France

Chez les agriculteurs français, le malaise autour de la vague de suicides continue

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 21.08.2017 à 18 h 14

Repéré sur The New York Times

Cela fait pourtant des mois que les autorités sont alertées de la situation.

Un agriculteur dans son champ, à Rouvray-Saint-Florent, en juillet 2017 | Jean-François MONIER / AFP

Un agriculteur dans son champ, à Rouvray-Saint-Florent, en juillet 2017 | Jean-François MONIER / AFP

C'est presque devenu une macabre habitude. Régulièrement, la presse évoque dans ses colonnes la vague de suicides qui frappe depuis longtemps les agriculteurs français. Fin février, à l'occasion du Salon de l'agriculture, Libération expliquait que «la faucheuse est dans le pré» et que la dernière étude «dénombrait 253 décès par suicide chez les hommes et 43 chez les femmes sur ces deux années». Soit près d'un suicide tous les deux jours. Il y a à peine plus d'un mois, Le Télégramme appelait la société à «briser le tabou» de ces drames, qui «se produisent souvent dans le secret des familles».

Le phénomène est si dramatique que le New York Times a décidé d'y consacrer un long reportage et s'est rendu à Kerlégo, dans le Morbihan. En décembre dernier, Jean-Pierre Le Guelvout, âgé de 46 ans à peine, s'est tué d'une balle dans le cœur, dans le bosquet caché derrière sa maison. «C'était un endroit qu'il aimait, près du champ qu'il aimait», a indiqué au journal sa sœur, Marie, qui n'a pas vu ce geste venir. Son nom vous est peut-être familier: il a participé à l'émission «L'amour est dans le pré» afin de trouver une compagne qui l'aiderait à la ferme, sans y arriver.

«Les agriculteurs ont un risque plus élevé, disent-ils, à cause de la nature de leur travail, qui peut les isoler, créer une précarité financière et demander un vrai effort physique», écrit le journal américain. Entre 45 et 54 ans, explique de son côté le docteur Maeght-Lenormand, «c'est le moment où vous commencez à avoir de petits soucis de santé et où vous pensez à transmettre votre ferme. Les fermiers peuvent commencer à se demander pourquoi ils font tout ça s'il n'y a personne pour en hériter.» «Pour les fermiers qui n'ont pas d'enfants pour aider et parfois prendre la relève, le fardeau est encore plus lourd à porter, reprend le journal. Les prix du lait et de la viande, qui baissent, se sont ajoutés aux dettes et au stress ces dernières années.»

L'autre problème, ce sont les chiffres sur ces suicides, déjà très anciens. La dernière étude de Santé publique France a été rendue publique en 2016, mais ses données ont été collectées entre 2007 et 2011. De plus, les médecins chargés des victimes peuvent omettre d'indiquer que la cause de la mort est un suicide sur le certificat de décès, notamment parce que certaines assurances n'accordent pas de compensations dans ces cas-là.

Le reportage complet du New York Times est à retrouver ici (en anglais).

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