Monde

Attentat de Barcelone: le débat sur les photos montrant des victimes refait surface

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 19.08.2017 à 17 h 44

Repéré sur El Mundo, La Croix

Jusqu'où peut et doit aller le droit à l'information?

El Mundo du 18 août 2017. Capture d'écran.

El Mundo du 18 août 2017. Capture d'écran.

El Mundo a été critiqué par certains de ses lecteurs et par des internautes pour sa une, au lendemain de l'attentat qui a touché Barcelone, ce jeudi 17 août. Le journal de droite espagnol avait choisi d'utiliser une des photos de Marcela Miret (mais signée David Armengou). On peut y voir plusieurs personnes au sol (dont un enfant qui ne doit pas avoir plus de dix ans) sur les Ramblas quelques secondes après qu'une camionnette a foncé sur la foule. Certaines personnes tentent de leur venir en aide, des policiers sont présents. On ne voit pas de sang, mais on se rend bien compte de ce qui vient de se passer.

 

 

Pour certains, El Mundo est allé trop loin. Certains l'accusent de notamment manquer de respect aux victimes, et estiment que «c'est une honte» d'avoir choisi cette image pour illustrer cet attentat.

Le directeur adjoint du journal a donc tenu à leur répondre, dans un édito intitulé «Publier des photos terribles est notre devoir», et dans lequel il estime que selon lui, les médias devraient pouvoir tout montrer, à condition qu'il y ait une valeur informative.

«Certaines actions humaines sont sanglantes, cruelles, pénibles. Le terrorisme, la guerre. Pourquoi ne devrions-nous pas montrer cela aux lecteurs? Au nom de quels principes? Qui arbitre ce que l'on peut publier et ce qui est de mauvais goût? [...] Il ne devrait pas y avoir de limites. Alors oui, chacun est libre de donner son avis sur ce travail et les critères des autres. C'est nécessaire pour les médias, nous pouvons et devons faire l'objet de critiques publiques.»

Et d'estimer que si l'on suivait les recommandations des lecteurs, certaines photos du Vietnam ou de Buchenwald n'auraient jamais vu le jour. El Pais qui a également publié cette photo en une de son édition du 18 août s'est défendu dans les colonnes de La Croix.

«Ces images sont dures mais nous estimons qu’elles ont un intérêt informatif. Beaucoup de lecteurs nous ont félicités pour les avoir publiées car elles permettent de se faire une idée de l’extrême gravité de ce qui s’est passé. Dans ce genre de cas, nous faisons attention à ce que les victimes ne puissent pas être identifiées. Et quand des images se révèlent trop dures, on ne les montre pas ou alors on les pixellise ou on les floute.»

Cet avis n'est pas forcément partagé par tous, et notamment par les associations de victimes qui jugent que le respect de la dignité des personnes présentes sur ces photos prévaut sur le reste. Un débat qui revient régulièrement et dans lequel les deux parties restent généralement campées sur leurs positions. Mais pas tout le temps: La Croix indique en effet que le site Publico s'est excusé d'avoir publié certaines photos de l'attentat sur lesquelles on pouvait voir des victimes, et dont la valeur informative ne justifiait pas, dans ce cas-là, qu'elles soient publiées.

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