Kiehls x Deauville

Festival du Film Américain de Deauville : Jour 1

Contenu partenaire, mis à jour le 04.09.2017 à 18 h 38

Au programme: des vaches, de la vieille pierre, un roi de la comédie, Tom Cruise azimuté et Laura Dern.

DR David Périneau

DR David Périneau

Dans le train qui m’emmène à Deauville, rien à signaler. Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas eu droit à l’enfant qui braille, au passager aux écouteurs défectueux qui fait profiter le wagon de son électro de supermarché ou au voisin qui prend votre épaule pour une oreiller moelleux. Ce à quoi j’ai eu droit, en revanche, de l’autre côté de ma fenêtre, c’est aux Normandes qui profitaient d’une belle journée ensoleillée pour brouter paisiblement, c’est à toutes ces superbes maisons à colombages et toit de chaume, c’est à la Cathédrale Notre Dame d’Evreux, puis à la très impressionnante Basilique Sainte-Thérèse à Lisieux, qui ont commencé à magnifier un paysage de plus en plus verdoyant à mesure que l’on se rapprochait de la mer. Aujourd’hui, après un été passé à Paris, plutôt que de me plonger dans un livre, j’avais décidé de regarder de l’autre côté de la fenêtre.

Avant de m'immerger, pendant dix jours, dans les méandres de la société américaine, de sa beauté et de ses pires travers, de vivre aux rythmes d’un gamin paumé de Brooklyn aux prises avec ses désirs les plus intimes (Beach Rats), d’une accro aux influenceuses d’Instagram (Ingrid Goes West), d’un adolescent futur tueur en série (My Friend Dahmer), d’un modeste employé d’épicerie juif orthodoxe (Brooklyn Yiddish), d’un jeune cowboy déchu du Dakota du Sud (The Rider) ou d’une jeune serveuse trop gentille du Nouveau-Mexique (Katie Says Goodbye), il était bon de se rappeler à quel point la France était belle.

Hommage à Jerry Lewis

Pour cette première journée de Festival à Deauville, il en était de toute façon beaucoup question de la France - cette France qui a accueilli l’oeuvre de Jerry Lewis, récemment décédé à 91 ans, avec toute la déférence qui était due à ce gigantesque et protéiforme acteur comique. Le Festival américain de Deauville ne pouvait donc pas s’abstenir, dès les premières minutes de sa cérémonie d’ouverture, de lui rendre hommage. C’est Axelle Ropert qui s’en est chargée. Pour celui dont Jim Carrey disait récemment qu’il était un «incontestable génie» sans qui il «ne serait pas là», la critique, réalisatrice et membre du jury, a alors eu ces mots très émouvants:

«Jerry Lewis était un paradoxe à lui tout seul, un paradoxe comme seul le cinéma sait les inventer. C’était quelqu’un d’absolument odieux dans la vie et de merveilleux à l’écran. C’était un grand inventeur de personnage méchant qui se transformait en personnage de grand tendre. Il était méprisé comme cinéaste dans son pays dans les années 60 et, en même temps, il était adulé en France par les grands critiques cinéphiles des Cahiers du Cinéma et de Positif. Surtout, pendant toute sa vie, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, il s’est attelé à cet art infiniment trivial, laborieux, mal reconnu qu’est l’invention du cinéma comique. Mais, en même temps, malgré ce goût du trivial, il s’autorisait l’invention de grandes formes de mises en scène que seul le cinéma romanesque ose pratiquer. Alors, quand je pense à lui, j’espère que dans les années à venir, quand un jeune cinéaste aura des frayeurs comme François Truffaut pendant son travail, il se dira ‘où est ma photo de Jerry Lewis?’ et qu’il se souviendra de cette petite phrase que le cinéaste aimait à répéter: "le rire, c’est notre secret". »

La France, il en a aussi été question quand Laura Dern, à qui la salle du C.I.D. de Deauville a dédié une longue standing ovation, a évoqué «deux de mes anges gardien», Gregory Peck, mythique Atticus Finch du Silence et des Ombres, et son épouse Véronique Passani, journaliste française dont il était tombé amoureux pendant une interview en 1953 quelques jours avant qu’il se rende en Italie pour tourner Vacances Romaines avec Audrey Hepburn.

«Je me rappelle très bien quand ils m’ont dit que je devais absolument un jour aller à Deauville. Car ce fut un moment si important pour lui d’être honoré ici. Il parlait de ce moment et de cette ville si magnifiquement», a raconté l’actrice, muse de David Lynch depuis Blue Velvet ou Sailor & Lula.

Plongée frénétique

Un très beau moment balayé par l’hystérique et hyper-divertissant American Traffic, projeté hors-compétition, qui offre à Tom Cruise un de ses meilleurs rôles depuis très longtemps. Dans le rôle de Barry Seal, il incarne un pilote qui accepte de travailler à la fois pour la CIA et le Cartel de Medellin en pleine guerre de l’Amérique reaganienne contre les Sandinistes nicaraguayens. Comme l’avait déjà montré Né Un Quatre Juillet, Eyes Wide Shut, Magnolia ou Vanilla Sky, la méga-star n’est jamais aussi bonne que lorsqu’elle joue contre elle-même, contre cette image de winner au sourire carnassier qui a fait sa renommée. Dans le film de Doug Liman, qui connaît très bien son sujet (son père a été avocat dans l’affaire Iran-Contra) et qui retrouve le style baroque, survitaminé et surchargé de couleurs de son troisième film GO, Cruise est une sorte de loser flamboyant, un anti-héros azimuté, comme si le très couillu Maverick de Top Gun se mettait à péter les plombs et à ne plus rien contrôler dans sa vie, hormis le manche de son jet.Bref, le contraste fut brutal entre une journée débutée dans le calme réparateur d’un voyage en train à travers la campagne normande et la plongée frénétique dans une histoire si typiquement américaine que le cinéma hollywoodien n’aurait pu l’inventer lui-même, si elle ne s’était pas déroulée pour de vrai. D’autant qu’une journée de Festival n’est jamais vraiment terminée sans une fête avec quelques membres du jury révélations, Pio Marmai ou Anaïs Demoustier. Le Kiehl’s Club, à quelques mètres du C.I.D. me tendait les bras.

Que n’avais-je pas fait? Il est 4h30 quand j’écris le point final de cet article. J’imagine qu’on dormira le onze septembre. En attendant, je vous dis à demain. Moi, je vais aller me coucher.

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David Périneau
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