France

Les contrôles bientôt renforcés en France dans les aéroports

Slate.fr, mis à jour le 29.12.2009 à 9 h 08

Brice Hortefeux entend renforcer rapidement le contrôle des passagers aériens dans les aéroports à la lumière des informations aujourd'hui disponibles sur la tentative d'attentat du 25 décembre sur le vol 253 Amsterdam-Détroit de la compagnie américaine Northwest. Selon Le Figaro, le ministre de l'Intérieur souhaite faire avancer rapidement au niveau européen son projet de renforcement de la sécurité aérienne.

Le plan se déclinerait en quatre axes, dont le principal concerne le contrôle de l'identité des passagers. Actuellement, les informations relatives à l'identité usuelle du voyageur - nom, prénom, âge, date et lieu de naissance - sont contrôlées lors de l'enregistrement, à l'aéroport. Le nouveau système permettrait, comme c'est le cas du système mis en place aux Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001, de recueillir des informations dès la réservation du billet, telles que le moyen de paiement, l'adresse de facturation, le numéro de téléphone, ou encore l'adresse électronique. Et de pouvoir ainsi identifier plus rapidement d'éventuels suspects

«Les kamikazes comme Richard Reid (qui a tenté de faire détoner ses chaussures bourrées d'explosifs dans un vol Paris-Miami en décembre 2001), ou le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab du vol 253, prennent toujours des vols en correspondance», qui ne sont pas concernés par l'obligation d'information sur les passagers, relève Le Figaro. Paris milite donc pour que les données transmises concernent également toutes les personnes qui ont pu transiter par un pays ami et les services de sécurité ainsi que les compagnies aériennes en Europe devront apprendre à communiquer.

Autre mesure envisagée, pour certains pays «à risques», les compagnies aériennes qui négligent ou refusent de transmettre à l'avance la liste de leurs passagers aux autorités françaises seront systématiquement verbalisées par la police aux frontières. Dès le 1er janvier 2010, un tel manquement sera sanctionné d'une amende qui se veut dissuasive de 50.000 euros.

Cette amende est une disposition qui en fait est déjà en vigueur et figure dans le cadre de l'expérimentation de mesures antiterroristes adoptées en 2006 mais elle n'avait jamais été appliquée. Les pays «à risques» concernés sont aujourd'hui le Yémen, la Syrie, le Pakistan, l'Iran, l'Afghanistan, l'Algérie et le Mali. Le ministre de l'Intérieur envisage d'inclure rapidement d'autres pays dans cette liste en s'inspirant d'une liste définie par l'Unité de coordination et de lutte antiterroriste (Uclat). Au total, les compagnies d'une trentaine de pays seraient contraintes de livrer les informations sur les personnes voyageant à destination de la France.

L'attentat manqué du 26 décembre a déjà poussé des pays comme le Canada a interdire temporairement, à partir du lundi 4 janvier prochain, le transport de bagages en cabine sur les vols à destination des Etats-Unis. A plus long terme et plus globalement, certains experts pressentent  l'arrivée massive dans les aéroports des scanners corporels, des appareils très controversés car ils permettent de voir le corps devêtu.

Sur un plan économique cette fois, les analystes du secteur aérien estiment pour la plupart que l'affaire du vol 253 de la Northwest Airlines n'aura pas d'impact significatif sur la santé du secteur aérien, malgré les complications qu'il va engendrer et engendre d'ores et déjà pour les passagers.

Lire également: Le retour d'al Qaida.

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Image de Une: Le vol 253 Amsterdam-Détroit de la Northwest Airlines   Reuters

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