Monde

Comment se moquer habilement des manifestants néonazis

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 19.08.2017 à 8 h 22

Repéré sur The New York Times

L'humour est parfois bien plus efficace qu'on ne le pense.

Des néo-nazis manifestent à Charlottesville, le 12 août 2017. CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Des néo-nazis manifestent à Charlottesville, le 12 août 2017. CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Lors de leurs affrontements avec les néonazis, de nombreux antifascistes faisaient part de leur envie d'en découdre. Physiquement. Pourtant, utiliser la violence n'a rien d'une panacée: ils s'en servent pour développer leur statut de victimes, de groupe minoritaire que l'on empêche de s'exprimer librement comme le prévoit la Constitution. Et puis, dans leur logique d'affrontement, la seule réponse viable à la violence est «encore plus de violence».

C'est pour cela que Moises Velasquez-Manoff, du New York Times, propose une approche différente. Il rappelle ainsi l'histoire de la ville de Wunsiedel, en Allemagne. Celle-ci avait la triste particularité d'accueillir la tombe de Rudolf Hess, la représentant officiel du parti nazi, proche conseiller d'Adolf Hitler. De quoi inspirer le pèlerinage annuel de nostalgiques du Troisième Reich. Après des années d'échec pour endiguer leur venue, allant même jusqu'en 2011 à exhumer le corps et faire retirer la tombe, la ville a décidé en 2014 de changer de tactique. Ils ont alors utilisé la subversion humoristique.

«Pour chaque mètre que les néo-nazis parcouraient, les habitants et entreprises de la ville promettaient de donner 10 euros à un programme qui aide les gens à quitter les groupes de l'extrême droite, appelé EXIT Deutschland.»

Moqués par des clowns

 

Certains ont dessiné des slogans et des blagues sur la route des néo-nazis, tels que «Start» pour indiquer le début de la route, ou des phrases comme «Si seulement le Führer savait». À la fin de manifestation, un panneau les remerciait pour leur aide dans la lutte contre les mouvements néo-nazis. La technique a été si bien accueillie qu'elle a été utilisée dans d'autres villes allemandes, mais également en Suède.

«L'humour est un outil particulièrement puissant, pour éviter l'escalade, pour souligner l'absurdité de certaines positions et pour démonter les mascarades qui, pour les esprits faibles, pourraient ressembler à de l'héroïsme», note le journaliste, qui confesse que les États-Unis ne sont pas l'Allemagne: les Américains ont le droit de porter des armes.

En 2012, des manifestants suprémacistes avaient été accueillis par des clowns à Charlotte, en Caroline du Nord. «En essayant de minimiser le sérieux que les suprémacistes blancs essayent de développer, les protestants humoristes pourraient saper l'utilité de ces événements pour recruter. Se battre avec des antifas portant des bandanas peut sembler romantique pour certains jeunes hommes en colère, mais être moqué par des clowns? Sûrement pas autant.»

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