plutôt que de se soumettre, elle a décidé de rejoindre le chaos, pleine d’entrain. Elle a saisi sa chance et affronté toutes ses peurs, avec la tête haute, en n’écoutant qu’elle-même. Cette jeune femme est mon guerrier intérieur - et elle est masculine. Mais elle a désormais décidé de poser les armes. Elle en a fini de combattre - du moins, physiquement. Il est temps d’explorer la profondeur de l’océan de la féminité. C’est quelque chose que j’ai ignorée pendant de nombreuses années mais c’est mon prochain voyage. Et j’espère que tous ceux qui m’appréciaient jusqu’à maintenant, restent avec moi pour voir où cela nous emmène.»

Un message que l’actrice de Fast & Furious a délivré au bord des larmes, régulièrement prise de rires nerveux très adolescents, qui ne s’appliquera probablement pas à mon article de demain: le dernier film en compétition, My Friend Dahmer, retrace en effet l’adolescence d’un des plus grands tueurs en série de l’histoire américaine...

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David Périneau
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