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VIDÉO. Un suprémaciste enlève son uniforme face aux contre-manifestants: «Je ne suis pas tant white power que ça»

Temps de lecture : 2 min

Il n'est pas vraiment suprémaciste, assure-t-il, il aime juste «s'amuser».

Quelques heures après son arrivée à Charlottesville, le week-end dernier, le documentariste C. J. Hunt a filmé une scène assez étrange. Samedi après-midi, il voit arriver en courant un jeune homme blanc qui appelle à l'aide, raconte-t-il sur GQ.

«Il portait un uniforme kaki et blanc du groupe nationaliste blanc Vanguard America. Il avait été séparé du reste du groupe et se faisait chasser par au moins un manifestant. Il a déchiré son T-shirt et a supplié la foule. Il n'était pas tant white power que ça.»

La police arrive, la foule se disperse et le jeune homme en profite pour filer en douce. C. J. Hunt est allé le voir et lui a demandé ce qui se passait.

«Deux gars m'ont fait flipper comme jamais.

- T'es venu ici pour rigoler?

- Oui.

- Donc tu n'es pas un vrai suprémaciste blanc.

- À peine. C'est une idée marrante, être capable de dire “white power”, tu vois.»

Mais dans son texte pour GQ, C. J. Hunt explique que non, il ne voit pas.

«Puisque je suis une personne de couleur, mon identité est un uniforme que je ne peux pas enlever quand je me sens en danger: quand je suis arrêté par la police ou quand ma copine blanche et moi voyageons dans des villes sudistes où les drapeaux confédérés sont accrochés aux porches et aux pickups. [...] La vidéo de ce nazi à mi-temps, ce sécessioniste junior, est le portrait parfait du privilège blanc que cette soi-disant “alt-right” présente comme étant une fiction progressiste.»

Dans la vidéo, Hunt continue de le suivre et lui demande au milieu de la contre-manifestation s'il va remettre son costume, et lui assure à nouveau que c'est juste parce qu'il aime «être offensant: c'est marrant», avant de s'éloigner, et de lui demander d'arrêter de le suivre.

«J'ai suivi ce jeune homme, je l'ai regardé se mettre torse-nu et passer sans se faire détecter au milieu d'une foule comme un enfant qui joue à “capturez le drapeau”, et retrouver sa liberté. La terreur blanche est son arme. L'innocence blanche, son bouclier. Je l'ai regardé avec horreur et envie disparaître au milieu de la foule, sans qu'aucun de nous deux sache que quelque part, au milieu d'une rue bondée à plus d'un kilomètre de là, d'autres ne seraient pas aussi chanceux.»

Slate.fr

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