Kiehls x Deauville

Festival du Film Américain de Deauville : Jour 2

Contenu partenaire, mis à jour le 04.09.2017 à 18 h 36

Au programme : du sable fin, des kids qui font n'importe quoi, une génie des maths et un acteur timide

DR David Périneau

DR David Périneau

Quand on arrive à Deauville, une des premières choses que l'on remarque, c’est l’immensité des plages. Elles s’étendent à perte de vue du nord au sud sur d’impressionnantes largeurs. La Manche se mérite. Pour s’y baigner, il faut marcher, longtemps, dans le sable. C’est pour cela que pour ce deuxième jour de Festival, après une nuit très courte, j’ai voulu les arpenter quelques minutes ces plages. Ce samedi, histoire d’absorber un peu d’air frais et marin, j’ai donc flâné le long des planches, là où Jean-Louis Trintignant retrouvait Anouk Aimée au petit matin.

La plage, justement, est une obsession d’Eliza Hittman qui, après avoir filmé le désastreux éveil sexuel pendant un été à Coney Island d’une adolescente trop influençable dans It Felt Like Love, repose sa caméra dans la station balnéaire de Brooklyn pour Beach Rats, le premier film de la compétition. Quelques mois après avoir remporté le Grand Prix du Festival de Sundance, la jeune réalisatrice semble fascinée par ce lieu où errent ces jeunes qu’on croirait tout droit sortis du Kids de Larry Clark, accros aux anti-douleurs et rongés par une pauvreté qui résonne en eux comme une fatalité. Sur cette plage, à l’exact opposé de celle, très chic, de Deauville, elle filme des corps adolescents aux prises avec leur sexualité, des corps érotiques qui se cherchent dans un film qui peut rappeler Moonlight ou le français L’Inconnu du Lac.

Petit voyou typique de Brooklyn

Un film dont il est étonnant de découvrir que le jeune héros est aussi peu américain que vous (probablement) ou moi. Dans la peau de ce petit voyou typique du sud de Brooklyn, on retrouve en effet Harris Dickinson, un pur produit du théâtre anglais qui marche clairement dans les pas de Robert Pattinson à qui le Festival rendait hommage et dont le Good Time, après un passage à Cannes, était présenté ce samedi à Deauville.

Dans un de ses plus beaux rôles à ce jour, le jeune acteur britannique incarne un jeune homme tentant de sortir son frère handicapé de prison après un braquage de banque qui a mal tourné. Difficile de se dire qu’avec ses cheveux hirsutes et décolorés, ses yeux hallucinés et son accent typiquement new-yorkais, c’est le même acteur qui jouait, il y a à peine dix ans, les jeunes premiers dans Twilight ou Harry Potter. Ayant complètement abandonné Hollywood depuis ces personnages qui ont fait sa gloire et sa fortune, il a préféré les petits ou grands rôles dans des films qui, eux, sont souvent grands malgré leur petit budget, des films qui, comme l’a rappelé Bérénice Béjo dans son hommage, ne se seraient jamais faits sans lui.

«On a parlé de cinéma. Beaucoup. J’ai découvert que tu étais un cinéphile, que tu avais un avis bien tranché, pointu et parfois surprenant sur le cinéma et en particulier sur le cinéma français. On t’imagine d’une certaine manière et en fait tu es tout autre. C’est la force des grands acteurs: ils brouillent les pistes pour ne jamais être mis dans une case. Tu nous embrouilles pour pouvoir nous surprendre», se rappelait l’actrice qui a partagé l’affiche avec Pattinson dans L’Enfance d’un chef.

Humble et visiblement mis un peu mal à l’aise par cet hommage rendu si tôt, l’acteur, dont le rire trahit une évidente grande timidité, a cru bon de lister l’intégralité des réalisateurs et réalisatrices qui l’ont fait tourner jusque là. Une liste débitée avec un rythme de mitraillette (David Cronenberg, Werner Herzog, Anton Corbijn, James Gray, Claire Denis...) comme pour se dédouaner de ces honneurs un peu embarrassants, comme pour faire porter aux autres, plus méritants à ses yeux, la charge trop lourde des applaudissements et de la standing-ovation.

Comme un grand huit

Il est alors tellement étonnant de voir cette timidité et cette humilité de l’acteur confrontée, quelques minutes plus tard, à un rôle dur, intense, brutal, presque sordide qui fait inévitablement penser à celui de Robert De Niro dans Taxi Driver. «Vous connaissez tous Robert Pattinson mais vous allez faire connaissance avec Connie Nikas», disait ainsi Josh et Benny Safdie, les réalisateurs de Good Time.

C’est une de ces choses étranges avec les festivals de cinéma comme Deauville, intimes et loin de la frénésie très élitiste de Cannes: voir, côtoyer presque au quotidien des acteurs et actrices que l’on a l’habitude de voir chaque semaine sur son grand écran préféré, dans des rôles souvent à l’opposé d’eux-mêmes. Ce soir, juste avant d’écrire ces lignes, je discutais dans le taxi du Kiehl's Club avec Swan Arlaud, que je venais de découvrir quelques jours plus tôt dans le film Petit Paysan , et Ana Girardot, si merveilleuse, cet été, dans Ce qui nous lie de Cédric Klapisch.

 

 

C’est leur beauté aussi, à ces festivals, de faire partager des émotions si diverses en si peu de temps, comme un grand huit. Car entre les très âpres Beach Rats et Good Times, ces films qui vous laissent la rétine endommagée, écorchée, il y a eu Mary, la très feel-good histoire d’une petite génie des maths incarnée avec une énergie incroyable par la jeune McKenna Grace, digne héritière de la géniale Tatum O’Neal dans La Barbe à Papa. Drôle et bouleversant à la fois, certains appelleront le quatrième film de Marc Webb (500 Jours ensemble) un mélo et d’autres de la guimauve. Moi, j'appellerais cela, surtout dans ce contexte, une soupape de décompression.

Comme les flâneries sur la plage, le cinéma a aussi ce pouvoir. Et, à coup sûr, il l’aura encore demain.

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David Périneau
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