Nous ne vivons pas dans la France de Vichy
En mai 1981 avec l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand, les chars soviétiques étaient à Strasbourg. Depuis mai 2007, Pétain serait à l'Elysée. L'outrance décrédibilise le discours politique.
- -
Il y avait déjà Marie Ndiaye, pour laquelle la France de Nicolas Sarkozy est si «monstrueuse» qu'il faut la quitter. Puis Alain Badiou avec sa «logique d'Etat néo-fasciste», immédiatement suivi par Emmanuel Todd avec son «ultra-droite». Il y a maintenant Jean-Paul Huchon et son «nouveau Déat»...
A intervalle régulier, une nouvelle figure d'autorité culturelle, philosophique, universitaire ou politique apporte sa contribution à ce qui ressemble de plus en plus à une stratégie malsaine de travestissement de la réalité. Un travestissement dont la capacité à diviser les Français entre eux est d'ailleurs, au final, bien plus grande que toutes les initiatives gouvernementales de ces derniers mois - cet absurde débat sur l'identité nationale compris.
Mais serais-je donc, moi-même, si aveugle à l'horreur qui s'installe, si insensible à la souffrance qui se répand, si inaccessible à l'enfer qui vient qu'il me soit impossible de réconcilier cette description d'une France re-vychisée avec l'action d'un gouvernement banalement démocratique de la Ve République?
Je me pose honnêtement la question et ma réponse toute aussi honnête est non. Quoi que l'on pense du bouclier fiscal, de la réforme des universités, de la normalisation des régimes «spéciaux» de retraites et, même, de la politique migratoire, la France est actuellement gérée par une équipe de centre-droit dont les référents idéologiques se trouvent plus souvent du côté de la démocratie chrétienne rhénane, voire de la social-démocratie scandinave, que de n'importe quelle expérience totalitaire.
Le débat politique chez nous (et le rappeler est presque un truisme) est toujours passé par la diabolisation de l'adversaire et sa disqualification comme interlocuteur légitime. Mais l'amusement incrédule que provoque aujourd'hui le rappel des réactions à l'élection de François Mitterrand en 1981 - lorsque les chars soviétiques étaient annoncés à Strasbourg et qu'il fallait se préparer à la nationalisation des boulangeries de quartier - ne force-t-il pas à prendre un minimum de distance avec ces invocations quotidiennes des mânes de Pétain?
Car enfin, si Nicolas Sarkozy est effectivement le dictateur ultralibéral et raciste que l'on dit, que sont donc Angela Merkel, Gordon Brown, José Luis Zapatero, Fredrik Reinfeldt, Jan Peter Balkenende, leaders dont les stratégies sont parfaitement superposables à celles du président français sur à peu près tous les sujets ? Faut-il alors s'inquiéter de la dérive fasciste de l'ensemble du Continent, pour ne rien dire de celle des États-Unis, dont le président se comporte de plus en plus comme un chef d'État européen?
D'une certaine manière, cette habitude que nous avons de vivre la politique comme une guerre civile où tous les excès sont permis rendrait plutôt optimiste: ce n'est pas parce qu'ils traitent les CRS de SS que l'on enferme les leaders étudiants dans des camps de concentration, même lorsqu'ils sont juifs et Allemands. Mieux: on finit par en faire des têtes de liste aux élections européennes.
A cette aune, la monstruosité ndiayesque ou le néofascisme badiesque peuvent bien être rangés dans les mêmes placards à concepts grotesques que la menace islamique lepéniste ou la décadence morale villieriste. A ceci près que les tenants du sarkozysme comme fascisme jouissent d'une audience et d'un respect auxquels n'ont pas, fort heureusement, accès leurs pendants de droite. Faudra-t-il qu'Emmanuel Todd s'inquiète à son tour d'une nationalisation des boulangeries pour que la raison l'emporte?
Hugues Serraf
Lire également: Comparer Besson à Laval, le piège de l'outrance.
Image de Une: Pierre Laval et Philippe Pétain à Vichy Wikimedia Commons
Mis à jour le 30/12/2009 à 16h57










































Certes, nous ne vivons pas dans la France de Vichy. Nous vivons simplement un glissement progressif vers quelque chose qui n'est pas plus honorable. On assiste à la gangrène des esprits, par petites touches, ou par grosses touches.
Depuis quelques années, moi qui ai l'âge (et l'expérience, directe) je comprends comment se sont mises en place, puis en oeuvre, les idées les plus nauséabondes de ce qu'on appelle l'entre deux guerres.
L'histoire ne repasse pas les plats. Ou plutôt, elle les repasse mais elle prend soin de changer la sauce.
Vous avez raison de vous étonner et de la violence extrême de ces accusations et de la complaisance à leur endroit. Quelque soit le sujet et quelque soit la cible l'ignominie est ignoble et peut être discernée et dénoncée comme telle. Pourquoi cette perte de contrôle moral, sinon mental?
Vous stigmatisez en effet l'écart entre les accusations et la réalité. Seuls ceux qui y trouvent un aliment pour leur animosité peuvent être aveuglés à ce point.
En fait il y a sans doute là quelque chose de fondamental sinon inconscient qui réagit comme devant un risque majeur. Quel risque? Sans doute la perte d'un magistère du bien usurpé et des idéologies qui les sous-tendent. Comme je l'ai suggéré ici le détournement du débat sur l'identité nationale en un débat sur le débat, détournement du sujet manifeste, est en partie lié au fait que l'universalisme républicain dont se réclament à un titre ou un autre nos imprécateurs est incompatible avec la notion même d'identité nationale. C'est cela qu'il ne faut pas dévoiler. Il ne faut pas dévoiler que ces pensées n'acceptent pas l'altérité et la conception de l'homme qui s'y rapporte, des anti-humanismes amoraux à peine masqués. C'est tout simplement cela qui est hurlé par ceux-là même qui devraient se souvenir de Salengro s'il leur restait un brin conscience morale.
Le titre de Badiou "De quoi Sarkozy est-il le nom" est d'une rare infamie. un exemple criant du déni de l'autre, de l'être, de l'homme et par là de lui-même comme homme. Personne en tant qu'humain ne peut être traité comme cela, seules les pires références le rappellent. Sa "compréhension" si apparemment authentique de Saint Paul ne serait donc qu'une imposture? Il ne suffit pas de rester en sidération pour vivre une transcendance. Il ne suffit pas de cracher au visage de l'homme fusse-t-il Sarkozy pour effacer l'humanité.
Mais quelles sont ces idéologies, ces conceptions de l'homme et du monde qui sont aux abois? Les investigateurs professionnels devraient s'y coller.
Merci à l'auteur de l'article de simplement dire cet étonnement qui échappe semble-t-il aux complaisants, complices ou absents.
Je suis d'accord sur le fond, il y a exagération. Mais M. BESSON fait constamment du zèle... Venant du parti socialiste, il est plus à droite que tous les membres de l'UMP. En plus, peut-être parce qu'il est toujours attaqué, il a cet air condescendant qui le rend très antipathique. Quant à ses charters, il en reconduit 10 à coup de billets d'avion (qui paye ?) et il en rentre 30. Un simple coup médiatique certes mais pas coup efficace. Si il me fait rire c'est nerveux, parce que ce gars-là n'a rien d'un comique. Si, à part nous faire passer pour des fêlés dansl le monde entier avec son débat sur l'identité nationale.
Il fait tout pour se faire remarquer ! Avec toutes les invasions subies par notre peuple, qui peut dire en France qu'il est français de souche ? Personne. On a tous des ancêtres étrangers, et tant mieux, vive la diversité. Regardez les USA, ils sont tous d'origine étrangère et jusqu'à ses dernières années, c'était le pays leader du Monde.
M. BESSON n'est pas Laval,le contexte n'est pas le même? il est un simple serviteur-courtisan de l'Elysée.
Puisque Besson n'est pas Laval, arrêtons donc de répéter qu'il est sa réincarnation. D'autant plus que la seule fois où il s'est exprimé d'une manière qui puisse légitimement provoquer ce genre de comparaison, il était encore au PS et personne ne s'est alors offusqué (souvenez-vous de ce Sarkozy "néo-conservateur bushiste à passeport français").
Mais ce que je veux dire, au final, c'est qu'il doit être possible de conduire un débat démocratique, même relativement violent, même passionné, sans tomber dans la foire d'empoigne grotesque à laquelle nous sommes rodés mais dont les derniers développements sont vraiment très surprenants.
Et tout ça n'empêche certainement pas de commenter la politique du gouvernement à l'égard de l'immigration et de s'agacer des appels du pied aux électeurs du FN dans la perspective des régionales (qui valent bien les mamours d'un Hamon à l'égard du NPA toutes choses égales par ailleurs).
Evidemment la France de maintenant n'est pas celle de Vichy mais on peut parfois effectivement se demander si avec un contexte à similaire le gouvernement ne mènerait pas la même politique (en remplaçant les juifs par les émigrés) tant les idées sont proches.
Si Sarkozy est lui comparé à un dictateur c'est parce qu'il agit en dirigeant seul le pays, en imposant sa politique sans écouter le peuple ou l'opposition, sauf quand il veut débaucher une personnalité politique ou publique.
Heureusement la France n'est pas Vichy, Sarkozy n'est pas Pétain et Besson n'est pas Laval mais il faut aussi penser que si un régime totalitaire est impensable sous la forme du XIXème siècle, il peut prendre d'autres visages et modes de fonctionnement pour être moins voyant mais malheureusement aussi efficace. Je ne parle pas ici de politique de purges ou d'extermination mais d'une politique bien actuelle qui consiste à donner toujours plus de privilèges et de pouvoirs aux puissants et aux riches et toujours moins à ceux qui en ont le plus besoin.
si cet article est utile il faut se poser la question du rapport qualité/coût de l'enseignement de l'histoire. Il ne faut pas que les journalistes prennent au premier degré tout ce qui est dit dans la presse.
Cher monsieur Sherraf,
Je crois personnellement que notre civilisation a perdu son âme... et qu'elle dérive dangereusement vers un futur qui me déplait à moi.
- des lois à n'en plus finir, guidées par l'émotion médiatique savamment entrenue.
- une absence totale de réflexion avant action...
- un culte de la personnalité
- le non respect des droits fondamentaux de l'homme, comme le droit aux enfants à vivre avec leurs parents, le droits à 2 êtres de s'aimer et de vivre ensemble
- des forces de l'ordre bien plus serviles encore qu'à l'époque, dotées d'outils législatifs leurs donnant tous les droits... et ne comptons pas sur la justice qui fera ce qu'on lui dira de faire...
- j'ajouterai un don inné pour s'écraser devant le plus puissant du moment... la Chine...
Il se fait tard... je m'endors encore dans un pays où j'ai le droit de penser et d'écrire ces mots. Après tout, cela me fait du bien.. et n'empeche en rien le business ...
Oui mr Sherraf... vous êtes aveugle... comme beaucoup ... comme tous... endormis que nous sommes par le gavage médiatique et le confort
Que de journalistes offusqués soudain par "l'outrance" anti-sarkozyste ! Il est vrai, sans doute, que tout ce qui est excessif est insignifiant...
Néanmoins, puisque vous faites allusion aussi - pour garder l'équilibre ? - aux injures adressées par la droite et l'extrême-droite à la gauche, il serait plus intéressant de revenir à l'avant-guerre quand, selon MAURRAS le maître à penser de "l'Action Française, Léon BLUM était bon "à fusiller dans le dos". C'était l'époque où l'on disait que BLUM n'était "pas français, puisqu'il était juif". Vous pouvez vérifier les journaux de l'époque. C'est écrit en toutes lettres. C'était l'époque où le grand débat mené par la droite et l'extrême-droite contre le Front Populaire reposait aussi sur la dénonciation du "cosmopolitisme"... Simplement, à notre époque, on a changé de bouc émissaire. "L'arabe immigré" a remplacé "le juif apatride" des années 30. Mais la tentation est toujours la même en pleine crise économique : parler d'autre chose que des choses qui fâchent, le chômage et la misère par exemple.
Ne "travestissons donc pas la réalité" et continuons à chanter tous en choeur : "ils étaient trois petits enfants qui s'en allaient glaner aux champs"... St Nicolas est là qui va ressusciter ceux qui ont été découpés en morceaux dans le saloir du méchant boucher !
On peut aussi revenir à l'entre deux guerres, pas la dernière, mais celle d'avant. Entre 1870 et 1914, époque pendant laquelle l'antisémitisme était aussi de gauche, contre les méchants banquiers juifs. Sans parler de la philosophie colonialiste du blanc supérieur allant civiliser les peuples noirs qui était aussi en majorité soutenue par les socialistes de l'époque.
Rappeler ces faits ne fait pas avancer le débat d'un iota. Il serait stupide de comparer la doctrine socialiste du XXIe siècle avec celle du XIXe.
N'oubliez pas que le racisme est la chose la mieux partagée entre l'extrême droite et l'extrême gauche. Quand l'extrême droite focalise les peurs sur l'arabe immigré, l'extrême gauche fait peur avec son plombier polonais qui vient prendre le travail des bons français. Les ressorts son exactement les mêmes.
Enfin, citons l'auteur de l'article. La comparaison internationale permet d'éclairer le sujet en sortant de notre périmètre franco-français : "que sont donc Angela Merkel, Gordon Brown, José Luis Zapatero, Fredrik Reinfeldt, Jan Peter Balkenende, leaders dont les stratégies sont parfaitement superposables à celles du président français sur à peu près tous les sujets ?"
L'ensemble des citoyens doivent être vigilant sur les sujets que vous évoquez. Mais cette vigilance doit rester dans le principe des réalités.
Occupé très égoïstement à célébrer la nouvelle année, je n'avais pas encore lu votre contribution...
M'accorderez-vous que la vieille théorie des "extrêmes qui se rejoignent" amène parfois à tourner en rond, et éloigne du "principe de réalités" invoqué ?...
Permettez-moi juste quelques rappels :
- entre 1870 et 1914, la gauche socialiste (Jaurès et Blum notamment) était clairement engagée dans l'affaire Dreyfus du côté de la Ligue de Défense des Droits de l'Homme créée à cette occasion; toute la droite nationaliste, avec l'Eglise et l'Armée, était antidreyfusarde, soutenue par des journaux comme "La Croix" ou "L'Action Française" et son cortège d'écrivains (Barrès, Maurras).
- à propos du colonialisme, vous attribuez aux socialistes une opinion qui appartient à Jules FERRY, le chantre du colonialisme, qui, certes républicain, était loin d'être "de gauche"! Voici la transcription de son fameux discours à la chambre (1885): " Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu'en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... [Rumeurs sur plusieurs bancs à l'extrême gauche.] Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. » .
- Quant à la ridicule histoire du plombier polonais, je rappelle qu'elle a été popularisée par Philippe de Villiers qui, comme vous le savez, n'a rien d'un gauchiste ! Voici ce qu'il déclarait avant le referendum de 2005, à propos de la fameuse "directive Bolkenstein" (du nom d'un commissaire européen de l'époque) : "Cette affaire est très grave, car la directive Bolkestein permet à un plombier polonais ou à un architecte estonien de proposer ses services en France, au salaire et avec les règles de protection sociale de leur pays d'origine. Sur les 11 millions de personnes actives dans les services, un million d'emplois sont menacés par cette directive. Il s'agit d'un démantèlement de notre modèle économique et social."
Cela dit, je suis d'accord avec vous sur un point : l'appellation "de gauche" n'est ni un "label rouge", ni une A.O.C. (Appellation d'Origine Contrôlée). L'histoire récente nous a assez montré qu'il y avait parfois tromperie sur la marchandise !
Bien cordialement.
Mais quels crimes a donc commis M. Besson pour s’attirer un tel torrent de haine et de telles bordées d’injures ? Est-il ministre d’une République parlementaire ou bien d’un gouvernement d’exception ? Applique-t-il les lois d’un Etat démocratique ou bien celles d’un régime fasciste ? Agit-il en contrevenant à tous les principes et règles fixés par le droit national et international ? Procède-t-il avec l’aide de la police d’Etat à des rafles massives de femmes, d’enfants et d’hommes pour les envoyer à « une mort certaine » ? Collabore-t-il avec une puissance occupante pour procéder à une politique de purification raciale ? Vivons-nous en dictature, N. Sarkozy en est-il notre Guide Suprême et les partis de la majorité des partis fascistes ? Comparer Eric Besson à un Laval, Déat (on attend plus que Pucheu mais cela va venir après la « trêve des confiseurs ») est une posture où l’outrance le dispute à l’imbécillité. N’a-t-on pas entendu aussi M. Montebourg évoquer « le ventre encore fécond d’où est sortie la bête immonde » (il connaît ses classiques). Et tout cela à quel propos ? De malheureux Afghans ont dépensé une fortune pour rejoindre la Grande-Bretagne où vivent certains de leurs proches nous dit-on. Mais, voilà, les cyniques Anglais au cœur sec ne les acceptent pas. Doivent-ils rester en France alors que ce n’est pas leur intention ? Si l’opposition au cœur généreux gros comme ça trouve que les renvoyer dans leur pays d’origine (où leurs compatriotes qui n’ont pas les moyens financiers de fuir où qui veulent simplement rester dans leur pays se comptent par millions) est une honte, un déshonneur, un crime contre l’humanité (rien que ça !) et que la France n’est plus la patrie des droits de l’homme, pourquoi ne propose-t-elle pas en toute logique l’abrogation des lois régissant le droit d’asile, les conditions d’immigration et l’obligation d’avoir des documents en règle ? D’après ce que nous dit la presse, chaque personne montant à bord d’un fameux « charter de la honte » reçoit un pécule de 2000 euros (le salaire moyen en Afghanistan est de 40 euros par mois soit 4 ans de salaire) et une structure d’accueil est prévue à l’arrivée avec suivi individualisé du projet personnel). Ce n’est quand même pas un retour à fond de cale avec boulets aux pieds. Quand en 2012 les socialistes et leurs alliés concurrents seront à nouveau aux affaires (politique fiction), nul doute qu’ils sauront régler le problème de l’immigration clandestine et sauront au nom des grands principes de générosité universelle accepter « toute la misère du monde » et tous les « résistants » qui fuient leur pays… Il fut un temps – celui de Guy Mocquet, de l’Affiche rouge et des Fusillés de Châteaubriant - où des gens cherchaient à rejoindre la Grande-Bretagne mais pour d’autres raisons. Ils allaient y rejoindre de Gaulle, un autre dictateur celui-là !
Bravo pour un article sain et équilibré qui contraste nettement avec les propos de Badiou, Todd et (explosion de rires) Huchon (ce grand défenseur des valeurs de gauche - et de son portefeuille!)
C'est dénigrer les souffrances des victimes du vrai fascisme que de comparer la France d'aujourd'hui avec ces états totalitaires.
Sans parler du fascisme de gauche qui était le communisme.
En France et dans tous les pays d'Europe, y compris le mien, il y a un fond 'fascisant'. Il représente 15%-20% de la population. Quelques 5% parmi ceux-là pourraient être considérés comme de vrais fascistes. (supériorité de la race blanche, anti-semite, ultra nationaliste etc.)
La main mise sur le pouvoir réel d'un pays par ces 5% dépend de la situation économique du pays et de la manière dont le pouvoir en place (gauche ou droite) semble tenir compte de leur point de vue.
La république de Weimar a échoué totalement à rassurer ses 'fascistes soft' avec la suite que nous connaissons.
Peut-on dire autant de Sarkozy qui, à ce jour, a réduit le % du FN de 17% à quelques 5%?
Et que dire d'un parlement qui offre quelques 30 sièges à un parti communiste qui ne représente que 1.5% des votants et zéro à un FN qui a réussi jusqu'à 17%?
Est-ce ainsi qu'on rassure ceux qui, pour des raisons diverses - chômage, nationalisme déplacé, xénophobie ou du racisme' soft' - se croient lésés?
Le 'débat' sur l'identité nationale est une farce - surtout quand il ne fait pas référence, justement, à la période de Vichy , à l'époque où le leader du PCF avec ses 20% des votants (et le plus stalinien de l'Europe occidental) trouvait que le bilan de l'URSS était 'globalement positif', et à l'Algérie. Car ça aussi fait parti de l'identité française.
Mais si le débat rassure un peu les 15% de 'fascistes soft' ce n'est pas cher payé.
J'aime cette idée selon laquelle des idées d'extrême-droite seraient moins nauséabondes lorsqu'elles sont portées par un grand groupe politique comme l'UMP.
L'important, ce ne sont pas les propositions, mais la nécessité d'appartenir à un groupe républicain, ce qui offre toute liberté.
Ainsi, ce qui était infect dans la bouche d'un Le Pen n'est plus qu'une question de bon sens chez Besson.
Les électeurs d'un Le Pen qui ont viré de bord peuvent maintenant se sentir légitimés dans leur droit à déterminer ce que être français et, par extension, ce qui n'est pas français.
Mais comme vous le dites si bien, ce qui est important, c'est que le FN n'existe plus.
Que ses idées ressurgissent au sein de l'exécutif français ne pose aucun problème.
C'est vrai, c'est bête, vu la faible représentation du FN auparavant, son programme ne pouvait pas être appliqué.
Aujourd'hui, grâce à l'UMP, c'est devenu possible.
Fier d'être français, comme disait l'autre, mais qui déjà ?
... la France de Vichy, n'est-ce pas ?
Maréchal, comment déjà ?
Et ne disait-on pas : "Plutôt Hitler..." ?
Mieux vaut peut-être, en effet,
la laisser à l'Histoire - avec laquelle
ses rapports sont toujours un peu tendus,
comme par hasard -, la France de Vichy.
Quoi qu'il en soit, elle aura été mise
à toutes les sauces, la France.
Il en est une dans laquelle
ne vit pas non plus
autant de monde que ça :
la France de Neuilly.
Polyfranchement.
J'aime bien ton ironie à l'anglaise et j'essaie de comprendre toutes les nuances qu'elle cache.
Mais il me semble que tu n'as pas compris le sens de mes propos. Erreur de jeunesse peut-être.
Car justement, l'histoire de Allemagne l'a montré, il est nettement mieux que "Les électeurs d'un Le Pen qui ont viré de bord peuvent maintenant se sentir légitimés dans leur droit à déterminer ce que être français et, par extension, ce qui n'est pas français" etc. etc. - plutôt que de s'enfoncer dans des propos qui à la longue deviendraient carrément hitlérien.
Si tu ne comprends pas cela, si tu préfères avoir moralement - et peut-être idéologiquement - raison tu prépares le nid des fascistes comme les communistes et les sociaux démocrates l'ont fait si bien en Allemagne dans les années '30.
Je comprends que c'est tellement plus satisfaisant de se sentir vertueux et au dessus de ces mauvais gens de droite.
Mais ce n'est ni démocratique (car ces 15% à 20% de gens existent et ils ont autant de droits que toi) ni efficace à la longue.
Que la France, qui a connu la honte de Vichy et la barbarie hitlérienne, pourrait quand même voter 17% FN une génération plus tard en apporte la preuve.
Désolé, mais l'être humain est ainsi fait! Dans la vie il ne suffit pas d'avoir moralement raison pour sauver la démocratie - ni la moralité. Tu verras à la longue!
Oui, le débat actuel, posé dans les termes dans lesquels il est posé, est casse gueule, oui il va forcément offrir une tribune aux pires remugles xénophobe que le beauf moyen rêve d'éructer à la gueule des "tapettes" (dans lesquelles je me reconnais !), oui ...
Mais qui peut dire en 2009 que la France peut faire l'économie d'un débat sur le vivre ensemble ? sur la France, ce qu'elle est, ceux qui la font ...
Personne de sensé
J'admire la dialectique qui a fini par imposer l'idée que le régime de Vichy était un régime de droite, alors que tous ses animateurs (Laval, Déat, Doriot) étaient d'extrême gauche !
Quand à Guy Môquet, quel que soit le respect dû à ceux qui meurent à 17 ans pour leurs idées, c'était tout sauf un résistant. Quand on l'arrête, l'URSS - donc le PC - est l'allié d'Hitler. Fils de stalinienn, il milite seulement contre le capitalisme...
Mais plus c'est gros, plus ça passe !
Candide & Cie a dit "Mais qui peut dire en 2009 que la France peut faire l'économie d'un débat sur le vivre ensemble ? sur la France, ce qu'elle est, ceux qui la font ..."
Amusante question ! Les Italiens, qui ne sont une nation que depuis le milieu du XIXème, ne se posent pas la question de ce que c'est qu'un Italien. Idem les Allemands.
Et nous qui sommes Français depuis le baptême de Clovis, on devrait se poser la question de ce que nous sommes ?
Si nous n'étions pas en train de nous dissoudre dans des peuplades inassimilables, personne ne se poserait une question aussi baroque !
Justement il y a ceux qui pensent qu'être français c'est ce que vous en dites ou toute autre référence au passé lointain et il y a ceux qui disent que c'est après avoir détruit cette référence (table rase) avec la révolution qu'une nouvelle identité nous refonde. Tout être humain soumis à ce régime s'en prend une bonne psychopathologie, les nations aussi.
C'est là le problème.
Avec la ligue du nord, la chasse aux immigrés, l'expulsion des roms etc etc l'Italie ne serait pas tiraillée par des problèmes identitaires. En France le débat me semble plus artificiel.
Alain Badiou, Emmanuel Todd, Jean-Paul Huchon = nouvelles figures d'autorités "cpup" (= cult.philo.universt.polit.) vous êtes tombé sur la tête je traduit directement par vieilles badernes revanchardes et puantes (ou assimilées). Quand au mot contribution remplacez le par déjection ce sera plus approprié. (je suis avec ces mots au moins à 3 degrés en dessous de la violence des sus-nommés)
Pour ma part je n'aime pas trop les vocables que je viens d'utiliser (cela ne fait pas partie de mon langage habituel) mais quels sont ceux qui seraient mieux appropriés?
L'ensemble de l'article en dehors de cette micro(nano)polémique est parfaitement correct et policé.
Vous avez raison et vous avez tort.
Nous n'en sommes pas à Vichy et certains qualificatifs sont trop forts.
Néanmoins, on note une dérive inquiétante vers moins de démocratie, de par les initiatives du chef de l'état :
- Nomination par le chef de l'état (disons par sa majorité qui est à ses ordres) des présidents des médias publics
- Interventionnisme du chef de l'état envers les journalistes non complaisants pour les faire taire (Genestar, critique du Nouvel Obs...)
- Volonté de supprimer le juge d'instruction, ce qui affaiblira nettement la séparation des pouvoirs, et attaques répétées contre les juges
- Népotisme (EPAD) et clientélisme accru (baisse TVA restaurateurs...)
- Soutien accru aux amis financiers du pouvoir (Bouygues, Lagardère...)
- Fiscalité très favorable aux très hauts revenus, au détriment forcément des autres
Et quant aux droits accrus du parlement, on ne leur donne que pour les bafouer en ce moment...
On est encore loin de Vichy mais on s'en rapproche au lieu de s'en éloigner pour aller vers le modèle des démocraties scandinaves transparentes ce que nous devrions tous souhaiter
Nous n'allons pas entamer la critique des prédécesseurs de Sarkosy, mais ce n'était pas mieux. Les points que vous soulignez:
-présidents médias ok avec vous
-interventionnisme: inutile si les présidents sont indépendants
-je suis pour l'adjonction d'un juge représentant le "coupable présumé" et conserver bien sûr l'actuel J.U.
-Népotisme, clientélisme, Bouygues, Lagardère ok avec vous
-fiscalité très hauts revenus pas d'accord avec vous
On a dit et écrit tellement de conneries ces temps ci sur Besson, Sarko, Hortefeux et consorts; les bornes de l'outrance et de l'injure ont été largement dépassées par des politiciens et des journalistes en mal d'excès !
Avez vous eu la bonne idée de le faire parvenir à Todd ?
Votre article fait du bien , je vais peut-être même le piquer si vous me le permettez ! Merci.
Cordialement,
cette formule anglo-saxonne convient parfaitement à ces contempteurs de la société française! Mme Diaye l'a compris en s'exilant à Berlin et M. Badiou serait bien inspiré d'aller vivre dans les quelques paradis du communisme qui demeurent dans le monde et où la vie d'homme libre est si enthousiasmante; cela lui permettrait d'oublier qu'au nom du mot COMMUNISME, plus d'hommes et de femmes ont été tués au 20ème siècle qu'au nom de toute autre idéologie, même le nazisme!
Tiré de l'échange Badiou-Finkielkraut (c'est Badiou qui parle):
"Dès que les considérations identitaires sont injectées dans la politique, dans le pouvoir d'Etat, on est dans une logique qu'il faut bien appeler néo-fasciste."
Selon cette définition (qui est sans doute discutable, mais elle me paraît tout à fait recevable) il n'est pas exagéré de considérer le régime actuel comme fasciste. On pourrait aussi citer le terrorisme policier (quotas de GAV, PV et autres expulsions, Tarnac, etc..), la mise à mal de la séparation des pouvoirs (les "coupables" de Sarko, le "procès" Colonna..), les valeurs axées sur la patrie, le travail, la famille. Bref, le Pétain de 40-45 ne sentirait parfaitement à l'aise dans la France d'aujourd'hui.
Votre article est insuffisant puisqu'il se contente d'attaques personnelles assez peu argumentées
Je vous remets ci-dessous un article écrit en mars, qui ne me semble pas avoir perdu de son actualité.
http://artypunk.wordpress.com/2009/03/26/liberte-liberte-cherie/
On n'est pas dans la France de Vichy mais on s'y dirige.
Si votre femme était étrangère, si votre fils était turbulent à la maternelle,si votre neveu était étudiant gauchiste, si vous travaillez à l'EPAD, si votre cousin était pédophile, si votre mère avait rechargé des portables d'afghans, si vous étiez passé par une garde à vue... vous ne penseriez peut-être pas la même chose.
************************************
Quand j’étais jeune, on apprenait ce poème de Paul Eluard,
Liberté, sur mes cahiers d’écolier, sur mon pupitre et les arbres, j’écris ton nom…
Bizarrement, ce n’est plus au programme. Aujourd’hui, “liberté” rime avec “sécurité”.
Au moment où un gauchiste en marge de la société est retenu en prison depuis 4 mois sans preuve matérielle sur une inculpation très contestable de terrorisme, (peut-être est -il vraiment coupable de dégradation, mais ce n’est pas une raison ) ça vaut le coup de se plonger dans le recueil du PS “La France en liberté surveillée” .
Bien sûr, c’est une contre-attaque politique d’un parti desespérément à la recherche d’un angle d’attaque, mais la critique sur le fond me semble fondée
On y voit des dérives inquiétantes:
- loi sur la récidive qui est une remise en cause de l’individualisation des peines et instaure des peines planchers ( sauf si motivation spéciale du juge) d’au minimum un an, même sur des cas simples comme le vol; les peines plancher ont été appliquées dans plus de 10 000 cas cette année. A noter l’intervention du parquet (dépendant du Garde des Sceaux) qui demande un appel systématique en cas de non application des peines plancher. On est loin de l’indépendance de la justice.
- la rétention de sûreté qui maintient un “fou” en détention surveillée après la fin de sa peine en fonction du risque présumé de dangerosité
- les conditions d’”accueil” des étrangers, (35 000 pendant 13 jours en moyenne) parqués dans des Centres où se produisent des faits divers graves (incendie, suicides, mutilations, grève de a faim) alors qu’on essaie d’éloigner la structure chargée de les défendre (la Cimade)
- multiplication des délits d’outrage, (x2 en 10 ans , soit 32 000 ) qui traduisent probablement des tentatives d’intimidation des citoyens, ou au moins un sentiment d’impunité de la police, ce que traduit aussi le doublement en trois ans des saisines de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS) pour violences policières
- interventions policières en milieu scolaire pour faire la chasse aux sans-papiers, rechercher de la drogue, contrôler les grévistes
- équipement de la police en TASERs, qui augmente la violence des interpellations policières
- mutiplication des contrôles d’identité sans raison, épinglée par la CNDS (dont la suppression est d’ailleurs prévue)
- multiplication des gardes à vue (+70% en 6 ans)
- loi Hadopi qui autorise la coupure d’internet sans jugement contradictoire pour téléchargement de musique (une pratique de millions de français)
- création de fichiers multiples et variés, dont le STIC portant sur 10% de la population française, présentant des manquements graves dans la rigueur de leur gestion (selon la CNIL), conduisant à des refus d’embauche sur la foi d’erreurs de saisie. 1 million de personnes blanchies par la justice y sont encore considérées comme suspectes; fichage adn de 1% de la population française
- différentes tentatives de contrôles heureusement retoquées par le conseil constitutionnel (fichage adn des enfants d’étrangers pour prouver la filiation, prévention des délinquants dès l’âge de trois ans, incarcération de mineurs de 12 ans…)
- limogeages des hauts fonctionnaires critiques ou simplement objectifs
- différentes mesures pour contrôler la presse (intimidations, contrôle des nominations)
- mesures d’intimidation de la justice (convocations, circulaires, menaces, suppression du juge d’instruction…)
- réduction des pouvoirs d’expression des députés de l’opposition
- appel à la délation (dénonciation des passeurs d’immigrés en échange de visas)
- tentative de remise en cause des principes de laïcité, bienveillance envers les sectes (scientologie)
… tout ça n’est pas un hasard.
Ce n’est pas non plus seulement une tentative de séduire l’extrême droite par des discours.
C’est bien une radicalisation de la politique de droite qui nous approche de l’état policier
Malheureusement, la liberté n’est jamais acquise, et le XXème siècle est plein d’exemples pays européens qui se sont engouffrés dans l’autoritarisme (Espagne, Grèce, Portugal, Allemagne, …) .
On n’est jamais trop prudent
Si l'arrivée des chars russes à Strassbourg était d'une stupidité évidente, il n'est pas faux de constater que bon nombre de discours et postures pétainistes sont reprises et exploitées par la majorité présidentielle actuelle. Par exemple, le fait que l'IVG soit de plus en plus mal considéré dans les hopitaux est le résultat des actions et décisions giuvernementales, pas toujours publiques, mais bien mises en oeuvre. Il y a là une politique conservatrice catholique bien vichyssoise....
De meme, de nombreuse prises de positions de M Besson, toujours décrites sur la base d'évidences peu contestables dans le cadre précis du discours ministériel, sont toujours erronnées lorsque mises en perspectives européennes, nationales voire simplement législatives.... La soumission des médias aux propos gouvernementaux est l'indice de cette politique pétainiste.