Monde

Les sièges d’avion sont devenus de plus en plus inconfortables

Repéré par Juliette Mitoyen, mis à jour le 21.08.2017 à 17 h 32

Repéré sur Bloomberg

Mais cette tendance à compresser les passagers des classes économiques ne pourra pas continuer indéfiniment.

Des gens à bord d'un avion  | Peter Heeling  via Skitterphoto CC License by

Des gens à bord d'un avion | Peter Heeling via Skitterphoto CC License by

On éprouve toujours une grande joie intérieure lorsqu’on prend l’avion et, alors qu’arrive le moment de décoller, le siège devant nous est resté libre. Car, même s’il existe des dizaines de raisons de détester voler, de la peur de se crasher en passant par l’ennui des long-courriers, ce n’est rien par rapport à la sensation d’inconfort que l’on peut éprouver lorsque quelques dizaines de centimètres seulement nous séparent du siège de notre voisin.

Bloomberg explique qu’au fil des années, l’espace entre chaque rangée de siège n’a cessé de rétrécir, et ce sur tous les modèles d’avions. Ce resserrement a peu à peu permis d'ajouter des rangées de sièges supplémentaires et de densifier les cabines, rapportant ainsi plus d’argent aux compagnies aériennes. Au détriment de nos colonnes vertébrales.

Il y a quelques dizaines d’années, l’espacement entre les rangées de sièges en classe éco pouvait aller jusqu’à 90 centimètres. Une marge plutôt confortable lorsque l’on sait qu’aujourd’hui, elle a été réduite à 75 centimètres, voire 71 dans certains avions effectuant des vols courts. Ce qui ne laisse pas beaucoup de place pour les jambes. Une compagnie italienne de construction d’intérieurs d’aéronef avait même présenté, en 2010, un concept de «siège» appelé SkyRider sur lequel le passager se tenait quasiment… debout. Heureusement, aucune compagnie aérienne n’avait été séduite par le prototype.

En 2014, la compagnie United Airlines s’était fait prendre à son propre jeu: un passager qui ne supportait plus que la personne devant lui abaisse son dossier et envahisse son espace avait réussi à bloquer le mécanisme d’inclinaison du siège, ce qui avait donné lieu à une bagarre entre les deux voyageurs. Le vol avait dû être dévié pour expulser au plus vite les perturbateurs.

Que les afficionados de la classe affaire et de la première classe se rassurent: selon Bloomberg, la taille et l’espacement de leurs sièges n’ont, contrairement à la classe éco, quasiment jamais bougé au fil du temps.

Des limites au rétrécissement sans fin des sièges

Même si les voyageurs préféreront toujours l’inconfort aux prix élevés, des contraintes physiques évidentes font que les compagnies aériennes ne pourront pas continuer de les compresser indéfiniment les uns sur les autres.

Aux États-Unis notamment, des règles imposent qu'un avion complet puisse être évacué en moins de quatre-vingt-dix secondes. Un objectif qui deviendrait inatteignable si les cabines continuaient à se densifier.

Flyers Rights, un groupe américain de défense des passagers aériens, soutient que si l’espace entre les sièges continue de se rétrécir, cela pourrait aboutir à de plus en plus d’inconfort et d’accidents pour les voyageurs, allant de la thrombose veineuse aux caillots de sang dans les jambes. Des maux qui peuvent s’avérer mortels.

Cela dit, des compagnies telles que Delta Air Lines ou Ryanair ont décidé de ne plus réduire l’espacement entre leurs sièges sur certains de leurs modèles, pour continuer d'attirer les clients et se démarquer de leurs concurrents. À défaut d'un prix imbattable, ils souhaitent rendre leurs vols –un peu– moins inconfortables.

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