Monde

Quand Steve Bannon se moque de ses collègues et de l’alt-right, cette «collection de clowns»

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 17.08.2017 à 11 h 37

Repéré sur Slate.com, The American Prospect, The New York Times

Le conseiller de Donald Trump a passé un drôle coup de téléphone à un journaliste.

Steve Bannon, le 13 mai 2017 à Lynchburg (Virginie), aux États-Unis. Brendan Smialowski / AFP

Steve Bannon, le 13 mai 2017 à Lynchburg (Virginie), aux États-Unis. Brendan Smialowski / AFP

C'est le genre d'interviews auxquelles on ne s'attend pas vraiment. Steve Bannon, l'un des plus proches conseillers de Trump, a accordé un entretien assez étrange au site progressiste American Prospect. Il y parle de la Chine (en réponse à un article publié sur le site) et de la «guerre économique», de la Corée du Nord, s'en prend à ses collègues et ennemis (les mondialistes) au sein de la Maison-Blanche «qui se pissent dessus» à l'idée d'un changement de politique économique et d'échange, et à l'alt-right.

Sur la Corée du Nord, Bannon se moque de la situation dans laquelle s'est mise Trump, qui a menacé à de multiples reprises Kim Jong-un d'une action militaire.

«Il n'y a aucune solution militaire, il faut oublier ça. Jusqu'à ce que quelqu'un résolve la partie de l'équation et montre que 10 millions de personnes ne mourront pas dans les trente premières minutes, je ne vois pas de quoi on parle. Il n'y a aucune solution militaire dans ce cas-ci. Ils nous ont coincés.»

Et quand Trump défend une partie des manifestants présents à Charlottesville, et alors qu'Axios assure que le président et lui sont sur la même ligne, Bannon s'en prend à une bande de «clowns». L'auteur de l'interview explique que Bannon a qualifié l'extrême-droite de «non-pertinente» et évité de mentionner son rôle dans sa progression.

«L'ethno-nationalisme, c'est des losers. Ils sont à la marge. Je pense que les médias en parlent trop, et nous devons aider à les écraser, vous voyez, aider à plus les écraser. Ces mecs sont une collection de clowns.»

Une parole normale?

 

Il a aussi profité de ce coup de téléphone pour attaquer les Démocrates:

«Plus ils parlent de politique de l'identité, plus je les tiens. Je veux qu'ils parlent de racisme tous les jours. Si la gauche se concentre sur les questions de race et d'identité, et que l'on parle de nationalisme économique, on peut écraser les Démocrates.»

Et le plus étrange dans tout ça, c'est qu'alors que Donald Trump sombre un peu plus jour après jour, son conseiller le plus controversé donne une interview étrangement normale, remarque Slate.com.

«Bannon se présente comme un anti-suprémaciste, contre une guerre de mots nucléaire folle et improductive, tout en se présentant comme la véritable voix des travailleurs américains au sein de la Maison-Blanche, qui se bat contre des grands méchants banquiers de Goldman, et qui s'attaque à la Chine.»

Les proches de Bannon, évidemment, assurent qu'il pensait que cette conversation était en off, rapporte le New York Times. Une position étonnante, rapporte le quotidien américain, qui rappelle que l'ex-président de Breitbart News connaît bien les médias et «parle rarement sans avoir clarifié les règles». Reste donc à savoir qui le croira, se demande Slate.

Pour rappel, la dernière fois qu'un membre de la Maison-Blanche avait appelé un journaliste pour donner son avis personnel et allumer quelques personnes, il avait quitté son poste une semaine plus tard.

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