Monde

Des nationalistes blancs ont fait des tests généalogiques. Leurs résultats les ont choqués et déçus

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 18.08.2017 à 12 h 30

Repéré sur Stat

Certains regrettent de ne pas être «100% blancs».

Des nationalistes blancs, néo-nazis et membres de l'«al-right» défilent à Charlottesville, le 12 août 2017. CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Des nationalistes blancs, néo-nazis et membres de l'«al-right» défilent à Charlottesville, le 12 août 2017. CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

La séquence est restée célèbre. C'était en 2013. Le suprémaciste blanc Craig Cobb découvre en direct sur un plateau de télé le résultat d'un test ADN qui lui confirme que son ascendance est à 86% européenne et... à 14% subsaharienne. Bien sûr, il a tenté ensuite de contester les résultats, refusant de croire qu'il puisse avoir des ancêtres noirs. 

 

Le site Stat nous explique aujourd'hui que Craig Cobb n'est pas le seul nationaliste ou suprémaciste blanc à avoir une mauvaise surprise en s'adonnant à la mode des tests génétiques. «Il y a une tendance chez les nationalistes blancs, qui utilisent ces services pour prouver leur identité raciale, puis des forums en ligne pour discuter des résultats.»

Deux chercheurs américains, Joan Donovan et Aaron Panofsky, ont ainsi analysé des années de publications sur le site nationaliste blanc Stormfront et ont découvert que beaucoup étaient déçus de ne pas être «aussi blancs» qu'ils l'espéraient. Un tiers des personnes partageant leurs résultats en étaient satisfaites. «Du sang bien pur», a notamment écrit un internaute en dévoilant les siens.

Un complot juif?

 

Un problème d'autant plus important qu'il faut être «100% blanc, européen et non-juif» pour appartenir à la communauté du site. Si de nombreux nouveaux membres se font rejeter, parfois violemment, on pousse les plus respectés à contester la validité des tests génétiques, notamment en insistant sur leur propre vision de leur arbre généalogique.

«Ils vont parler du test du miroir, explique Panofsky. Ils diront des choses comme “si tu vois un Juif en te regardant dans le miroir, c'est un problème; si ce n'est pas le cas, tout va bien.”»

D'autres expliquent que ces tests ne comptent pas si l'on est pleinement impliqué dans la cause nationaliste blanche, donnant le gage néanmoins de ne pas avoir de relations sexuelles avec des personnes non-blanche. Et bien sûr, certains affirment que ces tests sont le résultat d'un complot juif.

Parfois, néanmoins, certains membres s'appuient sur des critiques scientifiques formulées à l'encontre des tests.

«Il y a une critique littéraire mainstream sur les tests génétiques d'ancêtres, ajoute Panofsky. Des généticiens, des anthropologues et des sociologues qui ont précisément dit ces choses-là: que les tests donnent l'illusion de la certitude.»

Car en plus de la génétique, les sociétés qui s'occupent de ces tests utilisent aussi des critères géographiques. Et les données des candidats peuvent être imprécises. C'est notamment pour cela que Craig Cobb, de son côté, est allé voir une autre société de tests génétiques. En adaptant ses réponses, il espère devenir «plus blanc» et pouvoir ainsi vivre pleinement sa vision raciste du monde.

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