Culture

«Game of Thrones», c'est fini pour l'instant, que regarder désormais?

Slate.fr, mis à jour le 31.08.2017 à 14 h 00

Nous vous proposons quelques ingrédients pour retrouver la saveur de Westeros.

Image tirée de la série «Game of Thrones» © HBO

Image tirée de la série «Game of Thrones» © HBO

Ces dernières semaines, le lundi était devenu une journée spéciale pour des millions de fans de Game of Thrones à travers le monde. Pour certains, l'épisode accompagnait le petit-déjeuner. Pour d'autres, il fallait attendre le retour du bureau et naviguer entre les spoilers pour le visionner. Si tous n'ont pas aimé la saison, personne ne peut nier avoir été submergé à un moment ou un autre par le plus grand des désarrois ou la plus grande des jubilations.  

Mais maintenant que Jon et Dany sont partis et qu'on ne les reverra plus avant longtemps (2019, selon les rumeurs les plus persistantes), que faire? Comment supporter la rentrée et la perspective d'au moins deux automnes et deux hivers sans dragon? Aucune série ne peut prétendre ressembler à tout ce que propose Game of Thrones. Pour patienter néanmoins, nous vous invitons à découvrir ou redécouvrir quelques-unes qui, d'une façon ou d'une autre, vous permettront de retrouver la saveur de Westeros.  

1.KaamelottPour l'ambiance charrette de foin et cottes de mailles

Promis, on ne déconne pas. Après six saisons, et alors qu’une trilogie est prévue pour le cinéma, Kaamelott s’est imposée comme l’une des meilleures séries françaises de ces quinze dernières années. Développée par le génial Alexandre Astier, et centrée autour de personnages et d’acteurs remarquables (ou rendus remarquables par les dialogues et le scénario), elle raconte l’histoire du roi Arthur, de ses (incompétents) chevaliers de la Table Ronde, et de leurs aventures: entre batailles face aux Romains, quête du Graal, et recherche du sens de la vie.

Kaamelott a connu une véritable évolution sur le fond et la forme entre 2005 et 2009: passant d’une comédie au format court et non-sérialisé (c’est pas faux), à un drame (qui reste toujours drôle) dont les épisodes désormais sérialisés atteignent une quarantaine de minutes dans l’ultime saison.

À (re)voir aussi: Vikings, Rome… 

2.The Handmaid's TalePour l'ombre immuable de la mort et du deuil  

Nous l'avons répété plusieurs fois sur Slate.fr (ici ou ), The Handmaid's Tale est sûrement la nouvelle série la plus importante de ce début d'année. En suivant le parcours de ces femmes réduites au rôle d'esclaves sexuelles dans une Amérique contrôlée par des extrémistes chrétiens, on s'interroge sur notre propre société et sa capacité à sombrer dans la dystopie et la dictature. 

En plus de la façon dont les femmes sont traitées par les hommes, The Handmaid's Tale fait écho à Game of Thrones dans sa façon de considérer la Mort comme un personnage à part entière. Du jour au lendemain, à Westeros, un roi peut-être empoisonné pour trahison. Du jour au lendemain, dans l'Amérique de Margaret Atwood, une servante écarlate peut-être pendue ou torturée pour un mot de travers. Personne n'est à l'abri de la destruction, y compris le téléspectateur. Ce climat, aussi sombre soit-il, est fascinant car il nous confronte à notre propre mortalité. Il nous fait comprendre que n'importe qui, du jour au lendemain, peut disparaître. Ce n'est pas un hasard si tant de monde a été bluffé par l'actualité de The Handmaid's Tale et ce que la série dit de notre monde actuel. 

À (re)voir aussi: Oz (et ses 110 morts en six saisons), Six Feet Under

3.American GodsPour les effets spéciaux pas piqués des hannetons 

En sortant de prison, le très musclé Shadow Moon fait la rencontre d'un étrange homme, qui l'engage comme garde du corps et l'entraîne dans une guerre divine. Voici pour le pitch d'American Gods, diffusé sur la chaîne Starz. Pas d'imposants dragons ici, mais des Dieux, anciens et nouveaux, qui n'ont pas grand chose à leur envier. Car au-delà de l'histoire du romancier Neil Gaiman, la direction artistique des créateurs Bryan Fuller et Michael Green est d'une beauté sidérante.

Là où Game of Thrones pèche parfois par excès d'images de synthèse, American Gods peint littéralement ses personnages et ses décors et offre une expérience visuelle fascinante. L'une des scènes les plus impressionnantes, qui nous montre la pendaison (ratée) du héros et l'exécution sanguinolente de ses tortionnaires, est un bijou esthétique qui rappellera à certains découpages en règle de la série de HBO. Rappelons également que, si l'histoire se situe à notre époque et n'a rien à voir avec l'ambiance médiévale de Game of Thrones, des nombreux flasbacks nous permettent de renouer avec la mythologie américaine et l'histoire de son territoire. 

À (re)voir aussi: Legion, Twin Peaks the Return… 

4.The Crown Pour les problèmes de souverains riches

Elisabeth II, c'est soixante-cinq années passées sur le trône. Autant vous dire que la Reine d'Angleterre a connu son lot d'histoires, souvent heureuses, parfois tragiques. C'est sur elle que se base la série The Crown, avec pour ambition de couvrir toute sa vie à l'aide de plusieurs actrices. Dans la première saison, on l'observe monter sur le trône et apprendre à gérer ce nouveau statut dont elle n'a pas vraiment voulu. Elle doit alors gérer l'ego de ses conseillers et de personnages emblématiques comme Winston Churchill, avec qui l'équilibre des pouvoirs n'a pas toujours été aisé.

«J'ai conscience d'être entourée par des gens qui pensent qu'ils pourraient mieux faire ce travail que moi, glisse-t-elle dans un épisode. Des gens puissants, avec un fort caractère, mais pour le meilleur comme pour le pire, la couronne s'est posée sur ma tête.»

L'intrigue est également intime, puisqu'une large partie de la saison un repose sur la relation conflictuelle qu'elle entretient avec son mari. Depuis que leur vie a basculé, le duc d'Edimbourg a eu bien du mal à accepter de vivre dans l'ombre d'une femme, devenue sa Reine et qu'il devra servir le reste de sa vie. Des problématiques que l'on retrouve, vous l'avez compris, dans Game of Thrones. Seul bémol, The Crown s'inspire de faits réels et la famille Windsor n'a pas les mêmes drames que les Lannister ou les Stark (heureusement pour eux d'ailleurs). 

À (re)voir aussi: Downtown Abbey, Les Tudors…

5.Les Rois MauditsPour renouer avec les vraies inspirations de George R.R. Martin

George R.R. Martin l'a lui-même reconnu: il a (presque) tout piqué au cycle romanesque publié par Maurice Druon entre 1955 et 1977. D'accord, dans Les Rois maudits, vous ne trouverez pas de dragons et les morts ne ressuscitent pas, mais pour le reste, tout y est: malédictions jetées du haut d'un bûcher, rois fous, empoisonnements, enfants cachés et conflits pour une couronne, le tout aboutissant à la guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre. Certains personnages ne manquent pas de rappeler ceux de la saga de HBO, comme la «louve de France» Isabelle d'Angleterre, reine cruelle et amoureuse qui a trouvé une digne héritière en Cersei Lannister.

Le tout vous occupera moins longtemps que Game of Thrones (six épisodes d'une heure et demie, pour autant de volumes sous la plume de Druon), mais pour la peine, vous avez le droit à deux versions: celle, outrageusement sobre, tournée par l'ORTF en 1972, et celle diffusée en 2005 par France 2, avec la regrettée Jeanne Moreau dans le rôle de la «méchante» Mahaut d'Artois, et Julie Gayet dans ce qui était alors un rôle de composition, celui de première dame du royaume.

À (re)voir: Les Soprano, Sur écoute (aucun rapport mais comment ça vous ne les avez toujours pas vues!!!)


Bon visionnage et rendez-vous en 2019! 

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