Monde

Le mystérieux brouillon de la lettre de licenciement du patron du FBI par Donald Trump

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 02.09.2017 à 10 h 28

Repéré sur The New York Times

Selon plusieurs médias américains, le procureur spécial en charge de l'enquête sur une éventuelle obstruction de la justice par le président des États-Unis est en possession d'un courrier un peu trop explicite sur les raisons pour lesquelles il a renvoyé James Comey.

La lettre par laquelle Donald Trump a officiellement annoncé son renvoi à James Comey, le 9 mai 2017. MANDEL NGAN / AFP.

La lettre par laquelle Donald Trump a officiellement annoncé son renvoi à James Comey, le 9 mai 2017. MANDEL NGAN / AFP.

Selon le New York Times, le procureur spécial en charge de l'examen d'une éventuelle obstruction de la justice par Donald Trump, Robert S. Mueller III, est en possession d'un brouillon de lettre éclairant l'état d'esprit du président des États-Unis quand il a choisi de renvoyer le directeur du FBI, James B. Comey, en mai dernier.

D'après des sources citées par le quotidien, ce courrier, décrit comme une «longue tirade», a été «bloqué» par Donald F. McGahn II, le conseiller juridique de la Maison-Blanche, «qui estimait que son ton coléreux et décousu était problématique» et s'inquiétait des références faites par le président à des conversations privées avec Comey où ce dernier lui expliquait qu'il ne faisait pas l'objet d'une enquête dans le dossier de l'ingérence russe dans la présidentielle 2016. Il viendrait donc renforcer l'hypothèse selon laquelle Trump a renvoyé Comey parce qu'il était inquiet des actions du FBI dans ce dossier ou irrité que l'agence ne le blanchisse pas publiquement (Comey a depuis expliqué qu'il ne l'avait pas fait car l'enquête était en cours).

L'existence de cette lettre a été confirmée par d'autres médias, comme l'agence Bloomberg, selon lesquels le courrier, long de quatre pages, a été jugé à l'époque par l'avocat de Trump «démonstratif, impoli, provocateur et à l'encontre de la coutume présidentielle». Cette lettre avait été écrite en présence du président par son conseiller politique Stephen Miller lors d'un week-end dans son club de golf privé de Bedminster (New Jersey), début mai.

Inquiet de son ton, le procureur général adjoint Rod J. Rosenstein a alors décidé d'en rédiger une plus carrée, qui renvoyait James Comey en raison de son inaptitude à gérer correctement l'enquête sur le serveur d'emails privé de Hillary Clinton –un des deux arguments officiellement cités par l'administration, l'autre étant que Comey avait perdu la confiance de ses troupes. Ce qui n'a pas empêché Trump de rajouter à la version finale de la lettre de licenciement qu'il «appréciait grandement» que Comey l'ait informé «en trois occasions distinctes», qu'il ne faisait pas l'objet d'une enquête dans le dossier russe...

Trump avait déjà laissé échapper, lors d'une interview sur la chaîne NBC, qu'il avait «cette affaire russe» en tête quand il a choisi de renvoyer James Comey, car il estimait qu'il s'agissait d'une vengeance des Démocrates, furieux de la défaite de Hillary Clinton. Mais comme le note le Washington Post, il n'avait pas expliqué que cette «affaire russe» était la cause de ce renvoi, seulement qu'elle était venue s'ajouter, dans son esprit, aux raisons fournies par son administration: reste à savoir si celles-ci avaient été inventées pour la circonstance...

Selon plusieurs médias, les avocats de Trump ont récemment rencontré le procureur Mueller pour argumenter le cas de leur client, affirmant notamment qu'en tant que président, il avait constitutionnellement le pouvoir de renvoyer le patron du FBI, et que ce renvoi ne pouvait donc constituer une obstruction de la justice.

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